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Le nouveau pouvoir s?installe dans un climat de terreur
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Le nouveau pouvoir s?installe dans un climat de terreur
A peine installé à la tête de l?Etat irakien, le nouveau président irakien, Ghazi Al-Yaouar, est confronté aux attaques quotidiennes contre les forces de la coalition et les bâtiments publics. A Bagdad, l?explosion d?une voiture mercredi dans un quartier très fréquenté du nord de la capitale a fait au moins cinq morts et plus de 35 blessés, selon la police et des responsables hospitaliers.
Selon des témoins, une première explosion de faible puissance a eu lieu peu après le passage d?un convoi militaire américain, blessant une femme. Quelques instants plus tard, alors que des dizaines de personnes accouraient pour lui porter secours, une deuxième déflagration s?est produite, beaucoup plus puissante et plus meurtrière. Abdoul Basset Fasi, médecin à l?hôpital Al Namoun, a déclaré que cinq personnes avaient été tuées et 37 autres blessées.
A Koufa, près de la ville sainte de Nadjaf, une personne a été tuée et 21 autres ont été blessées dans des affrontements mercredi entre miliciens chiites de Moqtada Sadr et les forces américaines, selon une source hospitalière. ?Nous avons reçu un tué et 21 blessés mercredi?, a affirmé Hamza Jabr Mohammad, médecin aux urgences de l?hôpital Al-Fourat Al-Awsat à Koufa. Les accrochages ont eu lieu près de deux mosquées ainsi que dans le centre de la ville. Trois voitures civiles ont brûlé dans les heurts.
Mardi, au moins trois personnes avaient été tuées et une vingtaine d?autres blessées dans une explosion probablement due à une voiture piégée devant le siège du parti kurde UPK à Bagdad. Au moins onze Irakiens avaient en outre trouvé la mort dans un autre attentat à la voiture piégée mardi au nord de la capitale irakienne.
La chaîne de télévision Al Arabia a de son côté diffusé mercredi un enregistrement vidéo dans lequel un mouvement irakien menace d?exécuter deux otages turc et égyptien faute d?une condamnation de la présence américaine de la part d?Ankara et du Caire. ?La mort sera leur destin si leurs gouvernements ne condamnent pas l?occupation?, déclare un homme masqué et armé devant les deux otages qui tiennent leur passeport à la main.
?Je voudrais saisir les ambitions et les rêves des Irakiens et jeter les bases d?un nouvel Irak?, a affirmé M. Yaouar dans un entretien au quotidien Al-Mada à paraître jeudi. ?Ma grande ambition est de satisfaire les objectifs de tous les Irakiens : le retour à la sécurité et à la stabilité, sans lequel aucun progrès ne peut être fait dans les autres domaines?.
Ce chef tribal sunnite et hommes d?affaires, originaire de la ville septentrionale de Mossoul, a été choisi mardi comme le premier président après la chute de l?ancien dictateur Saddam Hussein. Bien que ce poste ait beaucoup moins de pouvoirs qu?à l?époque de son prédécesseur, il reste prestigieux aux yeux des Irakiens.
?Une réconciliation nationale totale est essentielle pour reconstruire le nouvel Irak?, a affirmé M. Yaouar. ?Cela veut dire qu?il faut réparer le tissu social sans esprit de revanche à travers des élections directes, libres et honnêtes?, a-t-il dit.
Selon lui, beaucoup qui ont travaillé ?à la lisière de l?ancien régime? et n?ont pas commis de crimes ?doivent être réintégrés dans le nouvel Irak?. Mais, a-t-il insisté, ?la réconciliation ne signifie pas que ceux qui ont commis des crimes contre leur peuple seront pardonnés d?un revers de main. C?est un travail difficile et compliqué qui peut, dans certains cas, heurter les familles des victimes de l?ancien régime mais c?est une tâche honorable qui servira en fin de compte la nation entière.?
<B>Le Monde News Service</B>
AL-JAZIRA
<B>Nouvelle vidéo montrant les otages italiens en Irak</B>
- Les trois Italiens pris en otages en Irak réapparaissent sur une vidéo. C?est la chaîne de télévision du Qatar, Al-Jazira, qui a diffusé la première les images qui auraient été filmées le 31 mai. Les trois hommes avaient été enlevés le 12 avril dernier avec un autre compatriote, Fabrizio Quattrocchi, exécuté deux jours après par les ravisseurs. Selon Al-Jazira, l?un d?entre eux délivre un message : ?Nous disons au gouvernement, au pape et à nos familles que nous avons été traités de bonne façon jusqu?à maintenant, déclare-t-il, et que nous allons bien.?
Une vidéo qui n?est pas fournie par les preneurs d?otages à cette date par hasard : le président américain George W. Bush est attendu justement à Rome, à l?occasion d?une visite en Europe pour le 60ème anniversaire du débarquement.Les pacifistes italiens n?ont pas attendu pour manifester dans la capitale. Mercredi, ils ont déployé leurs drapeaux arc-en-ciel et ont organisé des actions symboliques. ?Nous ne voulons pas que Bush vienne ici, dit une militante, car il représente la guerre?. Comme fin avril, les ravisseurs appellent la population italienne à protester contre la politique du président Bush en Irak. Mais cette fois sans menacer de tuer leurs otages si cette population ne bouge pas.
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