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Le spectre d?une pénurie crée un rush sur le ciment
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Le spectre d?une pénurie crée un rush sur le ciment
Les files d?attentes interminables de camions dans l?enceinte des cimenteries Lafarge et Holcim à Mer-Rouge tout au long de la journée d?hier ont perturbé la livraison du ciment. Ce rush est dû en grande partie à la crainte d?une pénurie de ciment.
Cette inquiétude est exacerbée par l?absence de décision de la part du gouvernement pour majorer les prix de ce matériau de construction d?au moins 20 %, comme réclamé par les deux cimenteries. Lafarge (Baobab) et Holcim (Kolos) en ont fait la demande officielle au ministère du Commerce et de l?Industrie. Si le gouvernement accepte, le ciment se vendra alors à Rs 180 le sac de 50 kg contre Rs 158,34 actuellement.
<B>Stock pour cinq semaines</B>
Car pour l?heure, le pays dispose d?un stock de ciment dans ses silos pour cinq semaines seulement. Les deux entreprises attendent les nouvelles structures de prix du gouvernement pour placer une commande de ciment pour 2007. Les délibérations du Conseil des ministres, hier, n?ont rien donné de concret sur les nouveaux prix du ciment. Ce qui incite des quincailleries et chantiers de construction à vouloir stocker le maximum de pochettes de ciment. Il faut compter au moins 20 jours pour qu?un navire accoste à Maurice avec sa cargaison.
Au prix mondial actuel du ciment, 67,15 dollars américains la tonne contre 60,70 dollars en 2006, il est pratiquement impossible pour ces deux compagnies d?opérer dans les mois à venir. Le gouvernement peut augmenter le prix ou bien subventionner ce matériau.
Maurice consomme 620 000 tonnes de ciment annuellement. La State Trading Corporation (STC) importe 200 000 tonnes qu?elle vend à Holcim et Lafarge qui se partagent ce marché à deux. Le reste est importé directement par ces deux cimenteries.
En 2006, la STC avait payé sa note de ciment 60,70 dollars la tonne à la compagnie Marine Cement Limited of Switzerland qui avait décroché le contrat. Cette année, la meilleure offre pour approvisionner le pays en ciment vient toujours de cette compagnie suisse, mais elle coûte 7 dollars de plus la tonne.
Face à cette situation, la livraison s?est faite hier à un rythme soutenu de 50 000 sacs par jour au lieu de 35 000 habituellement, selon les opérateurs. Mais vu le nombre conséquent de camions présents, beaucoup de quincailleries et chantiers n?ont pu obtenir le nombre de sachets de ciment commandés.
<B>Un ou deux voyages au lieu de quatre</B>
Pour remplir sa journée de travail, un camion fait normalement quatre voyages de Mer-Rouge à l?entrepôt de la quincaillerie. La majorité de ces camions en ont fait un ou deux seulement.
Vincent Lenette, directeur des opérations chez Lafarge, explique qu?il y a eu un rush hier, après 13 jours de congé. «C?est normal, car tout le monde veut avoir un volume conséquent de ciment d?un seul coup. Je pense que d?ici mardi tout devrait retourner à la normale. On travaille déjà à un rythme très soutenu depuis hier.»
Chandan Jhagru, directeur de la quincaillerie Jaguar à Beau-Bassin et Rose- Hill, raconte que ses camions n?ont pas obtenu la quantité de ciment prévue. « Travay pa bon ditou e mo pense ki si situasion pa retourne normale disi mardi e ki rush kontinie a Mer-Rouge riske ena penuri siman.»
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