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Le mystère Khadaroo à être élucidé onze ans après

30 avril 2004, 20:00

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Mardi 27 avril 1993. Abdool Raouf Khadaroo quitte la prison centrale de Beau-Bassin après avoir purgé deux ans de prison pour une affaire de drogue. Le même jour, il est découvert mort chez lui à la rue Périmbé, Plaine-Verte. L?autopsie pratiquée par feu Dr Indredeo Sohun, médecin légiste, révèle qu?il est mort par overdose. Déjà à la prison, il craignait pour sa sécurité. Le jour de son arrestation en possession de 28 doses d?héroïne, il avait incriminé un dénommé Deelchand comme étant le fournisseur de cette drogue.

Les proches de Raouf Khadaroo pensent que ce dernier a connu le même sort que Parvez Damree, mort par overdose à la route Nicolay, à Port-Louis, le 29 juillet 1996. Les faits dans ces deux cas sont si troublants, estiment les proches des deux victimes, que l?une enquête pour faire la lumière sur toute l?affaire mérite d?être reouverte.

Le mystère qui plane encore sur des disparitions, des morts inexpliquées par overdose et diverses agressions dans lesquelles l?enquête policière n?a pas abouti, pourrait être dissipé par l?enquête de l?Anti-Drug & Smuggling Unit (Adsu) impliquant le notaire Vinay Deelchand, qui en serait le cerveau présumé.

Chez les Khadaroo à la rue Périmbé, c?était la fête le 27 avril 1993. Depuis le matin, on se préparaît à accueillir le retour de Raouf à la maison, après deux ans d?absence. Vers 15 heures, trois individus sont venus lui rendre visite. Moins de deux heures après, Raouf Khadaroo est trouvé mort. Il était marié et père de deux fils. C?est son épouse qui a fait la découverte macabre en rentrant à la maison.

LE FOURNISSEUR N?A JAMAIS ÉTÉ ARRÉTÉ

Raouf Khadaroo avait été arrêté à proximité de sa maison par l?Adsu en possession de 28 doses d?héroïne. Le fournisseur de la drogue dont il avait balancé le nom à la police n?a jamais été arrêté, selon son frère Azad. Mais l?enquête a abouti à l?arrestation du Rosehillien, Vel Mootoosamy, alias Chicot Brûlé.

Depuis cette date, Raouf Khadaroo vivait dans la peur. Il savait qu?on allait lui faire la peau. Azad Khadaroo, avait alors approché Ally Lazer, président de l?Association de travailleurs sociaux, pour lui faire part de l?appréhension de son frère.

Raouf Khadaroo, selon son frère, voulait quitter l?univers de la drogue. Pour cela, il avait l?appui de toute sa famille. Ce repenti, qui connaissait Ally Lazer, avait pris la ferme résolution de dénoncer ceux impliqués dans le commerce de la mort.

Le premier jour de son arrivée à la prison, il avait été informé : «To zafer pa pou bon tonn denons Deelchand.» Il avait été constamment menacé pendant son incarcération.

Aujourd?hui, Azad Khadaroo est révolté et demande la réouverture du dossier de police pour faire toute la lumière sur cette affaire de drogue. Il demande que le vrai coupable paie pour la mort de son frère. Avec l?aide d?Ally Lazer, il se dit déterminé à mener un combat pour que la vérité éclate.

Azad Khadaroo se rappelle encore que le jour du décès de son frère, et quelques jours après, il a essayé en vain de consigner une déposition à la police de Plaine-Verte pour faire état de la présence de trois inconnus chez lui le matin. Selon Ally Lazer et Azad Khadaroo, des démarches entreprises pour qu?une enquête approfondie soit faite dans cette affaire n?ont rien donné.

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