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Le sarkozysme à l’épreuve de l’Elysée
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Le sarkozysme à l’épreuve de l’Elysée
Comme si ses prédécesseurs n’avaient fait que gérer tranquillement leur popularité en attendant l’occasion de leur réélection ou de leur départ programmé, le nouveau locataire du vieux palais a déjà prévenu devant les parlementaires que son intention n’était “pas de durer” mais “d’agir vite”.
Il est vrai que s’il s’en tient à la réforme dans laquelle il a promis de limiter à deux le nombre de mandats présidentiels, il ne pourra pas – mathématiquement – exercer la fonction de chef de l’Etat plus de dixans. Cet horizon lointain lui permettra, croit-il, de consacrer son énergie “à faire plutôt qu’à durer”.
En soi, ses premières déclarations sont déjà une indication. On en trouvera d’autres, exprimées au cours de sa campagne. A plusieurs reprises, il a déclaré vouloir être un président qui “s’engage”. A d’autres occasions, il a énoncé une pratique du pouvoir dans laquelle “le chef de l’Etat ne marche pas sur l’eau”. Prises avec raison comme une condamnation implicite des mandats de François Mitterrand et de Jacques Chirac et du rôle “d’arbitre” qu’ils ont privilégié, ces critiques dessinent en creux une première esquisse du style Sarkozy à l’Elysée : actif, réactif, voire pro-actif, et responsable.
Le sarkozysme se définit d’abord comme une philosophie de l’action doublée d’une forte plasticité dogmatique. Il a besoin pour exister de créer un mouvement perpétuel grâce auquel M. Sarkozy peut apparaître comme celui qui lance les débats, provoque les polémiques, les clôt ou les relance. Dopé à l’actualité, rassuré par les sondages, le ministre puis le candidat a réussi à incarner l’homme d’action.
Le président a bien l’intention de poursuivre cette stratégie sous les dorures de l’Elysée, qui en ont vu d’autres. Sa rencontre avec les syndicats avant même sa prise de fonctions officielle comme son intention de rencontrer les partis d’opposition participent à l’évidence de sa volonté de mettre en scène un nouveau style de présidence.
Présomption de quinquagénaire revenu de toutes les chausse-trappes de la politique ? Peut-être. Mais ce faisant, M. Sarkozy tire tout simplement les leçons du quinquennat. Ce temps court du pouvoir présuppose une implication plus grande de son détenteur. En voulant “rendre des comptes” aux Français, en s’engageant à “faire bouger les lignes”, il ne fait que s’appliquer à lui-même les conséquences du changement institutionnel que M. Chirac avait imparfaitement calculées.
Pour cela, son premier atout sera la parole. Succédant à deux présidents – inspirés par leur mentor commun, Jacques Pilhan – qui ont marqué leurs mandats par une raréfaction du message et de la personne même du chef de l’Etat perçu comme un lointain monarque, le nouveau chef de l’Etat entend d’abord user de la sienne aussi souvent qu’il lui plaira. Ministre de François Mitterrand comme de Jacques Chirac, il a pu à loisir observer de près les travers de la méthode de ses prédécesseurs. Pratiquant avec bonheur le “on” et le “off”, l’image et le son, M. Sarkozy n’a pas l’intention de délaisser l’espace médiatique qu’il a conquis depuis vingtans.
Il a prévu non seulement de s’adresser une fois l’an au Parlement – ce qui présuppose une réforme de la Constitution –, mais également de renouer avec la tradition gaullienne de la conférence de presse.
Son second atout sera sa capacité de décision. La réduction du gouvernement à quinzeministres de plein exercice – les seuls qui seront admis à siéger à la table du conseil – devrait lui permettre de poser un regard panoramique sur leur action. Nul doute que les arbitrages se feront à l’Elysée autant qu’à Matignon. Si d’aventure le regard du nouveau chef de l’Etat devait manquer d’acuité, celui de son secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, présenté comme un “Premier ministre bis”, devrait y suppléer. De la même façon que, durant sa campagne, M.Sarkozy avait quasiment doublé chaque poste stratégique pour mettre en concurrence chacun de leur titulaire, il a bien l’intention d’agir également en manager à l’Elysée.
Cécilia, une nouvelle “première dame de France” élégante et réservée</B>
Cécilia Sarkozy, 49 ans, “première dame de France”, est une femme élégante et réservée qui s’est longtemps placée sous les feux de la rampe avant de fuir une célébrité apparemment devenue trop pesante pour elle. Grande et longiligne, cette brune aux yeux clairs en amande, mère de trois enfants, arrière-petite-fille du compositeur espagnol Isaac Albeniz, est très rarement apparue en public au cours des derniers mois. “Si je suis élu, ma femme jouera un rôle”, affirmait néanmoins début avril Nicolas Sarkozy. En 2005, une séparation temporaire du couple avait fait les gros titres de la presse avant une réconciliation soigneusement orchestrée lors d’une visite du ministre de l’Intérieur en Guyane, en juin 2006. Tout au long de la campagne électorale, Cécilia Sarkozy s’est volontairement mise en retrait, du moins officiellement. Invisible entre les deux tours, on la revoit au soir du 6 mai. Manifestement très émue, presque fragile, Cécilia est aux côtés du président élu lorsqu’il s’adresse, place de la Concorde à Paris, aux nombreux fans venus fêter sa victoire. Nicolas Sarkozy ne se confiera qu’un seule fois publiquement, un soir de mai 2005, : “la vérité, elle est très simple: comme des millions de familles, la mienne a connu des difficultés. Ces difficultés, nous sommes en train de les surmonter.”
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