Publicité
Le Shinui et Sharon font éclater la coalition
Par
Partager cet article
Le Shinui et Sharon font éclater la coalition
La coalition au pouvoir en Israël a éclaté mercredi soir à la suite du vote négatif émis sur le projet de budget 2005 par le Shinui, dont les ministres ont été immédiatement exclus du gouvernement par Ariel Sharon. Le gouvernement minoritaire ne s’appuie plus désormais que sur 40 des 120 députés de la Knesset, ce qui pourrait contraindre le Premier ministre à des élections législatives anticipées s’il ne trouve pas de nouveaux partenaires et repousser ainsi la mise en oeuvre de son plan de retrait de la bande de Gaza.
Des proches de Sharon ont annoncé qu’il entamerait sans plus tarder des négociations avec le Parti travailliste sur la formation d’une nouvelle coalition, malgré l’opposition de sa propre formation, le Likoud, à cette éventualité. “Nous allons approcher le Parti travailliste ainsi que (de petites factions religieuses) dans une dernière tentative de sauver le gouvernement Sharon”, a déclaré aux journalistes un porte-parole du Premier ministre.
Avec l’apport des 22 députés travaillistes, opposés au budget mais favorables au retrait de Gaza, Sharon retrouverait une majorité de 62 sièges à la Knesset. Il espère même s’accorder une petite marge de manoeuvre en intégrant une faction ultra-orthodoxe à sa majorité. Pour les observateurs, le Premier ministre va tenter de parvenir à un accord avec les travaillistes d’ici lundi afin d’éviter le risque d’une motion de censure sur l’économie ce même jour.
Si le gouvernement perd ce vote de défiance lundi, le président Moshe Katzav donnera à Sharon ou à un autre dirigeant 44 jours pour former un nouveau cabinet. Si cette tentative échoue, des élections législatives devront être organisées dans les 60 jours suivants. Emmené par sa frange conservatrice opposée au retrait de Gaza, le comité central du Likoud a contraint Sharon en août à mettre fin à de premières négociations avec les travaillistes, entamées à la suite de la défection des ultranationalistes, qui ont claqué la porte de la majorité en raison du projet de démantèlement des colonies de Gaza.
Lettre de limogeage
Sharon peut toutefois faire le pari que les radicaux du Likoud ne prendront pas cette fois le risque de faire chuter le gouvernement et de provoquer ainsi des élections législatives, qui seraient les troisièmes en quatre ans, alors qu’une majorité d’Israéliens semble favorable au retrait de Gaza. “La plupart des membres du Comité central ne veulent pas voir notre gouvernement chuter. Ils comprennent que provoquer des élections anticipées est une erreur que la droite a commise à plusieurs reprises dans le passé avec de piètres résultats”, a commenté Tsipi Livni, ministre de l’Immigration et fidèle de Sharon. Le gouvernement doit faire adopter le budget 2005 avant le 31 mars sous peine d’être contraint à la démission. Le projet de budget a été repoussé en première lecture par 69 voix contre 43. Les 15 députés du Shinui, formation laïque, ont voté contre en raison des promesses financières accordées à un parti religieux ultra-orthodoxe.
Yosef Lapid, ministre de la Justice et chef de file du Shinui, jusqu’alors deuxième force de la coalition, a confirmé que les membres du gouvernement issus de sa formation avaient été convoqués au cabinet du Premier ministre où leur avaient été remises leurs lettres de limogeage.
En leur remettant ces lettres, Sharon a dit aux ex-ministres: “Ce fut un plaisir de travailler avec vous.” Le projet de budget a rencontré la vive opposition de la gauche et des partis religieux en raison de réductions de prestations sociales prévues par ce texte.
ÉLECTIONS
Marouane Barghouti candidat à la présidence palestinienne
● Marouane Barghouti, chef du Fatah pour la Cisjordanie emprisonné à vie en Israël, s’est officiellement porté candidat mercredi à l’élection présidentielle palestinienne du 9 janvier, s’attirant aussitôt les foudres du Fatah. Sa popularité intacte dans les territoires palestiniens devrait en effet en faire un adversaire de poids face à Mahmoud Abbas, candidat officiel de la principale composante de l’OLP à la succession de Yasser Arafat, loin d’avoir le charisme de son nouvel adversaire déclaré. “Je l’ai officiellement fait enregistrer”, a déclaré à la presse l’épouse de Marouane Barghouti, Fadoua, qui l’avait rencontré dans la journée dans la prison israélienne où il purge cinq peines de prison à perpétuité pour son implication dans des violences anti-israéliennes. Barghouti, avait déjà annoncé sa candidature la semaine dernière, mais il avait fait marche arrière sous la pression de dirigeants du Fatah, inquiets des divisions au sein de leur mouvement que cette candidature pourrait entraîner. Dans un communiqué lu par son épouse, il dit se présenter “dans cette bataille démocratique pour parvenir à une paix basée sur la justice, la liberté, le retour des réfugiés palestiniens et la liberté pour nos prisonniers”. Mais les raisons exactes de son nouveau revirement ne sont pas encore clairement connues. Pour le comité central du Fatah, sa décision constitue un “acte d’irresponsabilité politique” et Barghouti s’exclut de fait du mouvement. “S’éloigner de la décision des institutions du Fatah représente une agression contre le Fatah”, a dénoncé Abdel-Rahim, s’exprimant au nom du comité central de la principale composante de l’OLP.
Publicité
Publicité
Les plus récents