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Le mystère à trois pistes

31 juillet 2004, 20:00

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Le quadricolore qui flottait au sommet de Grand Bay Store (GBS) est à terre. Son mât est tordu par l?explosion qui a fait deux morts, une douzaine de blessés et d?importants dégâts matériels. Sur les lieux du sinistre, dimanche, le Premier ministre, Paul Bérenger, s?est voulu rassurant, affirmant que « jusqu?à preuve du contraire » la thèse à privilégier est celle de l?accident.

Au Parlement mardi, il l?a répété à la Private Notice Question (PNQ) de Navin Ramgoolam, le chef de l?opposition. Mais pendant la semaine, la police n?avait pas encore recueilli d?indice pouvant attribuer l?explosion au gaz. La bonbonne géante récupérée sur les lieux et qui aurait pu expliquer cette déflagration était quasiment pleine. Un ingénieur d?Elf Maurigas habitant le voisinage l?a confirmé.

Les limiers de différentes équipes de la police criminelle sont sur la brèche, sous la houlette du surintendant Clifford Parsad de la Major Crime Investigation Team (MCIT). Le sabotage et la vendetta ne sont pas épargnés. « Nou cone pas accident mai pa gaz oussi sa », confie un enquêteur qui joue tout de même la carte de la prudence en attendant les résultats d?analyse du Forensic Science Laboratory (FSL). Un deuxième officier confirme que la thèse du sabotage est envisagée. Vu l?ampleur de dégâts, des explosifs ont peut-être été utilisés. Des débris ont perforé des bâtiments attenants et certains ont même atteint la plage publique, à plus de 100 mètres de là.

« Le gaz n?aurait pas pu provoquer un tel chaos. Nous recherchons toujours des indices dans les décombres. C?est peut-être des détonateurs qui sont à l?origine du drame », suggère un autre limier. L?expertise du FBI pourrait être d?une aide précieuse.

Les déclarations de Pascal Tsin, gérant du GBS ; de Benoît Ducray, le propriétaire du restaurant La Langouste Grisée ; et de l?industriel Ajay Beegoo, sont parmi les plus importants d?une centaine de témoignages recueillis. Ces trois entrepreneurs nous déclaraient néanmoins vendredi soir ne pas avoir eu d?ennuis récemment.

Le service de renseignements est sur les dents. Les agents du National Security Service (NSS) sont à la recherche de la moindre information sur le terrain, même la plu saugrenue. Ils auraient ainsi appris qu?un ancien haut fonctionnaire possédant un appartement dans le complexe Sunset Boulevard aurait menacé plus d?une fois, sous l?influence de l?alcool, de « fer eclate » l?immeuble de GBS à cause du tapage nocturne.

Le NSS s?est aussi intéressé à un groupe actif dans la capitale qui a tenu une réunion non loin de Grand-Baie le soir précédant le drame. « Bizin discard sa deux informations la », confie un membre de la MCIT.

Mais avant de tirer des conclusions, la police attend les conclusions du FSL. Celles-ci ne seront disponibles que dans le courant de la semaine. Les enquêteurs attendent par exemple les résultats des examens toxicologiques des prélèvements sur les fiancés malheureux, Jean-François et Emmy, morts dans l?effondrement de l?immeuble.

D?ici quelques jours, avec l?aide des agents du FBI qui ont fait un premier constat hier, la police pourrait mettre la main sur des indices encore cachés sous les décombres?

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