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Le pétrole franchit 99 dollars le baril
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Le pétrole franchit 99 dollars le baril
Le prix du pétrole a franchi pour la première fois hier le seul de 99 dollars le baril.
Le brut léger américain pour livraison en janvier a atteint un record de 99,29 dollars le baril dans les transactions en Asie, après avoir pris près de 4 % la veille à New York.
Cette nouvelle poussée s?explique par la faiblesse du dollar qui attire les fonds spéculatifs vers les marchés de matières premières et par les inquiétudes liées à l?approvisionnement de cet hiver, alors que les météorologues prévoient un mois de décembre plus froid qu?à l?accoutumée.
L?agence américaine d?information sur l?énergie (EIA) devait par ailleurs publier hier son état des stocks hebdomadaire. Les analystes attendent une baisse des stocks de produits distillés, dont le fioul de chauffage, de 300 000 barils, une hausse des stocks de brut de 600 000 et une hausse des stocks d?essence de 800 000.
Le secrétaire américain à l?Energie Sam Bodman a exhorté l? Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à augmenter sa production mais les membres du cartel estiment que la flambée actuelle est due à des raisons financières et politiques, et non à la situation physique du marché.
<B>Record historique</B>
L?OPEP se réunira le 5 décembre à Abou Dhabi pour prendre une décision sur sa politique de production des mois à venir.
Le pétrole évolue depuis ces derniers mois en sens inverse du billet vert, qui a touché avant-hier un nouveau plus bas contre l?euro. Le prix du baril est désormais proche de son record historique, ajusté de l?inflation, touché en 1980.
<B>Les raisons de la flambée des cours du pétrole : </B>
■ <B>LE DOLLAR</B> : La baisse du dollar encourage les investissements dans les matières premières de tous ordres, les investisseurs considérant tous les actifs libellés en dollars comme relativement bon marché. Elle a également pour effet d?accroître le pouvoir d?achat de certains consommateurs dont la monnaie n?est pas le dollar. L?euro a établi hier un nouveau plus haut face au billet vert, à 1,4856 dollar, selon les données Reuters. Les ministres du Pétrole de l?Opep font remarquer que même si le pétrole est à des niveaux records, en termes nominaux, l?inflation et le dollar en amortissent l?impact.
■ <B> LES FONDS D?INVESTISSEMENT </B>: Depuis la décision de la Réserve fédérale américaine de baisser ses taux d?escompte à la mi-août, les cours du pétrole ont grimpé de plus de 30 % et ceux de l?or ont pris plus de 20 %. Les fonds de pension et fonds spéculatifs investissent à nouveau dans les matières premières, et donc dans le pétrole, ces derniers mois, après avoir pris leurs distances vis-à-vis de ces marchés en début d?année en raison des incertitudes sur l?évolution de la croissance mondiale. Plus globalement, les transactions spéculatives sur les marchés de l?énergie n?ont cessé de se développer ces dernières années, les investisseurs tentant d?obtenir des rendements supérieurs à ceux d?autres marchés, comme les actions ou les obligations.
■ LA DEMANDE</B> : Alors que les précédentes montées de l?or noir s?appuyaient sur des perturbations de l?offre, l?augmentation de la demande dans plusieurs grands pays consommateurs comme la Chine, les Etats-Unis ou l?Inde est le principal moteur de la hausse actuelle. La croissance de la demande mondiale a ralenti après un bond en 2004 mais elle reste en hausse. D?autant que les prix élevés du pétrole n?ont eu pour l?heure qu?un effet limité sur la croissance économique. Pour les analystes, le monde s?accommode bien des prix nominaux élevés du brut parce que si on les ajuste en fonction de l?inflation et des taux de change, ils sont encore en retrait par rapport aux précédentes flambées. En outre, certains pays consomment à présent moins d?énergie.
■ <B>LA POLITIQUE DE L?OPEP </B>: L?Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui produit plus du tiers du pétrole mondial, a réduit sa production à la fin de 2006 pour tenter d?enrayer une baisse des cours. Cela a eu pour effet de relancer la hausse des prix. Les pays consommateurs, rangés derrière l?Agence internationale de l?énergie (AIE), n?ont cessé depuis des mois d?exhorter l?OPEP à réaugmenter sa production. A quoi l?OPEP réplique que la flambée des cours s?explique principalement par des facteurs d?ordre géopolitique. Lors de sa réunion à Vienne en septembre, le cartel a accepté d?augmenter sa production de 500 000 barils par jour (bpj) à compter du 1er novembre. L?OPEP se réunira le 5 décembre à Abou Dhabi pour prendre une décision sur sa politique de production des mois à venir.
■ <B> LE NIGERIA </B>: L?offre de pétrole du Nigeria, huitième exportateur pétrolier mondial, s?est réduite depuis février 2006 en raison d?attaques et actes de sabotage des rebelles séparatistes du Mouvement d?émancipation du delta du Niger (Mend). Ces actes ont amputé la production nigériane de 547 000 barils par jour (bpj), selon les estimations des compagnies pétrolières.
■ <B> L?IRAN </B>: Les pays consommateurs redoutent des perturbations des approvisionnements pétroliers iraniens car l?Iran, quatrième exportateur pétrolier mondial, est pris dans un bras de fer avec les pays occidentaux au sujet de son programme nucléaire. Les pays occidentaux soupçonnent l?Iran de vouloir développer des applications militaires à ce programme, alors que Téhéran affirme vouloir se contenter de produire de l?électricité.
■ <B> L?IRAK</B> : Ce pays a beaucoup de mal à remettre son industrie pétrolière sur pied après des années de guerre, de sanctions internationales et de sous-investissement. Les exportations de brut de la région de Kirkouk à partir des oléoducs du nord du pays sont sporadiques car les problèmes techniques et les actes de sabotage ont pratiquement réduit à néant la production depuis le début de la guerre dans le pays en mars 2003.
■ LES SOUS-CAPACITÉS DE RAFFINAGE</B> : Les raffineurs des Etats-Unis ont eu à faire à des pannes imprévues qui ont eu pour effet de ponctionner les stocks avant l?été, lorsque la demande d?essence était au plus haut. Selon les dernières statistiques pétrolières hebdomadaires des Etats-Unis, publiées le 15 novembre, les stocks de produits distillés comme ceux de fioul domestique se situent toujours en deçà de leurs niveaux de l?an dernier à la même époque.
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