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?Le parapublic souffre d?une administration sans vision?

9 juin 2006, 00:00

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Les organismes parapublics sont-ils nécessairement inefficients ?

C?est une mauvaise perception qui traduit une méconnaissance de ce qu?est un organisme parapublic. Celui-ci est créé dans un esprit de service public. Il existe pour offrir des services gratuitement ou à un prix lourdement subventionné. Le profit n?est pas sa priorité. Cela ne veut pas dire qu?il doive être déficitaire. Les organismes parapublics sont redevables envers le Parlement.

Mais la majorité n?est pas des modèles d?efficience.

Si tel est le cas, il faut bien comprendre pourquoi on en est là. Ces organisations souffrent d?une administration faible, sans vision et sans ambition. On a tendance à occulter ce fait et jeter toute la responsabilité des dysfonctionnements sur les travailleurs. Ce sont eux qui paient les pots cassés.

Qu?est-ce qui vous fait dire que les administrations sont inaptes ?

J?ai fait partie de quelques conseils d?administration en tant que syndicaliste et souvent cette instance ne se réunit que pour la forme. Les membres se contentent d?être présents et d?empocher les Rs 400 d?allocation par séance. Ils sont incapables de réfléchir à l?avenir ou sont des paresseux.

Qu?est-ce qui incite à cette paresse, comme vous dites ?

Tout dépend de la qualité des hommes. Certains ne comprennent rien au secteur où ils ont été parachutés. D?autres se moquent de l?avancement de l?organisation et ne font que jouir de leur statut. Prenez l?exemple du Sugar Industry Labour Welfare Fund, dont je suis membre du board. Précédemment, toutes nos propositions pour dynamiser cet organisme tombaient dans l?oreille de sourds. Le conseil ne voulait pas travailler et nos projets étaient systématiquement repris par le ministère de la Femme et celui de la Jeunesse. Ce n?est que récemment que les choses ont commencé à changer.

Un directeur bien rodé et compétent peut-il aider à atténuer cette carrence ?

Le double drame des organismes parapublics est que très souvent le management n?est qu?un rubber stamp pour les décisions du conseil d?administration. Il est incapable de décision et soumet tout, jusqu?au paiement des heures supplémentaires, à l?approbation du board. Résultat, cette instance se retrouve à gérer le quotidien de l?entreprise, rôle qui a priori n?est pas le sien. Comment s?attendre qu?une telle direction puisse guider le conseil dans la prise de décisions stratégiques ?

Jusqu?où les politiques sont-ils responsables de cet état des choses ?

Ils en ont l?entière responsabilité. Ce sont eux qui privilégient l?allégeance politique à la compétence lors du recrutement aux postes clés. Ce sont encore eux qui font exploser le budget pour les honoraires de ces entités en les pressant de recruter toujours plus et souvent pas les plus qualifiés. Je n?ai rien contre les nominations politiques. A condition qu?une fois nommée, la personne oublie la politique et donne le meilleur d?elle-même au travail. Et qu?elle soit taillée pour le travail qui lui a été confié?

Les employés ne sont sûrement pas tous des enfants de ch?ur ?

C?est vrai. Mais, je tiendrai les politiciens davantage responsables. En parrainant le recrutement de leurs sympathisants, ils confèrent à ces derniers un sentiment de pouvoir qu?ils n?hésitent pas à utiliser contre leurs supérieurs. Notre syndicat blâme inconditionnellement de tels comportements. Il m?est arrivé de dénoncer un tel potentat et je suis satisfait qu?il ait été dûment remis à sa place par le ministre concerné. Nous dénonçons les salariés malhonnêtes. Mais il ne faut pas juger tous les employés des organismes parapublics d?après des brebis galeuses.

Vous avez milité pour que les attributions des organismes parapublics soient régulièrement mises à jour. Cela présuppose l?élimination de certains d?entre eux.

Depuis 1993, je demande au gouvernement de s?assurer que le mission statement de chaque institution parapublique soit mis à jour régulièrement. Quand le gouvernement fermait la Central Housing Authority, j?avançais que cette fermeture aurait pu être évitée si on avait procédé à cette mise à jour. A la suite de nos plaintes, sir Anerood Jugnauth, le Premier ministre d?alors, avait institué une commission sous la présidence du juge Proag pour s?en occuper. Mais en vain. Des années après, le ministre Vasant Bunwaree avait pris un engagement similaire. Sans résultat. J?estime que ma demande est toujours pertinente.

La mise à jour peut donc mener à la fermeture.

Pas nécessairement. On peut réorienter une organisation et reclasser ses employés. Dans le cas de la DWC, cela aurait été facile à faire car les salariés sont tous polyvalents. On aurait pu les envoyer prêter main-forte dans les hôpitaux et les écoles.

Quelles sont vos propositions pour améliorer l?efficience du parapublic ?

On aurait pu rationaliser des dépenses comme l?approvisionnement en équipements et l?entretien. Si toutes les organisations se regroupaient pour cela, elles feraient des économies. Il y a des dizaines de moyens comme celui-là. Il suffit de vouloir.

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