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Le savoir-faire local s’exporte
L’exportation du savoir-faire, de la technologie et des compétences des ressources mauriciennes continue à se consolider. Les entreprises mauriciennes, qu’elles soient engagées dans la grosse ingénierie mécanique et électrique, des boîtes d’ingénieur-conseil ou d’institut de recherches, elles voient grand et loin. Leur ambition : accroître leur rayonnement régional et international.à l’instar de Sotramon Ltée, qui avec sa filiale française SotraFrance Ingénierie, vient de décrocher un contrat de Rs 400 millions pour l’installation d’équipements dans une grosse cokerie allemande située à Merlebach, dans l’est de la France, pour la purification de l’air. L’installation de ces équipements a été rendue nécessaire dans le cadre des législations européennes antipollution. Les travaux ont commencé en décembre de l’année dernière et seront achevés en septembre. Ces équipements vont aider à diminuer à zéro les rejets de poussière dans l’atmosphère.
Sotramon Ltée, actuellement engagée dans la construction de la centrale de Savannah – une des plus grosses centrales bagasse-charbon au monde – est très sollicitée en Guadeloupe et des pays d’Afrique pour des projets liés à la production énergétique.
“L’avenir des entreprises comme la nôtre se situe définitivement à l’étranger. Le marché local est bien trop limité”, dit Gérard Chasteau de Balyon.“Nous sommes en négociations avec des compagnies réunionnaises qui comptent se lancer à plein régime dans la construction de centrales à charbon car elles ont épuisé leur capital bagasse. Même en Europe, le charbon est aujourd’hui beaucoup plus utilisé dans les nouveaux projets”, souligne Gérard Chasteau de Balyon, chief executive de Sotramon Ltée.
Il y a aussi Forges Tardieu Ltd (FTL) qui travaille actuellement sur la construction de réservoirs à Tuléar, Madagascar, pour le stockage de produits pétroliers.
En Zambie, elle a décroché un contrat pour l’installation d’équipements pour l’agrandissement d’une sucrerie. Elle est aussi présente au Kenya pour le montage d’une cuite continue pour la sucrerie Mumias. De plus elle a décroché un contrat de gestion d’une sucrerie en Ouganda appartenant à des sociétés mauriciennes.
FTL est en négociations pour des projets en Tanzanie pour la sucrerie TPC dont l’administration est sous le contrôle de Deep-River-Beau-Champ qui fait partie du groupe Ciel Agro-industrie.
Elle est également engagée dans divers travaux de montage d’équipements pour des sucreries à la Réunion.
“Ce sont des contrats d’environ Rs 200 millions. Ils sont normalement d’une durée d’un à deux ans. L’obtention de ces contrats s’est vraiment accélérée ces trois dernières années. C’est surtout la situation dans l’industrie sucrière qui nous a poussés vers l’exportation de notre savoir-faire. Nous avons été obligés de le faire”, dit Hubert Raffray, managing director de FTL
Une notoriété régionale</B>
FTL est en négociations pour d’autres projets en Afrique, à la Réunion et Madagascar, concernant les secteurs sucrier, pétrolier, et énergétique, notamment pour des installations d’équipements pour la production de l’éthanol.
“Les négociations sont en bonne voie, ajoute-t-il. Car avec les fermetures d’autres sucreries, il y a déjà des clients qui viennent voir les possibilités de démonter les équipements pour les remonter dans des pays africains.”
“De par notre expérience et notre expertise dans le domaine sucrier, nous avons acquis une notoriété dans la région. L’industrie sucrière est reconnue au niveau régional et international grâce aux efforts combinés des sucriers et de FTL”, souligne Hubert Raffray.
FTL a été étroitement associée aux expansions des sucreries à Maurice. Elle travaille ces jours-ci sur l’agrandissement de l’usine sucrière de Savannah.
Des 150 personnes que FTL emploie à plein temps, environ 20 % d’entre elles sont engagées dans les chantiers à l’étranger. Elle a recours aussi à la main-d’œuvre indienne pour leurs réalisations.
Le Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI) rayonne sur la scène internationale dans le domaine de la recherche. Elle a établi des contrats avec plusieurs usines sucrières d’Afrique pour leur fournir de nouvelles variétés de cannes. Ces variétés sont au stade d’expérimentation dans ces pays.
“Les variétés mauriciennes produites pour l’Afrique ont le potentiel de pouvoir s’y établir. Nous avons déjà eu certains premiers résultats pour le Swaziland. Mais nous attendons d’autres résultats de ce pays en avril, pour savoir si les variétés proposées pourraient être cultivées sur une base commerciale”, dit Jean Claude Autrey, directeur du MSIRI.“Ensuite cette exploitation commerciale suivra, à la lumière de ces résultats, dans d’autres pays d’Afrique, comme le Maroc, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Tanzanie, et le Mozambique, entre autres”, dit-il.
L’éventuelle culture de ces variétés sur une base commerciale dans ces pays d’Afrique va rapporter des royalties au MSIRI. Car les producteurs de ces pays auront un fee à payer par tonne de sucre produite.
“Nous avons aussi donné notre expertise au Sri Lanka, Bangla- desh, Indonésie, Malaisie, aux îles Fidji et aux Caraïbes dans le domaine de la canne.” Jean Claude Autrey a souligné qu’en sus des contrats avec ces pays, les industries sucrières africaines ont recours souvent aux services du MSIRI pour trouver des solutions aux problèmes tant au niveau des champs qu’à celui de l’usine.
“Il n’y pas de doute que pratiquement toutes les industries sucrières africaines ont fait appel à un moment ou à un autre à l’expertise du MSIRI au cours de ces quarante dernières années. Nos compétences sont reconnues. Nous pouvons vendre nos services”, dit Jean Claude Autrey.
Et au niveau des activités d’ingénieur-conseils Gibb Mauritius Ltd (GML) s’est bien positionnée dans la région. Cette compagnie a eu des contrats aux Seychelles (où elle a ouvert un bureau), à la Réunion, en Tanzanie, à Mayotte et Madagascar pour des projets dans des secteurs variés – port, aéroport, eau, eaux usées et stockage de ciment.
“Il n’y a pas suffisamment de travail à Maurice. Nous employons aujourd’hui plus de 100 personnes. Nous avons fait des gros investissements dans la formation et la technologie”, dit Kishan Padaruth, managing director de GML.
“Il faut bouger international, ajoute-t-il. Nous aspirons à devenir un pourvoyeur de services pour d’autres cabinets de consultants. Nous avons des ingénieurs qui ont été dépêchés en Afrique du Sud pour épauler d’autres sociétés. Actuellement 25 % de notre volume de travail vient des contrats exécutés à l’extérieur du pays. Notre ambition est de porter ce volume à 80 % dans les années à venir.”
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