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Le prix à payer !
«Il est important de faire la différence entre l?endettement et le surendettement. L?endettement en soi n?est pas une mauvaise chose, à partir du moment où l?on a les moyens de rembourser. Pouvez-vous imaginer un jeune couple qui se marie aujourd?hui, qui veut acheter une maison et qui y arrive sans contracter de dettes ? Je pense plutôt que ce n?est que quand on emprunte de manière abusive, en sachant que l?on ne pourra pas rembourser, qu?il y a problème. De toute façon, les banques ne prêtent que quand elles sont certaines de la capacité de remboursement du client », explique Pierre Dinan, économiste et partenaire chez DCDM.
Pour lui, les principales causes du surendettement relèvent du comportement de l?individu qui doit savoir se responsabiliser, se discipliner, bref se remettre en cause. « Selon moi, tout n?est qu?une question de formation qui doit commencer à la maison où il est plus facile d?apprendre à gérer son budget pour ne pas tomber plus tard dans le piège du surendettement. Les autorités devraient également s?y mettre par une campagne nationale de formation et des causeries dans les régions les plus touchées par le surendettement », ajoute-t-il.
La société est telle aujourd?hui, que le paraître l?emporte souvent sur l?être. L?étalage des richesses que colportent les médias et la propagande publicitaire incitent les ménages à vivre au-dessus de leurs moyens. Selon Mosadeq Sahebdin, porte-parole de l?ICP, l?endettement touche toutes les catégories de consommateurs : « Il y a cette fâcheuse tendance à croire qu?avec le crédit c?est plus facile. Or, c?est loin d?être le cas. Avec les intérêts étalés sur plusieurs mois, le produit revient beaucoup plus cher qu?on peut le penser. »
Pierre Dinan estime, quant à lui, qu?un des moyens de s?en sortir est d?abord de se prémunir contre la publicité tapageuse et les crédits qui paraissent excessivement généreux. « Comme c?est le cas pour les bouteilles de boissons alcoolisées sur lesquelles une inscription met en garde contre une consommation excessive, on devrait faire la même chose sur les cartes de crédit ! », plaisante-t-il.
Autre idée à emprunter : dans certains pays, les autorités interviennent pour payer les dettes d?un citoyen surendetté selon certaines conditions très strictes, par exemple, en lui interdisant de s?engager dans quelque forme d?endettement qui soit.
Un comité placé sous la responsabilité de la Banque de Maurice planche actuellement sur l?institution d?un Credit Information Bureau. L?idée est de créer un bureau qui dispose de données sur les acheteurs à crédit et en particulier des informations sur leur solvabilité. Ces informations seraient alors mises à la disposition de tous les commerçants qui pourraient y avoir accès et traiter le dossier plus facilement. Les noms des mauvais payeurs y seraient également inclus. Si l?ICP accepte la formule sur la forme, elle demeure sceptique sur le fond, notamment sur la question de la confidentialité. Tout comme Pierre Dinan qui souhaite que certains cas soient considérés. « Je pense ici à ces personnes qui tombent malades après un emprunt ou qui, pour d?autres raisons indépendantes de leur volonté, n?arrivent plus à honorer leurs dettes. »
Quoi qu?il en soit, le surendettement est un fléau qui touche particulièrement les familles pauvres. Il faut qu?une ou plusieurs solutions soient trouvées rapidement pour le combattre. Peu importe si l?initiative vient des autorités ou des organisations non-gouvernementales, l?important, c?est de permettre à ces familles de s?en sortir.
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