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Le sommet d?Addis Abeba mise sur la relance économique

5 juillet 2004, 20:00

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L?Afrique définit ses priorités : la relance de l?économie sur le continent noir en est une. Elle constituera un des thèmes-clés du sommet de l?Union africaine (UA) qui s?ouvre aujourd?hui à Addis Abeba, en Ethiopie. Le Premier ministre, Paul Bérenger, représente le pays à cette troisième rencontre de trois jours entre chefs d?Etat et de gouvernement.

Les dirigeants africains se pencheront sur des moyens d?envergure en vue de créer les conditions pour la relance. Il est question de mettre en place des institutions financières africaines, notamment une Banque centrale africaine, un Fonds monétaire africain de même qu?une Banque d?investissement et de développement.

Pour que ces mécanismes fonctionnent, il est vital que l?environnement des affaires inspire confiance aux investisseurs. C?est dans cette optique que l?UA fait de la diffusion et de la consolidation des règles de bonne gouvernance sur l?ensemble du continent une de ses priorités.

Cette volonté politique s?est traduite par la mise en place d?un mécanisme africain d?évaluation des pairs (MAEP), dont le rôle est d?évaluer et de partager les expériences des pays membres de l?organisation dans le domaine des droits humains, de la démocratie et de la bonne gouvernance, tant dans le secteur public que privé.

Le NEPAD (New Partnership for Africa?s Development) est une autre initiative qui va dans le même sens. Le Premier ministre mauricien est de ceux qui, au sein de l?UA, souhaitent que l?organisation puisse assurer la pérennité de ces programmes. ?Je souhaite voir accélérer le processus d?intégrer le NEPAD et le MAEP à l?UA lors de cette rencontre?, a déclaré le chef du gouvernement lors d?une conférence de presse vendredi dernier à son bureau à Port-Louis.

Une fois de plus le sommet de l?UA va devoir porter une très grande attention aux conflits dans différentes régions d?Afrique, ainsi qu?aux poches d?instabilité. Les yeux sont braqués sur la crise au Darfour, dans l?ouest du Soudan, qui depuis février 2003 est le théâtre de violents affrontements entre miliciens arabes et rebelles noirs. Les Arabes sont accusés de vouloir procéder à un nettoyage ethnique.

Aide humanitaire

Selon l?Organisation des Nations unies, les conflits ont fait 30000 morts et ont déplacé plus d?un million de personnes, dont 200 000 se sont réfugiées au Tchad voisin. Les populations déplacées sont, par ailleurs, très exposées aux risques d?épidémie à l?approche de la saison des grandes pluies. Les violences n?aident pas non plus l?acheminement de l?aide humanitaire vers les sinistrés.

C?est dans cette conjoncture que les dirigeants africains songent de plus en plus à la création d?une armée africaine. La question sera débattue cette semaine à Addis Abeba. L?UA prévoit d?envoyer des forces dans un pays membre en cas de génocide, de crimes contre l?humanité et de crimes de guerre.

L?UA qui regroupe 53 pays membres fut fondée en 2002. Elle remplace l?Organisation de l?unité africaine (OUA).

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