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Le plan d?action pour la canne présenté à la Commission européenne

27 avril 2006, 00:00

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L?Etat a soumis hier après-midi, à la délégation de la Commission européenne, son plan action 2006-2013 pour la réforme du secteur sucrier. Les procédures pour l?obtention de financement en 2006 étant connues, il s?agit maintenant de sécuriser des montants additionnels pour la période 2007 à 2013.

Le document, remis par les soins de la Mauritius Sugar Authority (MSA), accompagné d?une lettre du vice-Premier ministre Rama Sithanen, détaille le projet global du pays pour aboutir à une industrie sucrière viable. Un secteur réformé qui évoluera dans un marché où le prix en Europe aura chuté de 36 % en 2009-2010. La Commission européenne, qui avait fixé la date butoir de la soumission du document au 29 avril, se basera sur cette stratégie pluriannuelle d?adaptation pour financer des projets de développement.

Rien ne change en 2006. L?enveloppe reste à 5,8 millions d?euros pour Maurice, le maximum autorisé (15 %) par les techniciens de la Commission européenne. A l?issue des exercices d?évaluation, ces fonds seront disponibles à la fin de décembre 2006 ou en janvier 2007 au plus tard. Il importe en effet que l?accès à ce montant soit rendu possible au cours de l?année financière 2006-2007.

L?exécution du plan d?action nécessite un financement de Rs 24,4 milliards. Dans le document préparé par la MSA, les cadres et techniciens des ministères des Finances, de l?Agro-industrie et des Services publics avec la collaboration du secteur privé, il est dit que 87 % de ces investissements seront requis avant 2010. ?The amount of funds and the back loading of mode of disbursement thereof currently proposed by the EU are inadequate and inappropriate for the successful outcome of the reform?¸ avait souligné G. Rajapati, directeur de la MSA, à l?occasion dela présentation officielle du plan le 15 avril.

En effet, à ce jour, avec une li-mite de 15 % par pays, Maurice ne pourrait prétendre qu?à Rs 6 milliards de l?enveloppe globale mise à la disposition des pays Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP). ?Deux voies sont souhaitables pour que le pays ait des montants plus conséquents?, avancent les autorités. Actuellement, le montant global des mesures d?accompagnement est de 1,1 milliard d?euros pour la période 2007-2013. D?une part, une majoration de cet item, pour l?ensemble des 18 Etats ACP est souhaitée, entraînant logiquement une hausse de la part mauricienne. Et de l?autre, des lobbyings sont en cours pour que la limite des 15 % soit revue.

?C?est évident. Maurice ne pourra prétendre à 38 % de l?enveloppe pour refléter sa part du quota de sucre ACP exporté vers l?Europe. Il y a la possibilité que le seuil, pénible, de 15 % soit augmenté?, fait ressortir un proche de ce dossier. Tous les efforts sont donc requis auprès des décideurs européens pour influer dans cette direction, à l?avantage des pays comme Maurice qui a été un mo-dèle dans l?utilisation des fonds de développement.

Interrogé à ce propos, le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, évoque l?urgence de ?cerner d?emblée ce montant dans le budget européen?, et d?inclure la possibilité que l?argent non utilisé par d?autres pays récipiendaires soit mis à la disposition de Maurice. ?Nous avons une grande capacité d?absorption?, affirme le ministre. En plus de ces mesures, il y a également le 10e Fonds européen de développement et d?autres sources spécifiques telles que le Water Fund et l?Energy Fund, sans oublier les autres organismes de développement.

La lecture du plan d?action révèle le vaste chantier qui attend les partenaires de l?industrie sucrière : la fermeture de sept établissements, l?octroi de la retraite volontaire à 7 200 employés du secteur, l?investissement dans les centrales thermiques utilisant la bagasse, la production de l?éthanol... Autant de projets qui constitueront un cluster nommé industrie de la canne.

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