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Le Solitaire en plein soleil
Quand Christophe Gaïki évoque la sculpture d?un Solitaire qu?il a faite, rien ne peut l?arrêter. C?est son bijou et il en est fier. Pourtant, il a d?autres chefs-d??uvre à son actif, les uns plus impressionnants que les autres. Parmi des tableaux. Il a côtoyé ses pairs mauriciens et a plusieurs vernissages à son palmarès dont un à la Réunion.
Christophe n?a que 16 ans quand il s?amourache de la peinture alors qu?il est étudiant au collège Le Chou. Il découvre qu?il a un don pour manier les pinceaux et les couleurs. Au fil des années, il commence à se perfectionner et est toujours en quête de nouvelles techniques. Dans un premier temps, il opte pour l?abstrait.
Nous sommes alors en 1998 quand Christophe se fait remarquer pour la première fois lors de sa première exposition à l?Alliance française à Rodrigues. Et depuis tout se déroulera comme dans un rêve. Son talent lui vaut la reconnaissance de l?administration rodriguaise. Cette dernière lui octroie une bourse pour Maurice où il suit un cours intensif au Mahatma Gandhi Insitute.
?J?ai appris pas mal de choses intéressantes lors de mon passage à Maurice.? Il met ses connaissances nouvellement acquises en pratique. Aussitôt dans l?île natale, il prépare sa prochaine exposition. Dès lors, les vernissages s?enchaînent. En l?an 2000, c?est à la galerie Max Boullé. Une année plus tard, ses tableaux sont accrochés à la galerie d?Amrita Dyalah. Ses toiles ne laisseront personne insensible. Les invitations pleuvent. Il fait une nouvelle exposition au Foyer du Théâtre, à Port-Louis, en 2002.
Invité à la Réunion
Les Réunionnais découvriront aussi les talents du jeune peintre une année plus tard. ?J?ai été l?invité d?honneur lors d?un salon des artistes à St-Denis, île de la Réunion. J?ai eu beaucoup de félicitations.?
Un dur labeur est nécessaire pour toutes ses expositions. Il fera en moyenne 25 tableaux par an. C?est son seul gagne-pain. Malgré tout ce succès, Christophe reste modeste.
Mais ce n?est pas de ses tableaux qu?il souhaite parler mais plutôt de la sculpture d?un Solitaire, (un cousin du dodo), symbole de sa réussite et très présent dans l?histoire rodriguaise. C?était une commande de l?administration locale.
Le Solitaire, grandeur nature, pesant 45 kilos, est exposé au bâtiment abritant la commission des Arts et de la culture. L?ossature est en inox, en fibre de verre et fils de fer. Des plumes de poule intelligemment collées lui donne un air naturel. Il a fallu déplumer?50 poules et pas n?importe lesquelles. ?Nous avons dû parcourir tout Rodrigues pour dénicher des volailles ayant le même type de plumage. Si vous faites le compte, je me suis retrouvé finalement avec 10 000 plumes de poule.? Avant de les déplumer, Christophe a minutieusement observé comment sont les plumes sur les poules. L?autre partie de sa tâche a été de faire des recherches sur cet oiseau endémique dans des livres d?histoire. Mais le plus dur a été la suite. Le peintre-sculpteur a appliqué les plumes une à une sur l?ossature pendant quatre mois. De la peinture a été utilisée par la suite sur quelques parties de l?oiseau pour qu?il ait l?air vrai. Christophe s?est même servi de la terre pour maculer les pattes du Solitaire.
Une autre sculpture accessible au public se trouve au village de Trois Soleils. Christophe a présenté son ?uvre à l?occasion du festival créole tenu l?année dernière dans l?île. Trois fleurs soleil de différentes couleurs représentant le matin, la mi-journée et l?après-midi. C?est une commande de l?administration. ?Je n?ai eu qu?un mois pour la réalisation de cette sculpture. J?étais en vacances à la Réunion quand l?autorité rodriguaise m?a contacté. J?ai dû plier bagages le plus vite possible.?
Christophe a été inspiré par le village de Trois Soleils car dans cette localité perché sur la colline, un bon observateur remarquera que le soleil se lève en trois différents endroits au cours de l?année. Il considère cette deuxième commande de l?administration rodriguaise comme un signe que son travail est reconnu. D?ailleurs, des nombreux particuliers lui commandent un tableau ou une sculpture spécifique. Ses toiles ornent les salons de quelques hôtels.
Pour lui, la peinture et la sculpture sont un don du ciel. Il ne songe pas à l?école des beaux-arts. ?Les grands peintres, à l?image de Vincent Van Gogh n?ont jamais été à l?université. Il suffit d?aimer la peinture.?
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