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On le porte fièrement?
En vétiver ou en aloès, les chapeaux de paille sont partout. Et ils sont portés en toute occasion. Chez les Cupidon, à Soupir, toute la famille porte le chapeau ou plutôt travaille à la confection de ce couvre-chef.
Loulone, Jeanne et Yelle passent difficilement inaperçus les mercredis et les samedis, les jours de foire. Ils sont devant des chapeaux de paille de toutes dimensions et de toutes les couleurs. Blanc ou marron, avec des motifs roses ou verts et des fleurs artificielles assorties. Ils mettront bien des dames en valeur ou orneront les murs de plus d?une maison.
C?est la mère, Vonette, qui a appris à ses deux enfants, Loulone et Jeannette, la confection des fameux chapeaux. La femme de Loulone, Yelle, s?est également mis de la partie et cete tâche fait désormais partie de leur quotidien depuis dix ans. Les travaux commencent toujours après les besognes ménagères, vers 9 heures. Les matières principales : l?aloès et le vétiver sont disponibles dans les bois et sur les collines. Il faut un permis délivré par le ministère de l?Agriculture pour les couper.
<B>?Barlo, Barlo?</B>
Les feuilles sont traitées avant d?être mises au soleil. ?Si letan barlo-barlo, li pran pli letan pou sek?, explique Jeanne. Comprenez par-là que si le temps est couvert, les feuilles prendront plus de temps pour sécher. Quand les trois se mettent au travail, il n?y a pas de pause. L?aloès est coupé et ensuite colorié. Les fibres sont ensuite tressées et cousues si nécessaire.
?Nous ne prenons qu?un temps pour déjeuner à midi et ensuite nous travaillons jusqu?à 15 h 30?, souligne Loulone. Une personne peut fabriquer une quinzaine de chapeaux par jour et la production de toute la famille est d?une cinquantaine de chapeaux quotidiennement.
Ce sont les clients qui sont juges pour dire s?ils sont jolis ou pas. ?Nous faisons d?abord un ou deux modèles. Si nos clients sont satisfaits, nous en produisons en plus grand nombre?, dit Jeannette La majorité des clients sont des Mauriciens à la foire. Ils achètent les chapeaux comme objets de décoration. Leurs prix sont dans la fourchette de Rs 25 à Rs 60.
C?est un commerce lucratif. Il y a toujours des Mauriciens pour en acheter pour la décoration alors que les Rodriguais le portent fièrement, comme la tradition le veut. La relève semble être assurée chez les Cupidon. Le jeune Ronny semble être sur les traces de son père. Même s?il ne fait pas de chapeaux, il le remplace souvent à la foire de Port-Mathurin.
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