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Le rêve de Juninho

27 mars 2005, 00:00

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Vainqueur de la Copa Libertadores avec Vasco de Gama en 1998, Juninho veut transformer le quart de finale de l?Olympique lyonnais en une simple étape vers un succès dans sa cousine européenne, la Ligue des champions. Un autre Brésilien, Sonny Anderson, ancien Lyonnais, raconte l?histoire. Elle date de juillet 2001 quand Juninho pose ses valises entre Rhône et Saône.

« En arrivant, je lui ai appris deux ou trois mots. Et celui qui lui a plu très rapidement, c?est ?maximum?. Il ne fait que l?utiliser ! » Et ce mot finalement lui ressemble et résume un homme qui a en horreur la défaite. Alors, quand on évoque la Ligue des champions, il part au quart de tour : « C?est un rêve. Un jour, je veux pouvoir dire que j?ai gagné cette épreuve. »

Quart de finaliste battu par Porto, le futur champion d?Europe en 2004, Lyon et Juninho veulent faire mieux. « Il nous reste neuf matches de championnat, mais j?espère bien qu?il y en aura cinq de plus. Ce serait bien d?atteindre au moins les demi-finales cette saison. Une élimination en quart serait vécue comme un regret? »

Le Brésilien, qui devrait prolonger son contrat pour trois ou quatre ans à Lyon dans les prochains jours, a donc déjà compté : les cinq matches espérés sont ceux qui mèneraient son club vers un titre continental, comme il l?avait fait en 1998 avec Vasco de Gama dans l?équivalent de la Ligue des champions en Amérique du Sud, la Copa Libertadores.

<B>« Un truc à éviter »

« La Ligue des champions est plus professionnelle dans son organisation. Il y a tout le cérémonial d?avant-match et les rencontres sont plus techniques », compare Juninho. « En Copa Libertadores, il y a par contre plus d?intensité car plus de rivalités entre les clubs, qui rappelle celle entre les pays lors des affrontements internationaux. »

L?homme providentiel de l?OL lancerait-il un pari insensé ? « L?OL de cette année est, je crois, l?équipe la plus équilibrée que j?ai connue », prévient l?intéressé, meilleur buteur de son club en 2004 dans cette compétition avec cinq buts.

Et il pourrait ajouter ? mais sa modestie en pâtirait ? que le triple champion de France en titre, en route pour un quatrième sacre, ce que seuls Saint-Etienne et Marseille ont réussi en France, compte dans ses rangs un artilleur hors pair.

« Il y a un truc à éviter avec lui, c?est le concours de coups francs aux entraînements », prévenait Sonny Anderson à ses débuts lyonnais. Quelques saisons plus tard, demandez à Oliver Kahn (Munich) et Thomas Reinke (Brême) ou encore Christophe Revault (Toulouse), Jérémy Janot (Saint-Étienne) ou le dernier en date, Laurent Weber (Istres), ce qu?ils pensent des coups francs de l?artiste de Recife.

<B>« Le ballon cherche à éviter le gardien »

« Il les tire comme les penalties, décryptait le portier toulousain au soir d?un deux sur deux réussis par le Brésilien. On a l?impression qu?il se sert du mur pour ajuster le gardien. »

« C?est exceptionnel, remarque Grégory Coupet, le gardien lyonnais, lequel refuse aux entraînements de se mettre dans les cages. On a l?impression que le ballon cherche à éviter le gardien ! »

Mais d?où vient cette faculté ? Le don ? une souplesse de la cheville exceptionnelle au moment de la frappe ?, le travail aux entraînements ? au moins une fois par semaine ? et les années de foot en salle.

« Les dimensions réduites des gymnases obligent à soigner la technique et la précision des frappes comme des passes », témoigne Juninho. À 30 ans, le seul joueur de la Ligue 1 titulaire de la Seleçao a connu une année d?enfer au niveau des coups de pieds arrêtés : avec huit coups francs cette saison, il porte à 19 son total sous le maillot lyonnais.

« C?est la première fois que j?en mets autant dans une saison, révèle le maître artilleur. C?est incroyable. Mais je vais essayer de poursuivre. Il reste encore des matches cette année, non ? »

Six buts sur les dix de son compteur personnel en Ligue 1 cette saison le sont dans cet exercice : « Mais cela fait plaisir surtout car ils aident à faire gagner l?équipe », poursuit le Brésilien. « Ce n?est pas évident désormais. Tout le monde attend un but. Il faut encore plus se concentrer. On va finir par croire que c?est facile ! », conclut l?artiste.

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