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Le pétrole accuse un coup de pompe

9 août 2008, 00:00

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● <B>Comment expliquer la baisse du prix du baril ? </B>

Selon l?Union française des industries pétrolières (UFIP), cette «baisse très très nette» est principalement due à l?évolution du marché. Depuis plusieurs semaines, on constate une baisse de la demande de brut à travers le monde. Et en particulier aux Etats-Unis, premiers consommateurs mondiaux de pétrole (à hauteur de 20 % de la production mondiale). Alors qu?ils sont en pleine «Driving Season», la période des départs en vacances, les Américains ont cette année moins rempli leurs réservoirs, sous l?effet de la hausse des prix à la pompe et d?une situation économique dégradée par la crise financière.

Jean-Louis Wingert, ingénieur conseil, spécialisé dans les questions d?énergie et de développement, estime lui que la baisse est due à la «crainte de voir l?économie mondiale s?effondrer, et à l?apaisement des tensions avec l?Iran».

Autre facteur : l?augmentation de la production de l?Organisation des pays producteurs de pétrole(OPEP), en juillet, pour le troisième mois consécutif, peut également jouer un rôle. Une hausse prévue depuis quelque temps car, selon Jean-Louis Wingert, «depuis les chocs des années 1970, les pays producteurs ont assez peur qu?une augmentation trop rapide des prix du pétrole crée un effondrement de l?économie mondiale». Même si «l?OPEP a déjà fait savoir qu?elle pensait réduire sa production, ce qui a immédiatement fait l?effet d?une douche froide», constate l?UFIP.

● <B>Cette baisse était-elle prévisible ? </B>

Malgré l?envolée fulgurante des prix du pétrole depuis dix mois, la baisse du mois d?août était attendue. Déjà en 2007, le prix du baril de brut était passé de 77 dollars en juillet à 70,7 dollars un mois plus tard, et en 2006, le baril coûtait 73,7 dollars en juillet avant de descendre à 73,1 dollars en août. «Cette chute est très saisonnière et systématique», explique l?UFIP, qui attire toutefois l?attention sur «l?amplitude» de la baisse constatée cette année. Jean-Louis Wingert voit dans celle-ci «probablement un contrecoup» de la hausse des derniers mois.

● <B>Quelles ont été les répercussions sur les prix à la pompe ? </B>

Selon les chiffres de l?UFIP, le prix du litre de sans plomb 95 était de 1,49 euro le 4 juillet, et il est descendu à 1,42 la semaine dernière. Concernant le gazole, le litre coûtait 1,43 euro en juillet, et 1,37 au début du mois d?août. Reste que le pétrole, et les carburants qui en découlent, «demeurent des produits chers», souligne l?Union française des industries pétrolières.

● <B>Comment va évoluer le cours du brent ? </B>

On n?a «aucune visibilité» car le comportement des Etats-Unis reste «très imprévisible», estime l?UFIP. Mais Jean-Louis Wingert considère que la baisse est «temporaire». Pour lui, les prix vont «sûrement repartir à la hausse en automne de manière assez naturelle car il y a une forte demande de pétrole des pays du Nord à l?approche de l?hiver». «Et on peut craindre une reprise des tensions avec l?Iran, ce qui pourrait accélérer le processus», ajoute-t-il.

<B>Laura Marzouk © Le Monde Distribué par The New York Times Syndicate</B>

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