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Le Plaza, entre procédures et faits accomplis

3 octobre 2004, 20:00

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Le couperet est tombé vendredi, après une énième péripétie. Le dernier spectacle ? Carri Ledent II de l?École Philarcomique ? a pris fin au Plaza, le dernier jour de septembre. Gag ou élan du moment ? Lindsay Moutien, chef de file de l?École Philarcomique annonce à l?issue de la dernière représentation, que les sketches humoristiques seront prolongés sur trois jours, donc jusqu?à hier dimanche.

Tout penaud, l?inénarrable raconteur de blagues reconnaît : ?Je crois que je me suis laissé emporter. Nous avions fait une demande à la mairie pour avoir l?autorisation de prolonger le spectacle. J?ai vendu la peau de l?ours avant de l?avoir tué en annonçant que nous allions continuer à faire rire le public, cela avant même d?avoir reçu l?aval de la municipalité.?

L?annonce prématurée force le conseil municipal à se réunir jeudi après-midi, cela en l?absence du maire, Patrice Duval, qui est à l?étranger. La décision de fermer le théâtre à partir du 1er octobre est maintenue. Si les fauteuils rouges sont déjà vides, que les coulisses ne résonnent plus des vocalises de chanteurs ou de comédiens en répétition, que la régie reste désespérément dans le noir, ce n?est pas pour autant que les travaux de rénovation aient commencé.

Il y a un plus d?un an ? soit en juin 2003 ? le gouvernement chinois retirait sa proposition de financement des travaux à hauteur de Rs 149 millions. Les termes de la proposition spécifiaient que l?état chinois alignerait les deniers à condition que cela concerne de nouveaux projets et non des plans de rénovation.

Commence alors une longue série d?échange de courriers entre le conseil municipal et son ministère de tutelle : les Administrations régionales. La première demande concerne un prêt de Rs 150 millions, à être garanti par le gouvernement.

L?appel d?offres pour les services de consultant pour les travaux, est lancé en décembre 2003. C?est le cabinet Ramphul Associates Architectes qui a décroché le contrat de consultant pour l?étendue des travaux de rénovation. Le contrat a été signé en février 2004.

Signalons que ce même cabinet avait déjà soumis un rapport sur le projet de réparation et de rénovation en septembre 2002. Un rapport élaboré en collaboration avec le Bureau Étude Bois Ablewood de La Réunion.

Une fois ce rapport en main, le conseil obtient le feu vert pour contracter un emprunt. Le premier appel aux financements est lancé en avril 2004. Un unique soumissionnaire se fera connaître : la Barclays Bank.

Une fois encore, le conseil sollicite l?avis des Administrations régionales. La réponse, datée de juin 2004 est précise. Le ministère de tutelle a consulté ses collègues des Finances, qui considèrent que le conseil municipal de Beau Bassin / Rose-Hill doit annuler l?appel d?offres.

La mairie obtient le feu vert pour la sollicitation de onze banques commerciales. Ce nouvel appel d?offres est lancé en juillet 2004. Il restera ouvert jusqu?au début d?août de cette année.

La mairie a reçu huit offres. Le 8 septembre 2004, elle a informé le ministère des Administrations régionales de la teneur des offres. La balle est maintenant dans le camp du ministère des Finances.

C?est suite à ces recommandations seulement que le conseil municipal pourra lancer des offres pour trouver un entrepreneur qui effectuera les travaux de rénovation. En attendant, la vingtaine d?employés du théâtre a été redéployée et les lieux sont laissés à la merci des intempéries.

HISTORIQUE

Patrimoine sensible au temps

Le théâtre du Plaza a été construit en 1929, selon le rapport de Ramphul Associates Architectes. Il a vu sa construction suite à un concours d?architecture remporté par Pierre de Coulhac Mazérieux et exécuté par Georges Randabel. La première rénovation du théâtre a eu lieu en 1951, soit trente ans après son ouverture. Le Plaza a été classé monument national le 12 février 2003 par le National Museums Board. Il peut contenir 1200 spectateurs, alors que le théâtre de Port-Louis ne peut en accommoder que 600.Toiture en bardeaux, peinture, murs à être décapés au Karcher, sécurité en cas d?incendie sont autant de travaux qui attendent d?être financés.

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