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Le suspect Jolicoeur accuse l?équipe de Prem Raddhoa de menaces et brutalité
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Le suspect Jolicoeur accuse l?équipe de Prem Raddhoa de menaces et brutalité
L?avocat Jean-Claude Bibi craint pour la vie de son client, Gérard Jolicoeur, arrêté par neuf officiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT) lundi matin. Il a envoyé une lettre à la Commission nationale des droits de l?homme (CNDH) hier, dans laquelle il affirme que le dos de Gérard Jolicoeur serait couvert «de marques de blessures et d?ecchymoses». Il demande à la CNDH d?empêcher la MCIT de voir son client ainsi que sa libération sous caution.
Gérard Jolicoeur, un mécanicien de 38 ans habitant Cité-Barkly, a été arrêté dans le cadre de l?enquête sur le meurtre de Vanessa Pouronne, 18 ans, trouvée étranglée à Roches-Brunes en janvier. La Criminal Investigation Division (CID) de Stanley avait rapidement été dessaisie de l?enquête, qui avait ensuite été confiée à la MCIT dirigée par le surintendant Prem Raddhoa.
?Kouma sa boug lallmatie la?
Selon Jean-Claude Bibi, des actions immédiates devraient être prises afin d?empêcher la MCIT d?approcher son client. C?est lors d?une rencontre avec Gérard Jolicoeur, à la station de police de Curepipe jeudi après-midi, que l?avocat aurait découvert les sévices dont son client aurait été victime. Celui-ci aurait raconté son calvaire devant «plusieurs officiers en uniforme».
Il écrit que son client aurait été tabassé le jour même de son arrestation dans un «emplacement inconnu» avant d?être transporté au bureau de la MCIT, à Curepipe, où Prem Raddhoa l?aurait « copieusement insulté ». Le mécanicien allègue aussi qu?un des officiers de cette unité de la police l?aurait me-nacé de mort et lui aurait lancé cette phrase, «parey kouma sa boug Lallmatie la».
Des plaintes formelles faisant état de ces violences ont été inscrites dans le diary book du poste de Curepipe, ainsi qu?à la CNDH. Dans sa correspondance, l?avocat se réfère également au paragraphe 21 du rapport annuel de la CNDH de 2002, qui stipule que la commission «peut initier une enquête dans le but de préserver des preuves qui autrement pourraient disparaître avec le temps (par exemple des traces de blessures physiques)». L?histoire ne s?arrête pas là. Jean-Claude Bibi affirme que son client aurait demandé à être amené à l?hôpital, requête que les policiers présents auraient accepté. L?homme de loi aurait ensuite contacté le poste de police de Curepipe vers 21 heures le même soir afin de se renseigner si Gérard Jolicoeur avait bel et bien été transporté à l?hôpital.
?Persuadé de changer d?avis?
«J?ai été informé qu?il relevait des responsabilités de la MCIT de l?amener et qu?ils (les policiers de la MCIT) le feraient probablement le lendemain. J?ai exprimé mon désaccord. Et après plusieurs appels téléphoniques, j?ai été éventuellement avisé que M. Jolicoeur avait informé la police qu?il se sentait mieux. J?ai tendance à croire qu?il a été ?persuadé? de changer d?avis après mon départ.»
Il demande finalement quand «des actions rapides et décisives seront-elles prises pour empêcher la MCIT d?infliger à des détenus des blessures physiques graves et la mort ? A mon avis, le moins qui puisse être fait est de retirer mon client du contrôle de la MCIT et de le libérer sous caution». Des copies de cette lettre ont aussi été envoyées à l?Attorney general et au Directeur des poursuites publiques.
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