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Le statut britannique des Chagossiens convoité
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Le statut britannique des Chagossiens convoité
L?intérêt qu?aurait manifesté Sharvin Krishna Sanashee pour les Chagossiens n?avait rien de charitable. Il les a, en effet, choisis à cause de leur passeport britannique. Leur nationalité européenne représentait un atout non négligeable pour lui, puisque les Chagossiens peuvent entrer et résider à la Réunion sans visa.
Les formalités pour les faire travailler sur place sont, par ailleurs, simplifiées, ce qui a permis à leur employeur de les faire travailler pendant trois mois, sans attirer l?attention. « Lorsque nous lui avions demandé, au tout début, pourquoi il n?engageait pas de Mauriciens, il nous avait répondu qu?il voulait aider les Chagossiens qui n?avaient pas d?emploi. On sait aujourd?hui quelle était sa motivation réelle », laisse-t-on entendre au siège du Groupe réfugiés Chagos, à Cassis.
D?aucuns estiment qu?avoir utilisé les Chagossiens est d?autant plus inacceptable qu?ils ont lutté pour avoir ce passeport. « Sa passpor ti kuma dir enn sign reconaissans pou nou. Sa boug la finn servi sa simbol la pou fer sagosyen vinn esclav », lance une Chagossienne, visiblement en colère.
Blessée dans sa fierté, la communauté chagossienne réclame réparation. « Il faut non seulement que les employeurs mauriciens leur remettent les salaires qu?ils leur doivent, mais que justice soit rendue au plus vite », poursuit-elle.
Un sentiment partagé par l?ensemble de la communauté pour qui la nouvelle de l?exploitation de 14 des leurs a été ressentie comme un véritable choc.Du côté des autorités réunionnaises, l?affaire est traitée avec le plus grand sérieux. Les enquêteurs se sont rendus, cette semaine, sur les chantiers pour constater de visu les conditions dans lesquelles les employés travaillent. « Ils ont visiblement eu affaire à des gens peu scrupuleux qui voulaient tirer profit de leur statut d?Européen. Ils comptaient se faire davantage d?argent en économisant sur les charges sociales, ainsi que sur la sécurité de leurs employés », déclare-t-on du côté de la préfecture. Une perquisition, menée dans les locaux administratifs de l?employeur mauricien, a permis aux enquêteurs de mettre la main sur des documents.
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