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Le ralentissement européen freine l?immigration africaine

8 septembre 2008, 00:00

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Le ralentissement économique de l?Europe exerce un effet dissuasif sur les Africains aspirant à émigrer, souvent au péril de leur vie, vers la «forteresse Europe», estiment des spécialistes de l?immigration.

Venant du Sénégal, du Mali, du Ghana et d?autres Etats ouest-africains, des milliers de clandestins essaient chaque année d?entrer en Europe, attirés par des possibilités d?emploi dépassant de loin ce qu?offrent leurs pays.

Mais en présence d?un contexte européen moins favorable, ils reviennent en avertir d?autres qu?ils s?en sortiraient peut-être mieux sans quitter l?Afrique, ont déclaré des experts jrécemment, à l?occasion d?une conférence sur les migrations.

L?Espagne, qui reçoit un plus grand nombre de travailleurs africains qu?aucun autre pays de l?Union européenne, a annoncé jeudi dernier qu?elle n?accorderait plus de visas à la plupart des immigrés en raison d?une hausse rapide de son taux de chômage.

Selon Cheikh Oumar Ba, sociologue au Centre de recherches sur les politiques sociales (Crepos) du Sénégal, les Africains qui songent à émigrer hésitent de plus en plus devant les témoignages directs de ceux qui reviennent d?Europe. Précédemment, leurs récits incitaient les autres à tenter le voyage, car ils n?évoquaient guère leurs conditions de vie difficiles en Europe et dépensaient l?argent gagné de façon souvent ostentatoire à leur retour, note-t-il dans une étude présentée aux délégués.

Plus de 31 000 clandestins, pour la plupart originaires d?Afrique subsaharienne, ont débarqué dans l?archipel espagnol des Canaries en 2006 après de dangereux périples sur terre et sur mer dans lesquels bien d?autres trouvent la mort.

A leur retour, ils sont fêtés, épousent les plus jolies filles de leur village, construisent des maisons de prestige et couvrent de cadeaux leurs proches, indique Ba dans son étude. Mais les émigrés sont de plus en plus nombreux à rapporter des récits moroses, souligne-t-il. «Les récits de cette nature sont très importants, car si l?on revient en disant ?ce n?est pas aussi bien qu?on l?espérait?, cela peut avoir beaucoup d?influence sur les autres.»

Les clandestins se heurtent aussi à une hostilité plus marquée. «Il est absolument vrai que lorsqu?une économie ralentit les migrants deviennent des cibles politiques, voire des boucs émissaires», dit Naomi Onaga, coordonnatrice auprès de Migrants Rights International. Elle cite la France et l?Italie comme exemples de pays où les immigrés sont montrés du doigt.

Et pourtant, l?Europe garde des attraits pour certains Africains même quand elle est susceptible de s?acheminer vers la récession. Pour les 200 000 jeunes Sénégalais qui arrivent chaque année sur le marché du travail, il n?y a que 20 000 emplois dans leur pays, souligne encore Ba.

Dans plus d?un village, on continue à penser que la pauvreté réside en Afrique et que l?Europe est un paradis.

Daniel MAGNOWSKI

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