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Le poulet de table plus cher dès janvier
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Le poulet de table plus cher dès janvier
Le poulet, considéré comme le caviar des pauvres, coûtera plus cher après les fêtes de fin d?année. Les producteurs préconisent une hausse d?environ 10 % en réaction à une majoration dans les prix d?aliments pour élevage, la troisième depuis mars, entérinée cette semaine.
A titre indicatif, un poulet entier d?environ un kilo et demi coûte actuellement environ Rs100. Dans quelques semaines, il vaudra Rs110. La hausse dans les prix de la nourriture pour élevage devrait également influer sur ceux des ?ufs et des viandes produites localement.
La nourriture pour animaux coûte en moyenne 15 % plus cher. Livestock Feed Ltd augmente ses prix à partir d?aujourd?hui. Meaders Feed Ltd l?a fait mardi. Ces opérateurs avaient procédé à une majoration une première fois en mars (5 %) et une deuxième fois en octobre (10%). De fait, sur un an, les prix des aliments pour élevage ont connu une hausse cumulée de 30%. La raison demeure la même: le maïs, principal ingrédient dans la préparation des concentrés, coûte toujours plus cher à l?importation.
?Le prix du poulet augmentera dès lors qu?on commencera à utiliser la cargaison de maïs qui vient tout juste de rentrer. Cela devrait se passer vers fin janvier-début février. La hausse tournera autour de 10 %?, déclare Jean How Hong, chief operations officer d?Innodis, filiale du groupe Happy World.
Innodis fournit environ 42 % du marché. Chantecler, filiale de Food and Allied, s?attribue environ 50 % du marché et le reste est fourni par de petits éleveurs. La production nationale de poulet de chair tourne autour de 28 000 tonnes.
Le maïs à 50 % plus cher
Chantecler n?aura d?autre choix que de passer également cette hausse dans ses coûts de production au consommateur, font remarquer les observateurs. Cet opérateur était malheureusement injoi- gnable pour donner une indication sur sa réaction à la situation.
Le prix du poulet a augmenté une première fois le mois dernier. La majoration était de l?ordre d?environ 3 %. ?Ce n?était qu?un petit réajustement à l?inflation dans les prix des aliments. Mais cette fois, la hausse est trop importante et elle suit de trop près la précédente majoration?, explique Jean How Hong.
Le calcul est simple. Pour chaque trois roupies dépensées sur un poulet de table, deux vont à l?achat des aliments à base de maïs. C?est dire que le prix de la nourriture a une forte incidence sur le coût de production du poulet de chair.
Le maïs coûte aujourd?hui 50% plus cher que l?année dernière. Le prix a atteint son seuil le plus élevé depuis trois ans. Les causes sont complètement hors du contrôle des opérateurs locaux. L?Australie, un des gros producteurs mondiaux de blé, a subi les revers d?une sécheresse qui a appauvri sa récolte. Le déséquilibre qui s?ensuit a été comblé par une plus forte dépendance sur le maïs.
Mais il n?y a pas que la contre-performance du blé. Celle-ci est d?ailleurs conjoncturelle et devrait pouvoir être rapidement inversée si le climat s?améliore. Ce qui est en train de causer des déséquilibres plus fondamentaux sur le marché mondial est bien la valeur qu?a prise cette céréale pour l?industrie bioénergétique américaine.
Le coût du fret a triplé
La production de l?éthanol à partir du maïs connaît une croissance exponentielle aux Etats-Unis. Cela augure une période d?intense pression sur le maïs. Il est estimé qu?au moins trois millions d?hectares additionnels devront être cultivés l?année prochaine pour satisfaire l?appétit américain pour le maïs. En même temps, il faudra rationner l?exportation de cette céréale et son utilisation dans la production de nourritures pour animaux. Les scénarios les plus optimistes prévoient que les réserves américaines de maïs chutent au niveau historiquement le plus bas l?année prochaine.
Jocelyn Fanchette, directeur général de Meader Feed Ltd, ajoute que le coût du fret grimpe aussi alors que le taux de change reste défavorable aux importations. Le manque de devises ne fait qu?empirer les choses. ?Le soja qui compte pour plus de 20% dans la préparation des boulettes, coûte également plus cher?, rappelle-t-il. La tonne de tourteau coûte 12 % plus cher.
Le coût du fret a triplé depuis 2002 et ce, en dépit de la créativité des opérateurs à trouver des moyens pour réduire ce coût. Les Mauriciens s?associent aux Réunionnais pour affréter un navire commun d?environ 20 000 tonnes tous les deux mois. Ils importent de l?Argentine.
Rocky Forget, directeur général de Livestock Feed Ltd, redoute cette évolution. ?Nous n?avons pas de problèmes d?approvisionnement mais nous devons payer le prix fort. Le maïs compte pour 60 % dans la préparation des boulettes. Dans l?ensemble, les matières premières représentent 80 % de nos coûts de produc- tion. Nous sommes obligés de passer la hausse au consommateur?.
Il s?inquiète de l?impact de la montée en flèche des prix de nourriture pour animaux sur l?élevage dans la durée. Une pochette d?aliments pour pondeuse coûte environ Rs 500 chez Livestock Feed Ltd. A partir d?aujourd?hui elle est à Rs565. La pochette pour poulet de chair qui est à Rs 600 coûtera désormais Rs 680. L?aviculture représente 87 % du marché de l?alimentation pour animaux.
La demande pour ces produits est plutôt inélastique sur le court terme. Une hausse de prix n?entraîne pas une baisse dans la demande. Mais à terme, cela risque de changer. Particulièrement pour les petits éleveurs. Livestock Feed fournit quelque 700 d?entre eux. En général, lorsqu?un produit agricole est en forte demande, les producteurs interviennent pour rééquilibrer le marché assez rapide- ment. Cette fois, étant donné l?enjeu énergétique, il s?avère difficile de prédire quand le rééquilibrage aura lieu.
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