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Le succès des manifestions isole le Premier ministre
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Le succès des manifestions isole le Premier ministre
Face au raz de marée des manifestations de mardi (entre 1 et 3 millions de personnes ont défilé en France, selon les sources) et aux critiques, y compris celles émises par la droite contre le CPE, Dominique de Villepin apparaît de plus en plus seul dans la crise que traverse le gouvernement.
Dans un entretien paru dans Le Parisien, hier, le ministre de l?intérieur, Nicolas Sarkozy, a poussé un peu plus loin l?expression de sa ?différence? en appelant le gouvernement au compromis. ?En 2006, quand il y a un malentendu, il faut faire un compromis. Il n?y a pas de honte. Ce mot n?est pas un gros mot», a-t-il déclaré. ?Une vraie négociation doit s?engager, sans préalable», explique M. Sarkozy, qui indique avoir ?rencontré plusieurs fois le chef de l?Etat et le premier ministre pour trouver une solution?. ?Je considère qu?il n?est pas anormal qu?il y ait un minimum d?explications quand on se sépare de quelqu?un, même s?il a moins de 26 ans?, a-t-il conclu.
La veille, leaders syndicaux et responsables politiques de gauche comme de droite ont multiplié les appels à Jacques Chirac pour qu?il intervienne dans le conflit. Ce dernier a décidé de «ne pas s?éloigner» de Paris cette semaine. S?il a gardé le silence mardi, il devrait, selon France 2, prendre la parole avant la fin de la semaine.
Dominique de Villepin est resté, quant à lui, inflexible sur la question du retrait du CPE : la République, ?ce n?est pas l?ultimatum?, a-t-il déclaré mardi lors d?une séance électrique de questions au gouvernement, à l?Assemblée nationale.
Après leur démonstration de force de mardi, les opposants aux CPE (syndicats, étudiants et lycéens) doivent se réunir hier pour discuter de la suite à donner à leur mouvement. Une réunion initialement prévue pour le matin mais qui a été reportée à 14 heures, après la tenue du conseil des ministres, où le thème du CPE est au centre des débats. Jeudi, ce sera à la Cour constitutionnelle de se prononcer sur la légalité du contrat première embauche.
Appel lancé à Jacques Chirac
Jacques Chirac ?s?exprimera dans les prochains jours? sur le contrat première embauche, a-t-on déclaré hier dans l?entourage du chef de l?Etat, au lendemain d?une journée de manifestations massives contre ce contrat de travail réservé aux moins de 26 ans.
Ni la date ni le mode d?expression que choisira le président de la République n?ont été précisés.
Les syndicats, l?opposition de gauche, l?UDF et même quelques voix au sein de l?UMP ont demandé ces derniers jours l?intervention de Jacques Chirac pour mettre un terme à la crise du CPE, que le Premier ministre Dominique de Villepin refuse de retirer
BILAN
787 interpellations selon la police
■ Les forces de l?ordre ont procédé à 787 interpellations mardi dans toute la France en marge des manifestations contre le contrat première embauche, a annoncé hier le directeur général de la police nationale (DGPN).
Sur ce total, 488 ont été réalisées à Paris et 299 en province, a précisé sur RTL Michel Gaudin. Depuis le début des manifestations anti-CPE en France, la police a effectué au total 2.500 interpellations dont 632 dans la seule journée et soirée du jeudi 23 mars, a-t-il dit.
Les forces de l?ordre ont comptabilisé près de 500 blessés dans leurs rangs, dont une dizaine mardi.
S?agissant des violences commises par les ?casseurs? Michel Gaudin a estimé que ?dans ce que nous appelons les casseurs - les délinquants qui n?ont d?autre objectif que de voler, que de piller - qui viennent dans les manifestations, il est évident qu?il y a des gens de la périphérie parisienne?
LE CONSEIL DES MINISTRES FAIT LA SOURDE OREILLE
Le CPE ?pas à l?ordre du jour? du conseil des ministres
■ La crise du CPE n?a pas été évoquée hier en conseil des ministres, au lendemain de manifestations de masse contre ce nouveau contrat de travail, ont déclaré des membres du gouvernement.
?Ce n?était pas à l?ordre du jour?, ont répété comme un leitmotiv les ministres à la sortie du conseil.
Un peu plus tôt, l?entourage du président Jacques Chirac avait fait savoir que le chef de l?Etat s?exprimerait ?dans les prochains jours? sur le dossier du contrat première embauche, sans préciser de date ni par quel moyen.
Le verdict du Conseil constitutionnel sur cette mesure est attendu aujourd?hui et pourrait fournir au chef de l?Etat l?occasion de s?exprimer, comme le lui demandent les opposants au CPE, que le Premier ministre, Dominique de Villepin, refuse toujours de retirer.
Prié de dire si Jacques Chirac avait évoqué la crise du CPE en conseil des ministre, le ministre des Sports Jean-François Lamour a répondu : ?Absolument pas?. Quant à la prochaine intervention du président de la République, elle ?n?a absolument pas été évoquée, même en marge du conseil?, a-t-il ajouté.
Les ministres sont sortis le visage fermé et ont esquivé les questions des journalistes présents dans la cour de l?Elysée.
La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, s?est contentée de dire que l?ambiance du conseil avait été ?sérieuse, comme d?habitude?. ?Tout à fait sereine?, a affirmé le ministre délégué aux Relations avec le Parlement, Henri Cuq, selon qui ?rien d?extraordinaire? ne s?est passé pendant la réunion.
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