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Le Retour
Nas Ti Black sort un nouvel album, mélange de ragga et de RnB, produit par Wannado Production.
Disparu de la scène en 1999, le groupe Nas Ti Black est de retour avec un nouvel album, édité chez Wannado Production et déjà disponible chez les disquaires.
Les trois chanteurs ont l’air de gros durs derrière leurs blousons à la mode, leurs jeans et t-shirt, imprimés façon USA et leur crâne rasé.
Mais ils ont aussi le sourire facile et se donnent pour mission de faire comprendre à leur public qu’il faut se battre pour la vie. De vrais petits anges finalement.
Le groupe se compose de Chris, alias K.C., le boss, de Wendy, alias Billy G., le petit frère, et d’Elvis, Black L.G., le danseur reconverti.
Pour eux, ce disque n’est «qu’un essai, on viendra très vite avec quelque chose de beaucoup mieux,» assure Chris.
Lui qui ne se ballade jamais sans sa radiocassette, pour pouvoir s’enregistrer lorsque mélodie et paroles lui viennent à l’esprit, a déjà plusieurs nouveaux titres en préparation.
Il compte aussi sur une plus grande implication de ses deux collègues, au niveau créatif. Wendy, le plus jeune, dit avoir beaucoup appris depuis les sept derniers mois à travailler sur l’album.
Il suivra sans doute la voie que lui a tracée son grand frère, encourageant et protecteur, dans le monde de la musique.
Elvis, lui, était l’un des danseurs de Nas ti Black, en 99. Quand le groupe s’est séparé, il a mené sa propre vie, et oublier la scène. Une chanson du nouveau Nas Ti Black entendue à la radio en 2000 changera la donne. Le message que véhicule Mwa demand a ou, le touche profondément.
Comme si la chanson lui était destinée. Sans plus d’hésitations, il se joint de nouveau au groupe en tant que chanteur cette fois.
Unis par une profonde amitié, à laquelle ils dédient une chanson, ils s’attaquent à la musique de façon très sérieuse et cherchent leur propre style. L’influence du ragga à Maurice leur fera oublier leur hip-hop d’antan, mais ils ne renoncent pas d’apporter quelque chose de nouveau.
<B>Mélange de styles</B>
«On cherche à créer des choses que l’on a pas encore entendues, on essaye de mélanger les styles», explique Chris.
Côté thèmes, Nas Ti Black essaye de toucher à tout. Le CD débute de façon plutôt entraînante, avec Vine Danser, Laisse Twa Aller, ainsi qu’une reprise de Mwa demand a ou. Des chansons tantôt énergiques, comme Vine Danser, tendres, comme Mwa demande A Ou, drôles avec Ma Tante Thérèse, toutes bien rythmées dans un mélange de ragga et de Rythm’n Blues. Le meilleur exemple en est Leve to Lamé.
Cette introduction légère permet d’aborder peut-être plus facilement les dernières chansons. Le rythme est le même mais le ton change avec Viol et Marchand La Mort, des titres inspirés par la réalité. Deux de leurs amis sont morts à cause de la drogue, confie Chris, le visage soudain fermé. «Il faut lutter, se battre pour la vie», disent-ils en chœur. Les notes sont plus graves et les échos répètent sans cesse le même message.
A noter également, Nas ti Black propose trois titres en français, pour faire, pourquoi pas, une percée sur le marché réunionnais.
<B>Michael Chang producteur prolifique</B>
Wannado Productions est en effervescence. Michael Chang, son directeur, annonce jusqu’à la fin de l’année la sortie de 12 albums. Rien que ça. Et sans compter les six autres en préparation.
Pour lui, il faut absolument suivre le courant et se dépêcher pour être toujours dans le vent. «La musique se démode assez vite», explique-t-il.
Alors il produit, réalise, enregistre, mixe, arrange, photographie… L’homme est polyvalent. Il ne peut en être autrement. Non pas par envie de tout contrôler, mais grâce une passion qui l’habite depuis toujours, la musique. Quelle qu’elle soit. Michael Chang est entre autres le producteur de Marie Michelle Etienne, Gangsta Beach, José Papillon et Nou Mem Sa.
Qu’importe le piratage, il continue de produire sur sa belle lancée et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. A peine sort-il d’une aventure qu’une ou plusieurs autres démarrent pour lui et son équipe.
Dernier projet en date, un album de musique dance, créée par Wannado Productions. «Pourquoi aller chercher des musiques qui viennent d’Europe ou des Etats-Unis, si nous sommes capables à Maurice de faire la même chose?», se demande-t-il.
Dans le petit studio d’enregistrement de son bureau de Beau Bassin, ingénieurs et musiciens travaillent à l’élaboration de ce CD, les murs tremblent entre les boums boums et ces sons tout droit sortis de Star Wars.
Tout semble bien marcher et il faut reconnaître qu’ils n’ont rien à envier aux spécialistes étrangers. Avec une bonne idée, de la volonté et des centaines de boutons d’ordinateurs, Wannado arrivera sûrement à se faire une place sur les platines des disc jockeys. Michael Chang s’est décidé à faire bouger les choses, en commençant par faire bouger le public.
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