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Le regroupement des planteurs passe à la vitesse supérieure
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Le regroupement des planteurs passe à la vitesse supérieure
Dans quelques jours, la Farmers Services Corporation (FSC) démarrera sa deuxième phase du regroupement des planteurs. Elle durera un an, jusqu?en juin 2008 et comprendra plusieurs localités du pays, dont New-Grove, Matinière, Providence, Trianon, l?Etoile, Ilots, Fond-du-Sac et Rouge-Terre.
Le processus de regroupement fait partie de la réforme sucrière dans le cadre de la baisse finale du prix du sucre de 36 % en 2009. Il devra assurer la survie de petits planteurs en leur procurant l?accès, en tant que groupes, à des procédés mécanisés et à des techniques de gestions adaptées. Cet exercice de la FSC a démarré par une phase pilote entre août 2006 et mars 2007 et 181 planteurs de huit régions ont été regroupés.
? L?objectif est de regrouper une surface totale de 20 000 hectares. Les établissements sucriers veilleront à la mise en application de la modernisation de 12 000 de ces 20 000 hectares. La FSC, elle, s?occupe du regroupement des 8 000 hectares restants, qui sont en terrains dits difficiles, car ils sont soit en pente, soit très rocheux?, explique Babu Khooseeramsing Sujeewon, directeur de la FSC.
Le regroupement s?échelonnera sur dix ans et concernera 28 000 planteurs. A ce jour, la FSC a supervisé le regroupement de petits planteurs à l?Espérance. Dans sept autres régions, le regroupement a aussi démarré sous la supervision d?établissements sucriers et de diverses associations du secteur sucre.
Le premier volet du regroupement entrepris exclusivement sous la férule de la FSC a été complété à l?Espérance. Seize planteurs ont participé à cet exercice qui a permis de mécaniser plusieurs étapes de la culture. ?Mo ti ena kann. Ek regroupeman, nounn fer met erbisid, masinn inn vini inn pase pou tir ros, inn fer siyon ek nounn plante direk?, explique Cantaparsad Dobee, planteur de ce village. Il est propriétaire de deux terrains d?un total de dix arpents. Planteur depuis 1960, Cantaparsad Dobee confie que le regroupement, projet qui lui a été bénéfique, était nécessaire. ?Nounn fer li pou nou gaygn enn bann fasilite?, affirme-t-il.
La mécanisation est l?un des aspects centraux du regroupement. Elle doit rendre les petits planteurs plus compétitifs dans un secteur qui est en pleine mutation. ?Nous proposons plusieurs mesures incitatives aux petits planteurs. La préparation du terrain, le ?sillonnage?, les boutures, l?herbicide et le fertilisant sont gratuits. Le planteur doit payer une contribution annuelle, en fonction du coût total et de la qualité de son terrain?, soutient Babu Khooseeramsing Sujeewon.
Pour faire adhérer les petits planteurs à ce mouvement, la FSC poursuit sa campagne de communication. Des réunions régionales sont organisées entre Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie, et les petits planteurs dans tout le pays. La notion du regroupement est également évoquée lors des réunions que la FSC tient régulièrement dans les différentes régions.
Seuls les planteurs ayant des terrains de moins de 25 hectares peuvent participer au regroupement. ?Il n?y a que 172 personnes ou compagnies qui gèrent des terrains de plus de 25 hectares. Ils sont déjà constitués en blocs ?mécanisables? et ne sont pas vulnérables comme les autres catégories de planteurs?, soutient Raj Kamal Soniah, manager de la FSC.
<B>Sharon SOOKNAH</B>
COOPÉRATIVES
<B>Un regroupement en deux phases</B>
■ Il consiste à regrouper, sous forme de sociétés et de coopératives des petits planteurs de canne à sucre. Le projet veut impliquer tous les planteurs cultivant une surface allant jusqu?à 25 hectares. Il concerne donc pratiquement 28 000 planteurs.
Le regroupement se fait en deux parties. La première consiste à rassembler des terrains contigus en lots. La deuxième partie concerne le rassemblement de planteurs eux-mêmes. Le but du regroupement est d?avoir une économie d?échelle. ?Cela a un effet sur l?efficience de la machinerie, le ?sillonnage?, l?épierrage, la fertilisation, la maintenance et la coupe, bref sur tous les aspects qui touchent les planteurs. Il faut aussi regrouper pour avoir une gestion plus efficace?, souligne Raj Kamal Soniah, manager de la Farmers Services Corporation (FSC).
Quelques planteurs ont été réticents à adhérer au regroupement. Ils avaient en effet des craintes par rapport à leurs droits de propriété. Le projet contraint en effet les planteurs à cultiver la canne pendant une période de sept ans. ?Admettons que j?ai des terres dans une certaine région, qui sont désormais gérées par une société. Même si ces lopins prennent une valeur commerciale sous forme de morcellement, je ne pourrai aller de l?avant?, expliquait un petit planteur.
Raj Kamal Soniah, manager de la FSC confirme que les planteurs, malgré l?adhésion au regroupement, ?restent propriétaires de leurs terrains?. ?La question qu?ils se posent c?est : qu?est-ce qui va se passer après ??, soutient-il. Selon la stratégie suivie par la FSC, le regroupement comportera aussi un aspect important quant à la gestion. ?Avec le regroupement, les activités de production seront plus grandes et la gestion sera faite par des professionnels. On va former ces gens pour qu?ils puissent prendre en charge tout le côté management?, souligne Raj Kamal Soniah.
PRODUCTION
<B>Récolte 2007 : manque à gagner de Rs 700 millions prévu</B>
Les mauvaises nouvelles s?accumulent pour l?industrie sucrière. Après la baisse de prix du sucre acheté par l?Union européenne (UE), l?estimation de la production sucrière pour l?année 2007 n?est guère réjouissante. Elle est chiffrée à 465 000 tonnes, en comparaison avec la moyenne de 531 006 tonnes des cinq précédentes récoltes.
Cette estimation, largement inférieure à la production de 504 857 tonnes de sucre en 2006, a été faite hier, à l?issue de la première réunion du Crop Estimate Coordinating Committee (CECC) 2007, sous la présidence de la Chambre d?agriculture. Ce comité devrait se réunir de nouveau en août, pour revoir cette première estimation de la récolte 2007.
Les chiffres ont été compilés à partir des observations, faites au 31 mai, par le Mauritius Sugar Industry Research Institute, les établissements sucriers, la Farmers Service Corporation, le Sugar Insurance Fund Board, la Mauritius Sugar Authority et le ministère de l?Agro-industrie.
?L?accumulation de mauvaises récoltes ces dernières années ne nous permettra pas d?amortir la baisse de revenus que la baisse de prix provoquera. Si cette estimation se confirme, ce sera une baisse de production par 40 000 tonnes par rapport à 2006, soit une perte de Rs 700 millions?, dit Jocelyn Kwok,. secrétaire général de la Chambre d?agriculture.
?La première baisse de prix, qui était de 5 %, est survenue en 2006, ajoute Jocelyn Kwok. Le prix est techniquement maintenu à 496 euros la tonne pour 2007. Il est appelé à descendre jusqu?à 448 euros la tonne à partir d?octobre 2008.?
L?estimation de la production sucrière 2007 découle d?une évaluation à quelque 4,35 millions de tonnes de cannes à usiner. Les analyses effectuées sur des cannes provenant des différentes régions de l?île laissent penser que le taux moyen d?extraction serait de 10,6 %, légèrement supérieur à celui de 2006.
Mais Jocelyn Kwok est d?avis que le taux d?extraction peut s?améliorer dans la mesure où les conditions climatiques attendues favorisent une augmentation du taux de sucre dans la canne. ?Le résultat final de la récolte sera tributaire des conditions climatiques qui vont prévaloir jusqu?à la fin de la récolte. Un hiver pluvieux ne permettrait pas l?éventualité d?un rendement amélioré?, souligne Jocelyn Kwok.
<B>Conditions climatiques</B>
Si la région Nord bénéficie de conditions climatiques qui lui permettent de rattraper une certaine croissance et d?améliorer le rendement de la canne, la production sucrière totale pourra augmenter. Le rendement de canne à l?hectare serait l?indicateur le plus décevant cette année, avec un niveau moyen de 67 tonnes, très inférieur aux 71 tonnes de l?année dernière. La moyenne des cinq dernières années est de 72 tonnes à l?hectare.
Le CECC craint que la récolte 2007 soit durement affectée par le passage du cyclone Gamede au début de l?année et, surtout, par les conditions climatiques qui ont prévalu par la suite. Les pluies persistantes pendant deux à trois semaines, de fin février à la mi-mars (dépendant des régions), n?ont pas permis à la canne de se remettre et de retrouver son rythme normal de croissance.
De plus, une pluviosité déficiente à partir de la mi-mars, pendant dix semaines, a grandement affecté la pousse de la canne, plus particulièrement dans les régions de basse altitude et dans le Nord de l?île. Ainsi, cette partie du pays, qui avait contribué à hauteur de quelque 24 % de la production sucrière nationale l?année dernière, accuse cette fois un retard considérable au niveau de la croissance de la canne.
La campagne sucrière 2007 démarre dans une semaine à Union-St.-Aubin. Les autres usines du Sud, du Centre et de l?Est devraient aussi commencer à rouler avant la fin du mois. Belle-Vue et Médine suivront durant la troisième semaine de juillet. Il est prévu que la campagne qui démarre se termine vers la fin de novembre.
<B>Alain BARBÉ</B>
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