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Le Speaker Harilal R. Vaghjee meurt à Londres

25 mai 2004, 20:00

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La presse paraît en deuil. Les journaux annoncent le décès, survenu la veille, du président de l?Assemblée législative. Sir Harilal R. Vaghjee s?était rendu à Londres au début de mai pour y subir une nouvelle opération chirurgicale. Il était souffrant depuis quelque temps et avait été opéré de la gorge à deux reprises déjà. Son plus proche collaborateur, Rivaltz Quenette, souligne la coïncidence entre son décès et la publication du Rapport Glover, condamnant un comportement politique aux antipodes des principes ayant réglé la vie et la conduite du défunt. Il est né le 10 janvier 1912. Il fit ses études de droit en Grande-Bretagne et fut reçu avocat à Middle Temple. A son retour à Maurice, il ne tarde pas à devenir magistrat. Il sera le premier magistrat et commissaire civil d?origine indienne à Rodrigues. A la fin de la 2e Guerre mondiale, il participe activement au débat menant à l?adoption d?une nouvelle constitution politique, avec élargissement considérable du cens électoral et augmentation du nombre de députés élus (de 10 à 19). Elle remplace, en 1947, la précédente datant de 1885/86. Il prend part aux législatives de 1948 et est élu député du Nord en même temps que Seewoosagur Ramgoolam et Aunauth Beejadhur. Ils seront réélus en 1953. Une nouvelle constitution régit les élections générales de 1959 qui se font pour la première fois au suffrage universel. Le candidat Vaghjee sera battu dans la circonscription No 11 de Grand-Baie par l?instituteur R. Jaypal (1 737 voix contre 2 151). Entre-temps, le député Vaghjee a eu l?occasion, à multiples reprises, de faire preuve d?une éloquence parlementaire rarement démontrée précédemment et surtout depuis. Ses interventions sobres ne laissent aucune place à l?approximation. Le 23 novembre 1954, en particulier, ?il défend avec un rare mérite?, Rivaltz Quenette dixit, ?la motion de Ramgoolam réclamant un partage plus équitable, entre usiniers et planteurs, des produits de la canne à sucre?. Il succède à Renganaden Seeneevassen comme ministre de l?Education. Il y laisse une telle empreinte qu?un consensus s?établit sur son nom quand il faut, en 1965, désigner le président du conseil provisoire de l?Université naissante. De 1972 à 1974, il occupe le poste de vice-chancelier au Réduit.

En 1960, il est choisi pour remplacer le premier Speaker du Conseil législatif, Sir Robert Stanley. Il est le premier Mauricien à occuper ce poste. Il conservera ses fonctions présidentielles jusqu?à son décès. On ne pouvait, alors et depuis, faire meilleur choix. Sa maîtrise des règlements parlementaires n?a d?égal que son humanitarisme exemplaire, reposant autant sur une vaste érudition que sur un humour désarmant. Sur le plan littéraire, il nous laisse une étude de l??uvre de Paul Valéry et une pièce de théâtre, intitulée ? The Born Great Men?. Mais l?actualité de ce 26 mai 1979 ne se résume pas à la seule annonce du décès de Sir Harilal. On y note aussi la publication des échelles salariales (tant attendues) du Rapport Richard. Il n?est pas inutile de rappeler que ce document recommande que les salaires des instituteurs stagiaires passent de Rs 275 à Rs 375-400, par mois bien entendu. Ceux des instituteurs passent de Rs 410-Rs 1 060 par mois à Rs 525-Rs 1 100. Les enseignants des langues orientales, dont l?échelle salariale est de Rs 390-Rs 1 060, seront désormais alignés sur ceux des instituteurs. Les maîtres d?école reçoivent entre Rs 1 200 et Rs 1 600 par mois. Ils pourront désormais toucher entre Rs 1 480 et Rs 1 850. Pour les chefs inspecteurs, l?échelle salariale passe de Rs 2 300-Rs 2 700 à Rs 2 500-Rs 2 850. Bref, il y a 25 ans, dans l?enseignement primaire, on ne pouvait espérer gagner davantage que Rs 2 850 par mois. Est-ce cela qui explique la prise d?otages actuelle des leçons collectives ?

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