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Le retour de la momie
C?est au son d?une fanfare militaire que l?Egypte a accueilli dimanche le retour sur son sol d?une momie vieille de 3 000 ans qui pourrait être celle du pharaon Ramsès 1er. Pillée voici 150 ans, elle avait échoué dans un musée de l?Ontario, avant d?être rachetée en 1999 par le Musée Michael Carlos de l?Université Emory d?Atlanta. ?Nous sommes les fils du Nil. Bienvenue Ramsès, fondateur de la grande Egypte?, ont entonné des écoliers rassemblés autour de la caisse contenant la momie et recouverte du drapeau égyptien dans l?entrée du Musée égyptien.
Zahi Hawas, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités de l?Egypte, a salué cette restitution comme ?un grand geste civilisé?, tout en notant qu?on n?était pas certain de son identité. ?Nous ne sommes pas sûrs qu?il s?agisse de la momie de Ramsès 1er, mais nous sommes sûrs à 100 % qu?il s?agit de celle d?un roi?, a dit M. Hawas.
D?autres experts estiment aussi que rien ne prouve de façon concluante qu?il s?agit de la dépouille de celui qui régna de 1293 à 1291 av. J.C. Faute de pouvoir comparer l?ADN, ce dont M. Hawas se refuse de toute façon, les égyptologues s?en remettent aux indices historiques et archéologiques. Beaucoup citent ainsi la position des bras de la momie : croisées haut sur la poitrine, une posture réservée aux momies royales à l?époque. D?autres lui trouvent une ressemblance avec son fils Séthi Ier et son petit-fils Ramsès II.
Zahi Hawas, qui a précisé que la momie sera exposée l?an prochain à Louxor, en a profité pour réclamer à d?autres musées la restitution d?autres antiquités majeures telles que le buste de Néfertiti (Musée de Berlin) et la pierre de Rosette (British Museum).
Cette momie fondatrice présumée de la XIXe dynastie était le clou de la collection égyptienne du musée de l?Université Emory, achetée en 1999 au Musée des chutes du Niagara dans l?Ontario. Ce dernier l?aurait reçu d?un médecin canadien qui avait acquis en contrebande des objets pillés dans la Vallée des Rois au cours des années 1860.
Il faut dire que l?Egypte est un pays frappé par la contrebande d?antiquités, un commerce florissant qui pèserait selon certains un milliard de dollars par an. C?est pourquoi le Conseil suprême des antiquités dirigé par M. Hawas réclame des sanctions exemplaires pour les pilleurs, les contrebandiers et les receleurs. Il réclame ainsi que la peine maximale passe de 5 à 25 ans.
Début octobre, le procureur général d?Egypte Maher Abdel-Wahid avait annoncé les inculpations d?une trentaine de membres présumés d?un réseau de contrebande dont ferait partie l?ancien chef à Gizeh du Parti national démocrate (PND, au pouvoir) et l?ex-n°2 du bureau des antiquités de Louxor. Ainsi, plus de 300 pièces avaient été découvertes dans un entrepôt à Genève.
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