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?Le port s?est détérioré?
● Un vent de panique souffle chez de nombreux importateurs depuis l?arrêt du service direct CMA-CGM, une importante compagnie maritime vers l?Europe. Comment évaluez-vous la situation ?
Une partie de la zone franche va être affectée par l?absence du service direct de Port-Louis vers l?Europe. Toutefois, la Mauritius Export Association (Mexa) semble faire croire que toute l?exportation vers l ?Europe sera affectée. Il ne faut pas oublier qu?avec le service direct, deux autres lignes maritimes, Maersk et Mediterannean Shipping Company (MSC), transportent les produits textiles vers l ?Europe. A ma connaissance, la CMA-CGM ne détenait qu ?un faible pourcentage de ce marché, environ 20 %. Maersk et MSC n ?ayant pas modifié leurs services, ceux qui exportaient par ces lignes continuent à le faire.
● Mais que faire pour ceux qui doivent impérativement expédier leurs commandes avec un temps de transit plus court, comme la Mexa ?
C ?est aux responsables de la zone franche de trouver la solution la plus appropriée. Avec la situation actuelle dans le commerce maritime, les services desservant Port-Louis ne toucheront plus notre région sur la route retour, du fait que le volume de conteneurs est insignifiant comparé au trafic Asie-Europe.
La zone franche pourrait, par exemple, essayer de négocier avec des lignes maritimes qui pourraient être intéressées à desservir Port-Louis en leur garantissant un volume conséquent de conteneurs à des périodes régulières et à un taux de fret raisonnable. L ?option du fret aérien est aussi envisageable.
● L ?actuel temps de transit Port-Louis-Europe est d ?environ 35 jours, comparé à 25 jours avec le service direct. Quel est votre avis sur la question ?
Le temps de transit n ?est pas fixe. Le facteur de contrôle du transit est le temps passé au port. Toutes les lignes desservant Port-Louis offrent des services avec transbordement dans leurs ports ?hub? pour être connectées vers l?Europe. Par exemple, pour Maersk, les conteneurs sont transbordés à Salalah, un port au nord-nord-est de l ?Afrique ; pour la CMA-CGM à Colombo ou Tema, un autre port africain ; et pour la MSC à Durban ou à Singapour. Les lignes maritimes estiment que le temps de transit peut être amélioré et la connexion faite dans un laps de temps minimal si les navires ne sont pas retardés dans les ports. L ?élément déterminant pour un temps minimal à quai est la productivité.
● En parlant de productivité, il semblerait que celle de Port-Louis se soit détériorée. Le port de Toamasina, à Madagascar, est sur le point de nous surpasser selon les agences maritimes
La productivité à Port-Louis s?est effectivement détériorée ces dernières années. La productivité sur les quais conventionnels est actuellement de l?ordre de quatre à cinq conteneurs par heure alors qu?elle était de dix en 1998. En 1999, le Multi Container Terminal avait manipulé en moyenne 19 conteneurs-grue par heure, contre 15 conteneurs actuellement.
A Madagascar, la productivité sur des navires conventionnels est nettement supérieure, comme rapporté par les lignes maritimes. En 2003, j?avais déjà émis l?opinion que notre principal concurrent dans la région serait Madagascar. Les événements semblent me donner raison.
Pour revenir à l?amélioration du temps de transit des navires, la Cargo Handling Corporation Ltd (CHC) doit impérativement améliorer la productivité. Cela aura le double effet de réduire le temps passé au port des navires et de rétablir notre suprématie en termes de qualité de service dans la région. La CHC a constamment pris l?engagement depuis 2002 d?améliorer ses services, mais il est malheureux de constater qu?il n?y a pas eu de mesures concrètes jusqu?à présent. La question de partenaires stratégiques vient sans doute à un moment opportun.
● Que pensez-vous de la décision du conseil d?administration de la CHC d?envoyer une mission de constat à Madagascar ? Les solutions à ces problèmes ont été à maintes reprises évoquées dans le passé. Le conseil d?administration doit passer en revue les différents rapports sur la CHC et prendre les mesures qui s?imposent. Quelle expérience tirer de cette mission à Madagascar que la CHC n?ait pas déjà acquise lors de ses innombrables voyages dans différents ports par le passé ? Je me pose la question.
● Comment voyez-vous l?avenir de la CHC dans le contexte actuel et face aux problèmes qui surgissent à Port-Louis ?
Pour mieux vous décrire la situation à la CHC, laissez-moi vous citer un extrait d?une lettre du 29 mai 2003 adressée par la direction de la CHC à la Mauritius Ports Authority. Elle résume la situation : ?It should also be noted that even with the additional fleet of equipment and work organisation, CHC firmly believes that it would not, without the appropriate know-how and logistics support, be able to handle more that 250,000 containers yearly. The quality of service will most likely deteriorate, were the number of containers to go beyond that number.? Cette lettre parle d?elle-même.
● On parle de rapports conflictuels entre le ministre des Communications extérieures, Xavier Duval, qui s?occupe du dossier port, et vous-même. Qu?en est-il ? Ils ne sont pas conflictuels. Ces rapports entre le ministre et moi sont inexistants.
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