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Le réseau Deelchand est-il toujours actif ?

31 décembre 2005, 20:00

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Vingt et un mois après avoir été mis hors service, le réseau Deelchand est-il toujours en activité ? C?est la question que se pose la briga-de antidrogue depuis que le neveu de Vinay Deelchand, Moheshchansing Jokhoo, a été dénoncé pour subornationtion de témoin.

En effet, cet habitant de Khoyratty, âgé de 25 ans, est accusé par Fawzi Hossenbaccus, alias l?« infirmier », de lui avoir offert Rs 25 000 pour qu?il garde le silence sur l?overdose induite de Parvez Damree le 26 juillet 1995.

Parvez Damree était l?homme à abattre car c?est lui qui, en 1994, avait cité le nom du notaire pour la première fois dans une sombre affaire de drogue. Vinay Deelchand s?était ainsi retrouvé dans le box des accusés pour trafic.

D?après les dénonciations de l?ho-mme fort du notaire, Antoine Chetty, en 2004, Vinay Deelchand aurait ordonné l?exécution de Damree car ce dernier avait collaboré avec la police.

À sa sortie de prison, Parvez Damree aurait été kidnappé et emmené dans un terrain vague à la route Nicolay, Port-Louis, derrière la British American Tobacco (BAT) et l?« infirmier » lui aurait injecté une dose létale d?héroïne.

La boucle était bouclée

Il fallait que sa mort ressemble à une overdose. À la suite de la tragique disparition de Damree, le ministère public n?a eu alors d?autre alternative que de classer le dossier à charge contre le notaire. L?affaire avait éclaté quand Vinay Deelchand avait accusé Damree de « demanding money by threat ». Et c?est lorsque Damree a été interrogé sur cette allégation qu?il l?avait balancé comme celui qui lui fournissait de la drogue. La boucle était bouclée et l?un des deux devait en faire les frais.

Le 12 décembre 2004, neuf mois après son arrestation, soutient l?« infirmier », Vinay Deelchand l?aurait approché en prison, dans la salle où ils allaient être mis en liaison avec la Bail and Remand Court (BRC) pour que l?« infirmier » ne dise rien sur ce cas précis. À la clé, il allait hériter d?une certaine somme d?argent.

L?implication dans une récente affaire de drogue

L?« infirmier » l?a sans doute dénoncé car la somme promise paraît bien faible comparée à ce qu?allait rapporter la drogue trouvée chez Antoine Chetty en mars 2004, soit Rs 8 millions. C?est la saisie de drogue chez le garde du corps du notaire par les hommes de l?inspecteur Hector Tuyau qui a mis au jour toute une série d?affaires restées mystérieuses depuis des années.

D?après l?« infirmier », son frère, Yusuf Ali Hosenbaccus a été contacté par le neveu de Vinay Deelchand, Moheshchansing Jokhoo, pour le faire taire. Ce dernier a le profil pour avoir essayé de soudoyer un témoin.

Selon ses proches, Vinay Deelchand le considère comme son « fils » bien qu?il soit son homme à tout faire. D?ailleurs, il a pris ses quartiers chez son oncle à Solférino no 5 depuis des années et n?est jamais rentré chez lui, même après l?arrestation du notaire en mars 2004.

Venant d?une famille modeste, Jokhoo aurait été ébloui par le train de vie du notaire, à commencer par sa somptueuse résidence et ses voitures clinquantes. Il aurait, pour ainsi dire, tout fait pour plaire à son patron.

Depuis que cette affaire de subornation a été mise au jour, l?Adsu travaille également d?arrache-pied pour savoir si le réseau Deelchand n?est pas impliqué dans une récente affaire de drogue évaluée à Rs 2 millions.

Selon nos indications, le nom d?une proche du notaire aurait été cité dans ce cas d?importation d?héroïne. Une enquête minutieuse est menée depuis plusieurs jours et d?autres arrestations sont à prévoir dans les jours à venir.

Quant au procès du notaire Vinay Deelchanc, ce dernier devra comparaître aux assises en mars. D?ores et déjà, ses avocats ont adopté une stratégie visant à faire croire qu?il est victime de trial by the press, ce qui présuppose donc qu?il ne bénéficiera pas d?un procès équitable.

Mais ils font assurément fausse route car, pour un procès de drogue, il n?y a pas de jurés mais uniquement le juge Paul Lam Shang Leen. À quoi ce dernier leur a demandé le mois dernier :

« Pensez-vous que je sois un juge biased ? » Bien des surprises sont donc attendues en mars.

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