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Le Premier ministre décrète l?état d?urgence économique

14 août 2004, 20:00

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Le Premier ministre tire la sonnette d?alarme. Notre économie est attaquée de l?extérieur. Il exhorte les Mauriciens à faire preuve d?imagination.

« Maurice se trouve en situation d?urgence économique ! » Le chef du gouvernement, Paul Bérenger, n?en fait pas un secret d?état : notre économie se porte mal. Cela, en raison de la conjoncture économique internationale. Par conséquent, nous devons faire preuve de lucidité, d?imagination et de détermination pour nous en sortir.

Le message qu?a voulu passer à la population Paul Bérenger lors de son tour d?horizon politique hebdomadaire hier était clair. « Notre textile, notre sucre et notre tourisme, entre autres, font actuellement face à une compétition internationale féroce. » Pour le Premier ministre, le danger est donc venu de l?extérieur. Il a expliqué que les exportations des produits textiles de la Chine, entre autres, menacent notre textile. « La Chine produit à moindre coût. »

Avec l?abolition des quotas, des suites du démantèlement de l?Accord multi-fibre en janvier prochain, le textile mauricien sera davantage menacé. « Mais nous continuerons à lutter pour bénéficier des provisions du Third Country Fabric. » Selon cette provision, certains pays sub-sahariens peuvent, sous l?Africa Growth and Opportunity Act (AGOA), importer leurs matières premières d?un pays tiers et continuer à bénéficier des quotas d?exportations textiles vers les Etats-Unis.

Notre sucre est, pour sa part, doublement menacé, indique Paul Bérenger. D?abord par un ruling de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) qui décrète l?élimination totale des accords préférentiels, comme celui qui nous lie à l?Union européenne. Ensuite, par les propositions du commissaire européen Frank Fishler qui prévoit une réduction drastique du prix de notre sucre sur le marché européen. D?autre part, poursuit Paul Bérenger, notre tourisme stagne, alors que le nombre d?hôtels a augmenté.

La flambée des produits pétroliers, avec le baril à un prix sans précédent de $ 46, est venue exacerber cette situation déjà difficile, explique, en outre, le PM. « L?impact sur notre textile, sur Air Mauritius et sur notre tourisme est terrible ! »

Tout espoir n?est cependant pas perdu. Paul Bérenger a exhorté la population à changer ses habitudes. « Napi ena plas pou amaterism. Bizin profesionalism partou. Bizin ena reform partou. » Dans ce contexte, il s?est félicité que le gouvernement ait pris des mesures pour contrecarrer ces contre-coups, avec notamment la restructuration de l?industrie sucrière, un plan de sauvetage, le TEST, pour notre Zone Franche et la promotion de la technologie de l?information et des télécommunications. « Heureusement, gras a nou laksion depi trwa ans, lespoir pe sorti de ter », a-t-il déclaré en parlant de l?émergence de la cybercité.

« Nous sommes condamnés à être optimistes », a lancé le Premier ministre qui s?est également exprimé sur la vision du gouvernement de faire de Maurice un sea-food hub, un knowledge hub et bientôt un hightec medicine hub. « Cela se fera à travers les petites et les moyennes entreprises, les micro-crédits et le self-employment. »

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