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Le Pianiste ou la déshumanisation des Juifs
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Le Pianiste ou la déshumanisation des Juifs
C?est un acte de mémoire et un acte de foi. Saluée par la critique, Le Pianiste de Roman Polanski est une ?uvre majeure, sans doute la plus aboutie de Polanski, justement couronnée de la Palme d?Or cannoise. Le réalisateur de Rosemary?s Baby et de Chinatown, plonge dans son passé meurtri et adapte brillamment l?autobiographie de Wladyslaw Szpilman, virtuose du piano, qui comme lui, a survécu aux ghettos de Varsovie.
La grande force du film, c?est la mise en scène du drame et cette représentation clairvoyante de la déshumanisation progressive des Juifs de Varsovie. A la fin de 1940, des centaines de milliers de Juifs sont faits prisonniers des Nazis. Ils sont recueillis dans des camps de concentration dans des conditions immondes.
Le scénario du film, adapté du livre de Wladyslaw Szpilman par Ronald Harwood, reproduit de façon vivante, de nombreuses scènes de désolation telles qu?elles sont décrites dans le livre. Des 400 000 Juifs amputés de leur humanité, seuls 200 d?entre eux, sont parvenus à survivre à ce cauchemar.
La menace nazie qui pèse chaque jour de plus en plus sur Varsovie, condamne des dizaines de milliers de personnes à la pauvreté, la misère, la maladie et la faim. La caméra n?hésite pas à montrer ces scènes d?une rare violence, sans jamais virer au voyeurisme excessif. Après deux années passées dans les ghettos, les ordres de déportation sont sans appel. Henryk et Halina, les parents de Wladyslaw, n?ont pas encore été convoqués. Refusant d?être séparés, ils se dirigent vers l?Umschlagplatz, l?immense place des déportations. Après, c?est l?horreur.
Survivants du guetto
Avant de se lancer dans l?adaptation du livre de Wladyslaw Szpilman, Roman Polanski consulte des historiens et les quelques survivants du ghetto. Sûr de ses choix, le cinéaste s?attèle à la tâche avec une quasi-dévotion.
Son budget de 35 millions de dollars, lui donne une certaine marche de man?uvre. Le tournage du film débute le 19 février 2001, dans les anciens baraquements de l?armée soviétique à Varsovie. C?est à cet endoit qu?Allan Starski, Oscar des meilleurs décors pour Schlinder?s List, recrée la ville détruite. Certaines rues sont repérées. La banlieue de Varsovie, un quartier résidentiel de Potsdam, devient le quartier général des Allemands, un complexe hospitalier de Belitz en Allemagne de l?Est sert de décor pour les scènes de l?hôpital militaire allemand.
Au milieu de cette terre désabusée, vidée de toute humanité, un homme tente de survivre. Adrien Brody, bouleversant d?authencité, est le survivant solitaire, ce pianiste virtuose, qui pleure la perte des siens. Filmant l?horreur de la déshumanisation d?un peuple, Roman Polanski dote le cinéma d?un témoignage accablant de la Seconde guerre mondiale.
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