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Le suicide : Quand tout espoir est perdu?

17 septembre 2005, 20:00

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Le suicide est un fléau mondial qui touche toutes les catégories socioprofessionnelles et toutes les classes sociales. À l?occasion de la Journée mondiale de la prévention du suicide, le 10 septembre dernier, l?association Befrienders a organisé un forum. Des personnalités telles que Sheila Bappoo, ministre de la Sécurité sociale, Silvio Tang, ministre de la Jeunesse et des Sports et Cassam Uteem, ancien président de la République, se sont adressées au public pour traiter la question de la prévention de ce fléau à Maurice.

Le suicide se traduit par l?envie d?une personne de mettre fin à ses jours, d?en finir avec la vie, souvent pour fuir un problème qui se pose plutôt que d?y faire face. Les causes du suicide sont multiples. Il peut se faire par altruisme qui honore celui qui le commet. Par exemple des guerriers qui, pour échapper à la torture de l?ennemi, préfèrent mettre fin à leurs jours. Il y a aussi le suicide par égoïsme, au contraire, qui intervient chez l?individu trop faible pour lutter contre l?adversité ou encore le suicide de celui qui ne peut s?adapter à un environnement devenu trop hostile pour lui. Drames familiaux, chagrins d?amour, perte d?un être cher ou d?emploi, dépression, dettes, emprisonnement, la liste peut être très longue.

Dans la société, le suicide est perçu de manière différente dépendant des cultures. En Occident, cela a longtemps été considéré immoral et déshonorant. En revanche, chez les Japonais, le hara-kiri ou seppuku est un moyen de mourir en conservant son honneur. C?est un acte proche de celui du martyre mais qui est pourtant perçu comme une action des plus héroïques. Presque toutes les religions condamnent le suicide car elles prônent que c?est Dieu seul qui a donné la vie et qui peut la reprendre. Pourtant dans certains cas, pour commettre un acte honorable en cas d?oppression ou se laisser mourir après un jeûne, le suicide est valorisé à tel point que cela laisse à l?individu le temps de se rapprocher de Dieu selon certains concepts religieux.

Le suicide est aujourd?hui plus fréquent chez les jeunes de moins de 35 ans. C?est un fléau qui touche de près également les adolescents. Ils n?ont souvent pas la patience d?attendre de passer les moments difficiles de la puberté et les problèmes finissent par prendre des proportions qui s?avèrent pour eux insurmontables. Le suicide est aussi plus fréquent chez les hommes que chez les femmes parce qu?il a été prouvé que les hommes se servent de moyens plus violents que les femmes, leur permettant ainsi de concrétiser leur tentative par un décès alors que les femmes s?infligent des sévices moins douloureux qui n?aboutissent pas dans la majorité des cas.

Depuis 1995, l?association Befrienders ?uvre pour prévenir le suicide en offrant une écoute à ceux qui sont en crise émotionnelle. Une hotline est à la disposition du public au 800 93 93. Malheureusement, cette ligne n?est pas disponible 24 heures sur 24. « Les personnes qui travaillent avec nous font du bénévolat et elles ont toutes une activité professionnelle à côté. On manque de bénévoles. Une formation gratuite, qui ne demande que trois heures par semaine, est à leur disposition », explique Ibrahim Sheik-Yusouf, président de l?association.

En plus de cette hotline, des activités comme des forums sont régulièrement organisées. Des volontaires sont recrutés sur une base régulière et formés grâce à des sessions de formation intense.

S?il existe des personnes qui reçoivent une formation appropriée ou d?autres qui sont spécialisées dans les domaines médicaux comme la psychologie et la psychiatrie, il ne faut pas oublier qu?un suicide demeure avant tout un appel au secours d?une personne en détresse qui s?adresse à tous ceux qui font partie de son entourage immédiat ou élargi. C?est souvent cet entourage qui est appelé à réagir en premier, à donner pour ainsi dire les premiers soins. Une tentative de suicide ne doit jamais être ignorée ou prise à la légère.

Comment aider une personne qui est suicidaire ?

Afin de pouvoir venir en aide à une personne qui en a besoin, il est important de savoir l?écouter. Elle cherche avant tout quelqu?un à qui parler, une oreille qui saura entendre ce qu?elle a à dire. Écouter quelqu?un sans intervenir et donner son point de vue n?est pas facile. Les désespérés qui veulent se suicider n?ont pas besoin de conseils, ni de réponses à leurs questions ni même de solution à leur problème. Ils sont persuadés qu?il n?y en a pas. Il est important d?essayer de comprendre leur point de vue sans jamais imposer le nôtre. Une personne qui pense au suicide a besoin d?avoir en face d?elle quelqu?un de confiance, quelqu?un qui se sent concerné et qui partage sa peine. Elle ne doit pas être jugée mais comprise.

La dépression, une des causes principales

50 % des cas de suicide sont dus à une dépression. C?est une maladie qui se traduit souvent par une perturbation de l?humeur qui agit sur l?activité intellectuelle et motrice de la personne. Elle génère de l?anxiété qui perturbe les fonctions instinctives. L?état de dépression associe des sentiments douloureux sur son vécu à un désengagement général envers le monde extérieur. Une personne dépressive se place en marge de la société, estimant ne plus y appartenir et être hors de la norme. Sa tristesse douloureuse peut avoir des répercussions terribles au niveau de sa réflexion et l?équilibre rompu peut provoquer un ralentissement psychique. Elle se désintéresse de tout jusqu?à vouloir mettre fin à ses jours. Le passage à l?acte est imprévisible mais le risque demeure permanent. La dépression est une maladie qui se soigne et dont on peut venir à bout avec des traitements appropriés. Mais elle peut aussi se détériorer au point d?être fatale.

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