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Le réveil des pro-IVG

29 octobre 2006, 00:00

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Liberté de choix. Possibilité de mettre fin à une grossesse non désirée dans un environnement sanitaire adéquat. Ces droits sont réclamés avec force par les mouvements associatifs qui, au fil des années, rencontrent de plus en plus de partisans. La découverte d?une clinique pratiquant des avortements clandestins en a été le catalyseur.

Ainsi, l?association Right Now ! dont la porte-parole est Shakti Callikan, a envoyé à toutes les salles de rédaction, vendredi, le Manifeste des 213, un appel signé par 213 hommes et femmes, parmi lesquels de nombreuses personnalités qui réclament le droit à l?avortement. « Notre but, c?est de relancer le débat. Parlons-en et espérons qu?on arrive à un consensus », souhaite Shakti Callikan. « Le Manifeste 213 souligne la nécessité de permettre aux Mauriciennes de poursuivre ou non une grossesse, et ce, dans des conditions sanitaires adéquates, peut-on lire dans ce document. Ce faisant, les signataires souhaitent mettre fin à un sujet tabou.

Des risques sanitaires énormes

Car chaque année, selon les chiffres de la Mauritius Family Planning Association, elles sont entre 15 000 et 20 000 à subir une interruption volontaire de grossesse (IVG), parfois dans des conditions déplorables où elles encourent des risques sanitaires énormes. Et les raisons d?avorter sont nombreuses. « Les femmes qui y ont recours, sont tombées enceintes par erreur, par force ou à la suite des circonstances malheureuses. On a vu certaines qui voulaient bien enfanter au départ, mais qui, à la suite d?un drame familial, ont dû avoir recours à une interruption volontaire de grossesse », affirme Lindsey Collen, mem-bre du Muvema Liberasyon Fam et signataire du Manifeste des 213.

Ce document évoque la situation à Maurice, une loi répressive et inhumaine, le retard pris en ce domaine comparé à de nombreux pays tels que l?Inde, la France, l?Angleterre, l?Italie, les États-Unis ou l?Afrique du Sud, qui ont adopté une législation plus favorable. Tout cela démontre que l?avortement n?a rien d?une partie de plaisir. « La détresse de ces femmes est immense et ce n?est jamais une décision qu?elles prennent de gaieté de c?ur », poursuit Lindsey Collen.

Pour cette dernière, il est temps de changer la loi, surtout dans la conjoncture actuelle où et le ministère de la Femme, et le ministère de la Santé se disent favorables à la légalisation dans certaines situations.

« Tan ki deba kontinie, fam pe kontinie soufer. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités », soutient-elle. Et réunir les conditions nécessaires pour résoudre ce problème de santé publique, tout en permettant un respect de la liberté de choix des femmes, souligne le Manifeste des 213.

Le Mouvement d?aide à la maternité, association engagée dans l?accompagnement de la femme enceinte et la prévention des grossesses précoces, souligne, quant à lui, qu?il n?est pas là pour empêcher les femmes d?avorter.

« Lorsqu?elles viennent frapper à notre porte, beaucoup changent d?avis et commencent à aimer l?enfant qu?elles portent », affirme Monique Dinan la présidente de l?association. Pour elle, l?avortement n?est pas une solution. Elle en veut pour preu-ve que dans de nombreux pays où l?avortement a été légalisé, on constate que le nombre d?IVG reste supérieur à celui des naissances. « Il faut une campagne forte pour comprendre que c?est une vie que l?on porte. Il faut surtout responsabiliser et éduquer la femme et son conjoint par rapport à sa fécondité », souhaite-t-elle.

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