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Le passé ne s’oublie pas…
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Le passé ne s’oublie pas…
Il y a de ça des années, les premiers immigrants indiens vinrent habiter le camp sucrier d’Antoinette, à Barlow. Aujourd’hui, plus personne ne s’y trouve. Depuis 20 ans, ils sont tous été transférés à cité Barlow, soit environ deux kilomètres plus loin, où ils vivent paisiblement. Les vieux se souviennent encore de ce passage, bon à être classé dans le carnet des mauvais souvenirs, tant il a été douloureux.
En 1984, le gouvernement décida de rebaptiser le village Antoinette Phooliyar. Et le 2 octobre de cette année-là, une grande fête fut organisée pour célébrer le centenaire de l’arrivée des premiers travailleurs engagés. En 2001, le gouvernement décréta le 2 novembre jour férié.
Chaque année, des anciens habitants de cette localité organisent une cérémonie. Aujourd’hui, trois femmes qui ont vécu dans ce camp se souviennent encore de cette tranche de vie. A 81 ans, Goïmah Maryaye, se rappelle encore la misère subie par les habitants. S’exprimant en bhojpuri, elle raconte qu’après avoir travaillé des années comme laboureur, son époux avait été nommé contremaître (sirdar). Et ce ne fut pas une tâche de tout repos. “Il fallait marcher de longues distances pour aller prendre l’autobus ou pour se rendre à la boutique”, explique-t-elle.
“Condamnés à travailler dans les champs”</B>
Giamah Seethiah, 70 ans, souligne, elle, que malgré toutes les misères, les familles vivaient unies. “On n’entendait pas de disputes ou de querelles entre amis. Il fallait beaucoup travailler pour nourrir nos enfants. Et tristement, nos enfants étaient condamnés à travailler dans les champs comme nous, tant il était difficile de les éduquer à cette époque”. Elle raconte que les gens vivaient dans des maisons en pierre recouvertes de chaume.
Oumadevi Kuppen, la plus jeune des trois (43 ans), garde encore le souvenir de son passage à Antoinette Phooliyar. Bru de Giamah Seethiah, elle se souvient que les enfants devaient marcher plus de deux kilomètres pour se rendre à l’école de Petite-Julie ou de Belle-Vue-Maurel. “C’était difficile d’avoir accès au village par des moyens de transport. Et lorsqu’il y avait des malades nécessitant un transport pour leur déplacement, c’était un véritable casse-tête”, raconte-t-elle.
Néanmoins, ces trois femmes sont aujourd’hui heureuses.
Leur vie a beaucoup changé depuis. Même si tout ne marche pas comme sur des roulettes, elles ont maintenant plus de facilités à Barlow. Que ce soit pour le transport, l’éducation ou leur approvisionnement. Elles sont convaincues que leurs enfants ou petits-enfants auront un avenir meilleur.
A Antoinette Phooliyar, seules des ruines d’anciens bâtiments et un monument en fleur de lotus rappelle qu’il y avait des habitants dans cette localité. C’est le sculpteur Mala Chummun qui avait réalisé ce monument, dévoilé le 2 septembre 1984 par Sir Anerood Jugnauth.
DEVOIR DE MÉMOIRE
<B>L’arrivée des immigrants célébrée à Petit-Raffray </B>
■ Les Forces-vives de Petit-Raffray en collaboration avec l’Aapravasi Ghaat Trust Fund et le Creative Feelings du vilage célébrera les 171 ans de l’arrivée des imigrants indiens le dimanche 6 novembre. Outre une exposition, les organisateurs ont prévu une fête culturelle. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam sera présent à cette fête.
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