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Le prix à payer
Jean-Pierre Ménard, las de voir sa femme lui refuser le ?devoir conjugal?, décide de lui couper les vivres en instaurant une nouvelle règle entre eux : ?Pas de cul, pas de fric !?
Dans Le Prix à payer, Gérard Lanvin donne la réplique à trois comédiens qui ont déjà été ses partenaires à l?écran : Christian Clavier, rencontré sur le tournage de Mes meilleurs copains ; Géraldine Pailhas, qui incarnait sa fille dans Le Héros de la famille ; et Nathalie Baye, qu?il a croisée dans Une semaine de vacances (1980) et Une étrange affaire (1981).
Dans sa direction d?acteurs, la réalisatrice Alexandra Leclère ne laisse pas de place à l?improvisation. ?Mes dialogues sont très précis, confie-t-elle. Il y a une musique des mots. Un mot n?en remplace pas un autre. Je suis très soucieuse de cette musique à respecter. C?est cela qui donne le rythme d?une comédie. En aucun cas je ne m?adresse à eux d?une manière générale. Je viens discrètement leur parler à l?oreille, leur donner une petite indication, avec toujours le plus de délicatesse possible.?
C?est la même écriture très acide que dans Les S?urs fâchées, le précédent long-métrage d?Alexandra Leclère, qui a tout de suite séduit Christian Clavier. Celui-ci poursuit : ?Je dois dire que j?ai été étonné par une telle virulence de la part d?une femme et le regard d?Alexandra Leclère sur le couple et les rapports homme-femme est d?une grande acuité. J?ai beaucoup ri en lisant le scénario, même si les situations y sont incroyablement grinçantes.?
Pour Nathalie Baye, ?Alexandra Leclère est audacieuse, elle ne chipote pas. Elle m?a épatée. J?apprécie particulièrement sa façon d?aborder son sujet avec un mélange de drôlerie et de gravité. Elle ose dire d?une manière parfois violente, caustique, voire crue, ce que souvent on hésite à dire (...) Par ailleurs sur le plateau, elle est très bon public : quand une scène fonctionne, on l?entend rire derrière le combo ! C?est très gratifiant pour un acteur car cela permet de se rassurer. Pour moi, c?est le signe d?une grande générosité : Alexandra est une réalisatrice qui sait vous accompagner dans le jeu et qui instaure un bel échange avec les interprètes.?
<B>Nathalie Baye</B>
Née le 6 juillet 1948 à Mainneville (France), Nathalie Baye, enfant dyslexique, abandonne ses études à 14 ans pour intégrer une école de danse à Monaco. À 17 ans, elle part à New York compléter sa formation dans les ballets russes. Mais à son retour, elle s?oriente vers le théâtre, et entre au Cours Simon puis au Conservatoire. En 1972, alors que ?Faustine et le bel? été marque sa première apparition au cinéma, elle fait une rencontre décisive, celle de François Truffaut, qui lui offre le rôle de la scripte dans ?La Nuit américaine?. Preuve de la confiance que lui accorde le maître de la Nouvelle Vague, elle prête sa voix à l?énigmatique standardiste de ?L?Homme qui aimait les femmes? et, surtout, donne la réplique au cinéaste dans un de ses films les plus personnels, ?La Chambre verte? (1978).
Nathalie Baye travaille très tôt avec deux autres grands réalisateurs : Pialat (?La Gueule ouverte?, 1974) et Godard. Celui-ci la dirige dans ?Sauve qui peut la vie?, qui lui vaut le César du Meilleur second rôle en 1981, récompense qu?elle décrochera l?année suivante pour ?Une étrange affaire?. Aux suffrages des cinéphiles viennent s?ajouter ceux du grand public, qui s?identifie à cette comédienne discrète au sourire charmeur, jouant les profs chez Tavernier (?Une semaine de vacances?, 1980) et les ?Provinciales chez Goretta?. À l?affiche de deux succès de 1982, ?Le Retour de Martin Guerre? et ?La Balance?, elle décroche, pour sa composition de prostituée dans le film de Bob Swaim, le César de la Meilleure actrice en 1983. Si le mélo ?J?ai épousé une ombre? asseoit son statut de star, elle n?en continue pas moins de tourner avec les rois de la déconstruction Blier (?Notre histoire?) et Godard (?Détective?).
Moins présente sur les écrans à partir de la fin des années 80, Baye trouve en 1990 un de ses plus beaux rôles, celui d?une mère divorcée qui perd pied, dans le premier film de Nicole Garcia ?Un week-end sur deux?. En 1999, année charnière, elle retrouve les faveurs des spectateurs en interprétant une des esthéticiennes du très couru ?Vénus beauté? de Tonie Marshall et obtient le Prix d?interprétation à Venise pour ?Une Liaison Pornographique?. Redevenue une actrice de premier plan, elle est choisie par Spielberg pour incarner la mère de DiCaprio dans ?Arrête-moi si tu peux? (2002). Longtemps abonnée aux rôles de femme raisonnable, la comédienne n?hésite plus à laisser libre cours à sa fantaisie . Politicienne sans scrupule pour Chabrol (?La Fleur du mal?), Nathalie Baye, très sollicitée par les cinéastes de la jeune génération, incarne au contraire des femmes vulnérables pour Noémie Lvovsky (?Les Sentiments?), Thierry Klifa (?Une vie à t?attendre?) ou encore Xavier Beauvois (?Le Petit lieutenant?, 2005).
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