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Le problème de fonds passe par Paris

14 juillet 2003, 20:00

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Le congrès de l?IAS (International Aids Society), qui a débuté dimanche à Paris, devait être juste une rencontre scientifique. Objectif : faire le point, non seulement sur les nouveaux traitements anti-sida, mais aussi sur les mécanismes d?action du virus et les nouvelles démarches vaccinales. Mais ce rendez-vous, qui réunit plus de 5 000 médecins-chercheurs, va prendre une coloration très politique, centrée sur un énorme défi : l?accès des pays en voie de développement aux traitements.

Le congrès a été ouvert par l?ancien président brésilien, Fernando Cardoso, à l?origine d?une remarquable politique d?accès aux soins. Hier, c?était au tour de Nelson Mandela d?évoquer la détresse de l?Afrique. Et demain, en clôture, Jacques Chirac et Romano Prodi, président de la Commission européenne, devraient annoncer les nouveaux engagements de l?Europe, en particulier à destination du Fonds global de lutte contre le sida, la malaria et la tuberculose. Car le même jour se sera tenue une conférence internationale de soutien au Fonds. ?Aujourd?hui, on estime que parmi les 40 millions de personnes infectées à travers le monde, entre 6 et 9 millions devraient être traitées de toute urgence pour éviter la mort?, a rappelé le Pr Michel Kazatchkine, président du congrès et directeur de l?Agence nationale de recherches sur le sida (ANRS). ?On en est encore loin. Mais si les plans du Fonds sont respectés, on espère arriver à traiter près de 3 millions de personnes en 2005.?

Sur le volet médical, peu de révélations sont à attendre. Il faudra se contenter des résultats, avec près d?un an de recul, d?un médicament, le T 20, premier représentant d?une nouvelle classe thérapeutique, les inhibiteurs de fusion. Les résultats sont positifs, mais le T 20 est une prescription lourde, se prenant uniquement par perfusion. Enfin, des travaux seront rendus publics sur la contamination materno-foetale et sur la question délicate de l?allaitement, lui aussi source de contamination.

Eric FAVEREAU

<B>Question & réponse</B>

  • L?accès aux traitements anti-VIH est-il ?rentable? pour les pays pauvres ?

Cette question peut choquer. Mais l?accès aux traitements dans les pays du Sud n?est pas seulement une nécessité morale, c?est aussi un bon choix économique. Ce qui met fin à des stéréotypes et des malentendus qui ont lourdement pesé jusqu?à présent. Il y avait, tout d?abord, l?argument classique consistant à dire qu?il fallait mettre l?accent sur la prévention. Car non seulement c?était moins cher, mais surtout cela réduisait les demandes futures de soins. C?est en partie inexact. Les deux, prévention et soins sont complémentaires. Dans le cas du sida, c?est encore plus frappant. Dès que quelqu?un a accès aux traitements, cela change le rapport à la prévention. En Afrique du Sud, trois séropositifs sur quatre ne connaissent pas leur statut, et le taux monte à neuf sur dix chez les plus pauvres. En Côte-d?Ivoire, on a démontré que l?accès aux traitements augmentait la demande de prévention. Bref, on ne peut pas faire de la prévention sans également soigner.

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