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Le Noël endeuillé de Basanti
La veillée mortuaire s?est prolongée au domicile des Seekunto, à St-Julien d?Hotman. Ce mercredi, cela fait quatre jours qu?ils ont appris par un journaliste de l?express que l?un des leurs, ainsi que sa famille, ne sont plus.
Aux petites heures samedi dernier, la maison surchargée de décorations de Deokumar, le cadet de la famille, s?est embrasée à Hayes, dans l?ouest de Londres, où il s?était installé depuis des années. Le malheureux n?avait que 41 ans et il a péri aux côtés de sa femme, Youshmatee, 34 ans, ? née Bhunjun ? et de ses trois enfants, Prithvi, 9 ans, Manish, 4 ans et Urvashi, deux ans.
La mère de Deokumar, Basanti, 62 ans, ne parvient toujours pas accepter le drame qui s?est joué à des kilomètres de chez elle. En larmes, elle se repasse les photos de ses petits-enfants chéris qu?elle ne reverra plus. Même si elle a perdu son fils et sa belle-fille, c?est bien pour ces trois-là que son c?ur saigne davantage.
« Mo leker pli fermal pu sa troi piti la? Narien zot pann kone dan lavi. Pa kone komie zot finn soufer, komie zot finn kriye avan zot inn mor », souffle-t-elle à ses proches et amis réunis dans le malheur. Une liasse de photos en main, elle cherche ce cliché où tous trois sont ensemble, souriants, pleins de vie.
Aux journalistes venus la rencontrer, Basanti montre ses photos, part chercher celles qui sont encadrées dans sa chambre. Elle veut donner la plus belle à publier, afin que l?on montre à quel point ses petits-enfants étaient adorables.
Le brasier a rendu les corps méconnaissables
Les jours défilent et Basanti s?interroge. Quand est-ce que les autorités britanniques vont-elles rendre les dépouilles des disparus à ses deux fils, Rajesh et Gunman ? partis les aider à l?identification ADN ? afin que la famille entame les rites funéraires ? Il faut bien que des prières soient dites pour le repos de leurs âmes?
Basanti a le c?ur lourd. Les préparatifs pour les fêtes de fin d?année avaient pourtant bien débuté pour Deokumar. Comme chaque année, il avait orné sa maison de décorations de Noël.
C?était la coutume là-bas, mais c?était aussi pour faire plaisir aux enfants. Ils avaient bien droit à leur fête? « Leur maison avait été décorée depuis des jours. Ils avaient un Père Noël et un renne qu?ils laissaient allumé jusqu?à fort tard dans la nuit », raconte un voisin, Michael Campbell, 44 ans, au Times.
Comme tout le monde, la vieille dame a appris dans les médias que ce sont sans doute ces décorations, situées à l?extérieur et à l?intérieur de la maison, qui sont à l?origine de l?incendie qui vient de dévaster son existence. L?intensité du feu était telle qu?il ne restait plus rien à l?intérieur de la maison, située dans un cul de sac, à Willenhall Drive.
Le brasier a rendu les corps des défunts méconnaissables. C?est pour cette raison que les frères Seekunto se sont rendus à Londres, afin de procéder à l?identification par ADN. Mais les corps des disparus sont dans un tel état que les experts médico-légaux sont difficilement parvenus à trouver un tissu sain sur eux, voire un peu de salive, pour la comparaison.
Ce samedi fatidique, tout s?est joué aux alentours de trois heures. Réveillée pour nourrir son bébé, Isabelle Kilflie, une voisine d?origine colombienne, raconte à quel point c?était terrible. Le feu était si intense que les fenêtres explosaient. En un mot, c?était l?enfer.
Les voisins, qui voulaient intervenir avec un tuyau d?arrosage, n?ont rien pu faire. La chaleur les en empêchait. Et il a fallu deux bonnes heures à 20 sapeurs-pompiers de Hillingdon, de Southall et de Heathrow pour venir à bout des flammes.
Lorsque les soldats du feu sont enfin parvenus dans la maison, le spectacle a bouleversé ces hommes pourtant aguerris. Un enfant se trouvait au rez-de-chaussée avec les parents. Les deux autres étaient à l?étage, tous morts. L?un des pompiers dira au Times que c?était le pire incendie domestique que ses collègues et lui aient jamais vu.
Le choc à Willenhall Drive
Et c?est le choc à Willenhall Drive. Les Seekunto étaient connus pour leur gentillesse. Ils disaient toujours bonjour, se souvient leur voisine Isabelle Kilflie, 31 ans. Ce qui la rend plus triste, c?est que Prithvi, l?aînée des enfants, venait souvent la voir.
L?enquête de la London Fire Brigade et de la police de Hillingdon révèle qu?il n?y rien de criminel dans cet incendie. Ce sont sans doute les lumières placés sur le sapin qui seraient à l?origine du drame.
Rien n?a été laissé de côté, et des analyses sont toujours en cours. Il faudra encore des jours, selon les pompiers, pour connaître les raisons du drame, à cause son extreme nature.
L?aîné des Seekunto, Gunman, lui, espère donc que les autorités lui disent ce qui s?est passé à Willenhall Drive.
Jeudi, tout comme une s?ur de Youshmatee, il attendait toujours que le service médico-légal certifie que les corps sont bien ceux de son frère, sa belle-s?ur et ses nièces et neveu.
Dire qu?il y a douze sans, Deokumar avait tout quitté à Maurice, faute de trouver un emploi, pour se faire une place au soleil dans les brumes de Londres.
Sa femme et lui-même travaillaient alors pour les cafétérias Starbuck à l?aéroport de Heathrow.
Ils ne menaient pas un grand train de vie, mais c?était bien mieux qu?à Maurice. Entre-temps, devenue secrétaire d?un avocat, Youshmatee avait décidé, à la naissance du troisième enfant, de mettre sa carrière de côté pour se consacrer à leurs enfants.
Deokumar gagnait bien sa vie, ayant été promu Supervisor dans un magasin à l?aéroport d?Heathrow. Leur vie, réglée comme du papier à musique, s?est soudain arrêtée un matin, à six jours de Noël.
Leurs funérailles auront lieu à Londres, cela coûterait trop cher à la famille de les rapatrier et Gunman et Rajesh ne veulent pas que leur vieille mère endure davantage? Rajesh est aussi affecté que sa mère car son aîné lui avait demandé de rester pour les fêtes. Il étudiait là-bas et a voulu rentrer. Comme Basanti, il lui reste désormais des photos pour se rappeler de son frère et de sa famille.
La prudence est de mise pour les fêtes
Ne jouez pas avec le feu. Il suffit d?une étincelle et tout est perdu. Pour les fêtes, un maximum de prudence est exigé pour éviter un drame. En cette période sèche, si vous habitez une région où il y des maisons avec des toits en chaume, des terrains boisés ou des champs de canne, allumez vos pétards et autres feux d?artifice aussi loin que possible pour ne pas être responsable d?un incendie, conseille le chef des pompiers, Rajcoomar Ram.
En lançant une de ces fusées éclairantes, laissez- la filer à la verticale et non en biais. Attention aussi aux pétards car les brûlures peuvent être parfois mortelles. Surveillez les enfants lorsqu?ils les manipulent, même s?ils n?utilisent qu?un banal sandal car un accident est si vite arrivé. Pour les décorations de Noël, sur le sapin surtout, évitez la surchauffe en les branchant avec d?autres appareils sur une même prise. Ne surchargez pas non plus votre sapin avec des « illuminations ».
Un sapin en plastique présente encore plus de risques s?il est bardé d?ampoules. Enfin, lorsque vous allumez votre appareil à barbecue, assurez-vous qu?aucun produit inflammable ne se trouve à proximité. Et de grâce, ne jetez pas vos charbons ardents n?importe où. Si vous êtes à la plage et que l?envie vous prend d?allumer un feu, ne le faites pas sous un arbre, vous allez le carboniser et vous risquez une amende.
Si jamais il y a un problème, n?oubliez pas le numéro des pompiers qui sont en alerte 24 heures sur 24 en cette période de fêtes.
Un brûlé grave à Ph?nix
Près de 5 000 incendies se produisent chaque année à Maurice. Ainsi, cette semaine, le feu a éclaté dans la maison de Loganaden Vythilingum, 39 ans, à Petit-Camp, Ph?nix, lundi. Le malheureux a été retrouvé inconscient par les pompiers de Curepipe et il est toujours sous observation au service des grands brûlés de l?hôpital Candos. Son état est jugé sérieux.
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