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Le mystère des allergies au «Mauritius College» s?épaissit

30 mai 2008, 00:00

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Les tests faits par le ministère de la Santé n?ont rien révélé. La cause de la centaine de collégiennes affectées par une soi-disant allergie au Mauritius College demeure sans réponse. Ne niant pas que des allergies ont perturbé les classes depuis vendredi dernier, les autorités n?excluent pas que certaines élèves aient un peu exagéré les faits.

L?odeur d?eau de Javel est omniprésente. Une bonne dizaine de personnes s?affairent à tout nettoyer de fond en comble. Hier, rien n?a été laissé au hasard. Salles de classe, tableaux, chaises, pupitres, tout y est passé. Même les rideaux ont été lavés et mis à sécher au grand air. «Nous avons tout nettoyé de fond en comble pour que l?école puisse être totalement fonctionnelle dès lundi», explique Kavita Chummun, assistante-rectrice.

Il fallait bien ça après les trois jours (vendredi, lundi et mardi) durant lesquels les élèves ont été aux prises avec des allergies. Au total, une centaine de collégiennes auront été envoyées à l?hôpital Victoria, à Candos.

Mais l?origine du problème reste inconnue. «Les résultats des tests sanguins n?ont pas été concluants. Nous n?avons pas réussi à déterminer l?origine du problème. Quant aux échantillons de poussière, ils ont révélé la présence d?acariens, mais de là à dire que c?est ça la cause, c?est un peu un argument tiré par les cheveux», affirme une source officielle du ministère de la Santé.

Les acariens, arachnides microscopiques qu?on retrouve dans les meubles, les matelas, les sofas, etc. ne peuvent cependant pas déclencher des allergies subites en grand nombre comme au Mauritius College.

En revanche, certains ont une idée sur ce qui a pu se passer. Aux ministères de l?Education et de la Santé, l?on confie qu?il n?est pas exclu que certaines élèves aient fait semblant ou aient exagéré la vérité. «Sur place, c?était visible que des filles prenaient cela à la rigolade, mais à mesure que nous nous approchions d?elles, les supposées allergies devenaient plus sérieuses», indique un proche du dossier. Il fait remarquer qu?aucun membre du personnel n?a été affecté.

Reste qu?il y a quand même eu des cas réels, que personne ne remet en cause. «Quelque chose a en effet déclenché une allergie chez certaines, mais d?autres auraient pu se laisser contaminer par un genre d?hystérie collective alors que d?autres ont pu se laisser aller à exagérer un peu», confie-t-on au ministère de l?Education.

Certaines élèves du Mauritius College ne nient pas cela. «C?est très possible. Quelques filles ont possiblement fait semblant, mais personnellement j?en ai quand même vu quelques-unes qui avaient des boutons, des rougeurs et qui se grattaient tellement qu?elles en pleuraient», témoigne une élève de Form V.

L?affaire débute vendredi matin avec quatre élèves qui ont des symptômes d?allergie. Au courant de la journée, d?autres disent se sentir mal. Au total, la direction enverra 28 collégiennes à l?hôpital. Lundi, récidive. Une trentaine d?autres se retrouvent à l?hôpital. Quelques-unes reçoivent des injections contre des allergies alors qu?un grand nombre se voit administrer du sirop Piriton.

Chez ces dernières, les médecins ne décèlent rien de particulier. Seules deux sont admises pour observation puisqu?elles avaient des antécédents.

Mardi, une quarantaine de cas sont signalés. La direction du Mauritius College ferme alors le département des filles le lendemain, mercredi, afin de nettoyer et pour permettre aux officiers du gouvernement d?enquêter. Hier et aujourd?hui, le collège était fermé pour cause de «mid-term break».

LE MANAGER DIT AVOIR FAIT LE NECESSAIRE

■ «Le ministère de la Santé m?a dit que rien n?a été détecté et que l?origine des allergies n?a pu être établie. Je lui ai demandé de me faire avoir un rapport», déclare Rajiv Roy, manager du «Mauritius College». Ce document officiel devrait être remis aujourd?hui. Il indique avoir pris toutes les mesures nécessaires afin de permettre une rentrée des classes, lundi, dans des conditions normales. Des élèves soupçonnaient qu?un tronc d?arbre en décomposition situé dans un terrain en friche à l?arrière du collège aurait pu être à l?origine des troubles, mais le manager affirme avoir fait venir un spécialiste pour prélever des échantillons à des fins d?examens. «Ces échantillons indiquent que l?arbre ne peut être à l?origine des allergies.»

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