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Le Nigeria à la rescousse du Liberia

11 juillet 2003, 20:00

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Pour la visite du président américain, George W. Bush, le Nigeria a annoncé l?envoi d?un contingent de soldats au Liberia dans le cadre d?une force de maintien de la paix à laquelle les Etats-Unis sont fortement incités à participer. L?armée nigériane s?est déclarée prête à dépêcher deux bataillons constituant le gros d?un déploiement initial, après avoir obtenu l?accord conditionnel du Sénat pour l?envoi de 2 000 soldats au Liberia, ravagé par 14 ans de guerre. «Je pense que la force pourrait être sur place d?ici deux semaines», a déclaré à Reuters le porte-parole de l?armée nigériane, le colonel Emeka Onwuamaegbu. «Nous sommes prêts.»

La question du Liberia, dont le président Charles Taylor a cédé aux pressions américaines et a accepté de se retirer du pouvoir, en posant toutefois comme condition préalable l?envoi d?une force internationale, devrait dominer la dernière escale de la tournée africaine de Bush de cinq jours, même si la question du pétrole devrait également figurer en bonne place.

Bush a promis que les Etats-Unis allaient jouer un rôle dans le rétablissement de la paix au Liberia. Il n?a toutefois toujours pas décidé si des troupes américaines seraient dépêchées dans ce pays fondé au XIXe siècle par des esclaves américains affranchis. Mais pour des responsables à Abuja, l?implication du Nigeria au Liberia devrait beaucoup peser dans la balance. A Pretoria, où Bush passait la nuit jeudi avant de partir pour l?Ouganda, Colin Powell a indiqué que le chef de la Maison-Blanche serait en mesure de prendre sa décision dans les jours qui viennent.

NOUVEAU PAS VERS UNE INTERVENTION AMERICAINE

Selon des diplomates régionaux, les Etats-Unis auraient déjà accepté d?apporter un soutien logistique afin de permettre aux soldats nigérians, ghanéens et maliens qui vont composer la force ouest-africaine de maintien de la paix, de se rendre rapidement sur les lieux. Pour l?un d?eux, Washington aurait déjà mis sur la table dix millions de dollars. Le Nigeria souhaite aussi obtenir une compensation pour son implication au Liberia entre 1990 et 1997. Abuja avait alors envoyé jusqu?à 10 000 soldats, dont des centaines avaient été tués, sans parvenir pour autant à ramener le calme.

Washington a franchi une étape supplémentaire vers une intervention. Une délégation américaine a rencontré au Ghana des officiers qui tentent d?élaborer un plan pour l?envoi d?une force d?urgence.

Quant à la mission d?experts arrivée lundi à Monrovia pour rendre compte de la situation sur le terrain, elle a visité un camp de réfugiés, escortée à nouveau, comme à chacun de ses déplacements, par de nombreux manifestants favorables à l?arrivée en masse des Américains aux cris de «We Want Peace».

Taylor a déclaré lui aussi, à Reuters, qu?il était favorable à une intervention américaine. «Je pense qu?une opportunité existe aujourd?hui» a-t-il déclaré, regrettant toutefois la fermeté affichée par Bush pour qu?il parte.

Il a ajouté qu?il souhaitait que la force internationale soit composée de troupes africaines, mais que la direction américaine soit «importante».Taylor, qui est poursuivi pour crimes de guerre par un tribunal spécial des Nations Unies au Sierra Leone, a aussi averti que la paix ne pourrait pas revenir au Liberia si la direction d?un gouvernement de transition était confiée à certains de ses opposants politiques.

<B>Le coût humain de la guerre</B>

Les conseillers militaires américains envoyés au Liberia ont visité un hôpital détruit par les combats. Dans l?hôpital John F. Kennedy, toujours en partie détruit par la guerre civile qui s?est tenue entre 1989 et 1996, des patients touchés par des tirs ont été entassés dans des salles réaménagées, certains dormants sur des matelas posés à même le sol. Durant les derniers moments de combat, des civils et des combattants des deux côtés, blessés, ont été transportés ici, certains toujours armés.

«Ils ont des armes, et vous ne savez pas s?ils vont les utiliser», a expliqué le directeur de l?hôpital Beuford Taylor. Les 32 membres de l?équipe américaine d?experts en affaires civiles et dans le domaine de la sécurité sont arrivés lundi avec pour mission d?évaluer les conditions de sécurité au Liberia et les besoins humanitaires de la population de 3 millions d?habitants.

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