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Le sexe en coopérative

26 septembre 2003, 20:00

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Attention ! Les employés de Venez n?offrent pas des services sexuels, ni des sous-vêtements à bas prix. En fait, le but premier de ce petit commerce n?est pas tant de vendre des gadgets que d?éduquer les gens.

«On ne fait pas de vente sous pression, on met plutôt l?accent sur l?éducation», dit Chantale Martin. On peut ainsi suivre des ateliers de photos érotiques, étudier le Kamasutra ou encore tout apprendre sur l?éjaculation féminine.

Le concept, qui fonctionne à Toronto depuis plus de sept ans, avait de nombreux adeptes au Québec via le site Internet de l?entreprise.

Il était donc possible de commander les vibrateurs, livres et autres huiles érotiques, mais il n?était pas possible de participer aux ateliers de formation.

Des trucs pour les clients

On souhaite également développer un créneau pour certaines minorités comme les personnes handicapées. Un consultant est d?ailleurs disponible pour les clients atteints de diverses maladies.

Poussant leur engagement communautaire jusqu?au bout, les propriétaires organisent des conférences pour des groupes comme les sidéens ou des groupes de femmes. «On parle souvent du sexe en disant ce qu?il ne faut pas faire, mais on veut dire qu?on peut quand même avoir du plaisir», dit Tamara Kramer.

Chantale Martin rêve déjà d?ouvrir d?autres coopératives un peu partout au Québec. «Il y a un fort esprit coopératif ici. C?est bien plus fort qu?en Ontario.»

Après un an de travail, chaque employé devient sociétaire et peut créer sa coopérative bien à lui.

Les employés ont également développé des trucs pour les clients qui pourraient être gênés.

D?autres clients n?hésitent pas à aller droit au but avec certaines demandes particulières. «Mais il n?y a pas grand-chose qui pourrait me surprendre vraiment», conclut Chantale Martin. Les relations sont réduites à l?état de biens de consommation, déplore une sexologue

La sexologue Élise Bourque a remarqué un regain d?intérêt pour tout ce qui touche à l?éducation sexuelle, mais fait remarquer que pour plusieurs, le sexe est devenu un bien de consommation.

«La pornographie prend de plus en plus de place. Les gens veulent être à la mode et le sexe est à la mode», dit celle qui est aussi psychothérapeute.

Selon elle, les ateliers sur le sexe que l?on voit apparaître un peu partout peuvent avoir un effet bénéfique sur les personnes qui y participent si elles ont une vie sexuelle épanouie.

Pour Sylvianne Larose, la notion de performance est devenue une préoccupation constante pour certains qui recherchent toujours la nouveauté et les limites de la sexualité. «Par contre, plusieurs vont se tourner vers des ateliers pour répondre à leurs questions sans avoir à poser de questions», conclut la sexologue.

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