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?Le PM informé de la suspension de Bhadain?

8 mars 2004, 20:00

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<B>L?INDEPENDENT</B> Commission against Corruption (Icac) sort de sa léthargie et contre-attaque. Dans un affidavit déposé en Cour suprême hier matin, Somduth Nemchand, secrétaire de la commission, affirme que l?Icac a consulté, par courtoisie, le Premier ministre avant de suspendre et de licencier son directeur des enquêtes, Roshi Bhadain. Il devait toutefois préciser que la commission n?a aucune obligation légale de consulter le chef du gouvernement.

L?Icac réplique aux divers affidavits jurés par Roshi Bhadain pour commenter sa suspension et son licenciement comme directeur des enquêtes. Ce dernier conteste son licenciement par l?Icac et réclame une Judicial Review de cette décision. L?affaire a été appelée hier devant le chef juge Ariranga Pillay.

Me Yousuf Mohamed, Senior Counsel, avocat de Roshi Bhadain, a proposé que l?affaire soit prise sur le fond soit le 15 soit le 30 mars. Mais Me Dhananjay Ramful, qui représente l?Icac, a informé le chef juge qu?il doit au préalable s?entretenir avec Me Raymond D?unienville et Me Tikanand Gujadhur pour décider d?une telle date.

Somduth Nemchand admet que l?ex-directeur des enquêtes n?a pas été entendu par la commission avant d?être suspendu. Il nie toutefois que celle-ci n?ait pas respecté les règlements à la suite de l?interdiction de Roshi Bhadain. La commission reconnaît également que la lettre de suspension qui lui a été adressée ne contient pas les motifs pour lesquels son directeur des enquêtes a été relevé de ses fonctions. Aussi, Roshi Bhadain a-t-il refusé d?en prendre possession, réclamant des précisions sur cette décision.

Somduth Nemchand, ainsi que d?autres personnes qui étaient avec lui au moment où il lui remettait ladite lettre, ont déclaré ne pouvoir agréer à cette requête. Le secrétaire de la commission précise qu?il a agi sur les instructions de l?Icac et que Roshi Bhadain n?avait pas le droit de le questionner. Il ajoute que l?ex-directeur des enquêtes n?avait pas non plus le droit de refuser de prendre sa lettre de suspension. Selon le secrétaire, l?interdiction faite à Roshi Bhadain était seulement une mesure préventive, en attendant une enquête de l?Icac, et que cette suspension ne constitue aucunement une mesure disciplinaire.

Au moment de son interdiction, Roshi Bhadain a aussi reçu l?ordre de retourner tout le matériel appartenant à l?Icac en sa possession. Somduth Nemchand souligne que l?ex-directeur des enquêtes a été autorisé à prendre conseil et qu?il a fait plusieurs appels téléphoniques, dont un à son père. Il a lu à ce dernier le contenu de la lettre de suspension qu?il a finalement acceptée de prendre. Le directeur des enquêtes a ensuite pris contact avec son avocat.

Le secrétaire de l?Icac a confirmé que Roshi Bhadain a refusé de retourner son ordinateur portable (laptop) sous prétexte que le disque dur de l?appareil contenait des informations personnelles.

Somduth Nemchand nie qu?il y ait eu des attaques vicieuses contre la personne de l?ex-directeur des enquêtes et qu?il n?y a aucun ?sinister motive? derrière son interdiction. Répliquant à Roshi Bhadain sur le cas de l?ancien chef enquêteur Hemant Ghoora, Somduth Nemchand affirme que ce dernier était soupçonné d?utiliser l?ordinateur de l?Icac pour préparer une pétition contre ladite commission.

Une enquête discrète a été ouverte et le commissaire a ordonné à Mme Lachman de retrouver les copies de ces documents sur l?ordinateur de Ghoora pour les besoins d?une investigation interne. Ladite dame Lachman s?est retrouvée dans un position inconfortable et a informé son supérieur hiérarchique des instructions qu?elle avait reçues.

Somduth Nemchand affirme que Roshi Bhadain a rédigé une lettre critiquant le commissaire et qui devait être signée par Mme Lachman. Selon le secrétaire de l?Icac, la dame aurait par la suite indiqué à la commission qu?elle n?avait jamais consenti ni au ton ni aux critiques portées contre le commissaire dans ladite lettre au comité parlementaire.

Somduth Nemchand allègue que Mme Lachman a subi des pressions de son supérieur Ghoora et de Roshi Bhadain pour signer cette lettre. Le secrétaire ajoute que la Mme Lachman n?est pas ?tenue? (bound) par cette lettre et qu?elle regrette tous les inconvénients causés au commissaire. Il affirme qu?il était du devoir de Roshi Bhadain de consulter les commissaires et de leur présenter la version donnée par Mme Lachman avant d?écrire au comité parlementaire.

Le secrétaire de l?Icac allègue que l?ex-directeur des enquêtes a comploté avec l?ancien enquêteur Ghoora pour tenter de discréditer les commissaires auprès des membres du comité parlementaire. ?Roshi Bhadain ne voulait pas travailler sous l?autorité des commissaires. Son comportement prouve qu?il ne respecte pas la hiérarchie de l?Icac et qu?il avait l?intention d?outrepasser l?autorité des commissaires?, soutient-il. ?Roshi Bhadain a été nommé directeur des enquêtes. Il est un officier de l?Icac, et comme tout autre officier, il ne bénéficie ni d?une protection spéciale ni de droits additionnels?, rappelle le secrétaire de la commission. ?Etant donné que Roshi Bhadain était encore en période d?essai, il a été licencié par la commission qui a jugé qu?il n?était pas apte à travailler avec les commissaires.?

Somduth Nemchand affirme que l?Icac n?est pas tenue d?informer le Corruption Advisory Committee de sa décision. Ses membres en ont été informés par courtoisie et ?ils ont accepté cette décision?, soutient le secrétaire de la commission.

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