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Le mythe de Cambridge

29 janvier 2008, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

La revendication en faveur d?une subvention des frais d?examens devient bruyante. L?Etat a déjà promis un soutien financier à environ 9 000 candidats issus de familles modestes, mais c?est jugé insuffisant. Des voix s?élèvent pour que l?ensemble des élèves participant à ces examens bénéficient d?une subvention à hauteur de 50 %. C?est déraisonnable. Il faut des magiciens, et non des gestionnaires, au pouvoir s?il faut généraliser la gratuité et les subventions des services de l?enseignement.

En fait, le problème des frais d?examens est mal posé par les agitateurs de rue. Ces derniers contribuent à étourdir l?opinion en enfermant le débat dans la logique des subventions. Ils refusent d?envisager des alternatives à Cambridge qui coûteraient moins cher. Pourtant, à terme, la solution c?est de confier l?organisation des examens du secondaire à une institution nationale.

Tous les pays du Commonwealth ont rompu leurs liens avec Cambridge, sauf deux : Maurice et Singapour. Les anciennes colonies de Sa Majesté ont développé, après l?indépendance, leurs propres programmes scolaires et systèmes d?examen. Elles ont négocié la reconnaissance de leurs diplômes nationaux et obtenu que des universités prestigieuses puissent accueillir leurs ressortissants sur la base de ces diplômes. Chez nous, le mythe de Cambridge a la vie dure. Beaucoup de parents pensent que leurs enfants n?auront plus de débouchés à l?étranger sans un diplôme de cette université particulière. C?est évidemment faux.

La résistance des parents est liée à la peur (infondée) de ne plus pouvoir envoyer leurs enfants à l?étranger si les études secondaires sont sanctionnées par un diplôme local. Cela est absurde d?autant plus que ce n?est qu?une petite poignée de détenteurs du HSC qui est concernée par les études à l?étranger. La grande majorité des jeunes qui poursuivent des études supérieures s?inscrivent à l?université de Maurice. Et les diplômes de notre université ouvrent bien grandes les portes des universités britanniques à ceux qui veulent continuer jusqu?à la maîtrise ou le doctorat. Les équivalences ont été négociées par l?université de Réduit.

Une mauricianisation des examens allégerait le fardeau des parents et, surtout, permettra d?introduire plus de souplesse dans la définition des matières à enseigner et les programmes d?études du secondaire. Pour l?heure, la tutelle de Cambridge nous prive de la possibilité de revoir le contenu de l?enseignement pour l?adapter au contexte local. L?architecture globale du cycle secondaire demeure de conception britannique même si Cambridge nous autorise à injecter de petites doses de contenu local dans des épreuves telles que la littérature ou les langues orientales. Il va de soi qu?une institution étrangère ne peut tenir compte des orientations de notre économie pour offrir des disciplines adaptées.

Prem Burton, ancien directeur de la PSSA, met le doigt sur un problème sérieux quand il dit qu?il faut avoir recours à Cambridge parce que nos institutions n?inspirent pas confiance. Un bel argument à méditer à l?approche du 1er février et du 12 mars.

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