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Le partage de recettes entre usiniers et planteurs aggrave le conflit Etat-sucriers

9 avril 2007, 00:00

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Les rapports entre le gouvernement et les sucriers connaissent des obstacles à un moment où la réforme de l?industrie passe à une étape décisive. En sus du conflit sur les terres que réclame le gouvernement, le dossier de l?énergie et le partage des recettes entre usiniers et les petits planteurs sont des sujets potentiellement explosifs.

Le gouvernement a demandé au Management Audit Bureau d?étudier la possibilité d?augmenter la part des petits planteurs dans les revenus découlant de la canne. Dans les milieux des usiniers, cette tentative de revoir le ratio de répartition est vue avec beaucoup d?inquiétudes. ?Déjà avec le ratio existant, les sociétés usinières opèrent à la limite de la rentabilité. Une réduction de leurs revenus risque de mettre en péril les investissements effectués dans l?industrie?, soutient une source proche de la Plantation House.

Cet élément, disent les producteurs sucriers, vient alimenter le climat d?incertitude qui plane sur le secteur et menace les projets de développement, vitaux pour l?avenir de l?industrie.

Les petits planteurs revendiquent une plus grosse part des recettes provenant de la mélasse, par exemple, dans l?optique d?une plus grande valorisation de ce sous-produit. L?éthanol, produit à partir de la mélasse, ouvre de nouvelles opportunités à la culture de la canne. Les planteurs ne veulent pas rater ce train en marche.

L?énergie demeure un dossier conflictuel. Le gouvernement jette les contours de sa stratégie énergétique jusqu?à 2025. L?apport du charbon à la production du courant prend une importance plus stratégique, la bagasse, comme source renouvelable, étant incapable de soutenir la croissance de notre consommation d?électricité dans le long terme.

Le Conseil des ministres a pris note vendredi d?un document retraçant les grandes lignes de la politique d?énergie (Outline of the energy policy) pour la période 2007 à 2025. Ce document sera remis à l?Union européenne (UE) qui fait d?une politique d?énergie cohérente une des conditions au décaissement des mesures d?accompagnement.

Les sucriers veulent voir plus clair dans la séquence de la mise en application de cette feuille de route. Des questions sur les projets de production de courant à partir de bagasse-charbon se posent.

L?hebdomadaire Week-End affirmait hier que, selon l?Outline of the energy policy, les projets de centrale bagasse-charbon pourraient être remis en question au profit des unités roulant exclusivement au charbon.

Alcodis ?exclu?

L?option charbon est contestée sur le plan de la protection de l?environnement. Le leader du Mouvement militant mauricien, Paul Bérenger, l?a commenté lors de son point de presse samedi. Il a fustigé la décision du Central Electricity Board de construire une centrale thermique uniquement à charbon à Pointe-aux-Caves.

La politique cohérente exigée inclut aussi la fabrication de l?éthanol dans le cadre d?un cluster canne à sucre. Ce cluster tarde à être défini. L?opérateur existant, Alcodis, ne fait pas partie d?un groupe sucrier. Cette ?exclusion? contrarie l?émergence d?un cluster au goût de l?UE. La production d?électricité et la fabrication d?éthanol sont deux axes essentiels à la restructuration et à la réorientation de l?industrie sucrière.

Le prix du sucre sur le marché domestique est également une source de problèmes. Les usiniers et les planteurs se voient contraints de le subventionner . La pratique de vendre à un prix inférieur aux coûts de production nuit à un secteur qui fait déjà face à de gros problèmes de rentabilité. L?industrie exige depuis longtemps une hausse des prix.

Les conditions imposées par le gouvernement pour autoriser la fermeture de trois usines, à savoir Mon-Loisir, Mon-Trésor et Riche-en-Eau, ajoutent un nouveau contentieux dans les rapports déjà laborieux entre les autorités et l?establishment sucrier.

Le gouvernement demande à l?ensemble des producteurs de lui céder 1 500 à 2 000 arpents de terres pour réaliser des projets d?inclusion sociale. Les sucriers disent trouver cette requête inappropriée. D?une part, ils critiquent le manque de dialogue à ce sujet. D?autre part, ils estiment inadaptée que cette demande du gouvernement soit faite auprès de l?ensemble des producteurs. Alors que la fermeture de trois usines seulement est en question.

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