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Le PTr fête ses 45 berges

27 février 2006, 00:00

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A la fin de février 1981, le PTr célèbre fastueusement son 45e anniversaire, notamment par la tenue d?un congrès, visant à motiver davantage ses partisans et ses agents. Le secrétariat est alors dirigé, il est vrai, par des Travaillistes de souche et non par d?anciens militants à la culture labourite rudimentaire car fek-fek. La presse en est avertie pendant la semaine précédant l?événement et non pas la veille seulement. Aux journalistes, on rappelle 45 ans de lutte travailliste. Le parti peut compter sur deux quotidiens, animés par des journalistes plus travaillistes que l?ancienne place de l?Artillerie. Est même prévue la publication d?un livret retraçant ces 45 ans de luttes socialistes. Il est pourtant épuisé (le livret, bien sûr) depuis belle lurette. Une seconde édition, mise à jour, aurait été, aujourd?hui, en 2006, la bienvenue et un rappel pertinent pour de nouveaux rouges, vomissant aujourd?hui le mauve comme jadis, ils étaient allergiques au rouge.

Les scissions au sein du PTr sont d?actualité, en février 1981. Désespérant de pouvoir réformer ce parti de l?intérieur, Harish Boodhoo se fait expulser pour cause de contestation systématique. Il fonde le PSM que courtise l?UDM de Guy Ollivry. Mais c?est le MMM d?Anerood Jugnauth et de Bérenger qui décroche l?accord électoral, en prévision des législatives du 11 juin 1982. En février 1981, il convient d?essayer de prouver que, à 45 ans, le PTr est aussi jeune que le MMM, plus jeune même que le PSM. Curieusement, à 70 ans, ce parti ressent moins ce besoin de revendiquer son éternelle jeunesse.

J.B. David se croit obligé, en février 1981, de rappeler quelques tentatives de scission au sein du parti. Il rappelle le Parti des Travaillistes Travailleurs (à ne pas confondre avec celui des non travailleurs, circulant en limousines conduites par chauffeur, avec ou sans képi), ou encore le Tamil United Party.

Philippe Forget, candidat travailliste à Beau-Bassin (contre Jules Koenig) aux législatives de 1963, et rédacteur en chef de ?l?express? de 1963 à 1984, se demande, en février 1981, ?comment sortir de la préhistoire travailliste?. Il ne reproche au PTr de 1981 de ne plus être celui de 1936. L?aurait-il été ?qu?on n?aurait su quoi faire de ce fossile vivant? Il lui reproche de n?avoir pas ?l?honnêteté ni l?imagination d?appartenir à 1981?. Les thuriféraires patentés attribuent au PTr toutes les merveilles possibles. Il se demande si Maurice aurait été différente si le PTr n?avait pas vu le jour. En février 1936, le ?sommet de l?aspiration bourgeoise est les professions libérales auréolées : droit et médecine?. En 1981, les cadres viennent de tous les horizons socio-économiques. Cette mutation profonde, le PTr ne peut même pas la revendiquer, ?lui qui préfère jouer à l?étroit dans le carcan communal et religieux, limité par son vocabulaire moisi, ses alibis coloniaux et ses clichés blanc noir?. Il rate ainsi l?occasion ?d?être à l?unisson avec les couches nouvelles? les forces vives de la société future. Il ajoute férocement : ?La pupe travailliste présente un cas de développement arrêté : chenille en 1936, chrysalide en 1967, papillon jamais?. Il trahit la société nouvelle, produit de l?éducation et de la redistribution des richesses. Il conclut : ?Le PTr a changé ? La belle affaire. Le drame c?est qu?il a trop peu changé et que le pays (en 1981) risque de ne pas l?attendre.?

Lors du congrès du 22 février 1981, le PTr se présente comme l?espoir et l?avenir du pays. Devant 1 500 personnes, il se défend de tout déviationnisme, en 45 ans d?existence. Il se prétend le seul représentant des aspirations de la population mauricienne. Il promet de transformer Maurice en un pays libre et prospère. Il nous réclame simplement un peu de patience. (Baguette magique mais guerre rapide) Il se croit plus important que n?importe quelle autre organisation (locale ou mondiale ? la précision fait défaut). Tous les jours, les informations, que nous recevons de l?extérieur, sont dramatiques, sinon catastrophiques. Rien de tel à Maurice (car la NBC ne diffuse que des nouvelles agréables à l?Hôtel du gouvernement).

Seewoosagur Ramgoolam s?en prend à l?accord MMM-PSM qu?il qualifie de mariage de l?aveugle et du paralytique (l?un d?entre eux sauvera sa mise politique en 1983 mais il ne faut pas le rappeler, stipule l?histoire officielle en vigueur en 2006). Il stigmatise les grèves qui nuisent aux intérêts patronaux et nationaux. A juste titre, il fait ressortir que l?indépendance politique du 12 mars 1968 permet une plus grande prospérité économique car Maurice possède désormais le droit de faire appel librement aux partenaires qui lui veulent le plus de bien possible.

J.B. David fait son laïus habituel contre les forces réactionnaires sans les nommer. La parole est ensuite et déjà donnée aux transfuges, à ceux qui changent de camp politique et qui crachent dans leur ancienne soupière. Vijay Venkatasamy confesse : ?Ma plus grande erreur est d?avoir fait confiance au MMM ? zordi mo sorte dans prison?. Il vend son bungalow pour financer sa campagne électorale de 1976. Il est un des organisateurs de la manifestation des étudiants de mai 1975, ?les Mauriciens de cette année?, ?l?express? dixit.

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