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Le Mouvement Premier Mai réclame deux compensations
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Le Mouvement Premier Mai réclame deux compensations
?Paradoxe : après l?Abolition de l?esclavage, ce sont les maîtres qui ont reçu une forte somme d?argent en guise de dédommagement.? Voilà, pour Jack Bizlall, le président du Mouvement Premier Mai, de quoi appuyer une demande des descendants d?esclaves pour une double compensation.
Lors d?un débat tenu hier au siège du syndicat, il explique que l?oligarchie sucrière, issue des ?grandes familles françaises? enrichies par la traite des esclaves et des produits exportés, doit rembourser les descendants d?esclaves sous forme de terres et d?argent.
Jack Bizlall explique que l?oligarchie sucrière ne peut prétendre être un repère du développement du capitalisme à Maurice au détriment des esclaves. Puis, dit-il, une deuxième réclamation doit être soumise à l?Etat français pour la somme perçue par cet Etat de la traite de plus de 1,5 million d?esclaves.
A ces réclamations, Jocelyn Chan Low, historien et chargé de cours à l?université de Maurice, vient mettre un bémol. Il explique que même si l?esclavage a été décrété crime contre l?humanité, on ne peut demander à un descendant de colon de compenser un descendant d?esclave. Car il ne peut être redevable pour des erreurs de son ancêtre. Il ajoute que le pardon est également une forme de réparation.
L?historien s?interroge sur la responsabilités des entreprises. Il avance que l?histoire a servi trop souvent à des fins politiques. L?historien professionnel, dit-il, ne doit pas faire partie de cette stratégie politicienne. Commentant la polémique autour de la présence de la statue d?Adrien d?Epinay, il précise que l?histoire de Maurice doit être assumée dans sa totalité. ?On ne peut pas défaire l?histoire ni porter aujourd?hui un jugement sur un fait passé. Il faut penser également aux possibilités de dérapages.?
Le débat sur l?esclavage a aussi été l?occasion de comparer l?avancée des recherches historiques mauriciennes à celles des pays des Caraïbes. Les Mauriciens, dit Jack Bizlall, ne peuvent toujours pas prétendre être une nation.
Notre pays, dit-il, devrait venir de l?avant avec une autre Constitution que celle ?imposée ? en 1968, qui est un modèle calqué sur le système britannique. Pour lui, plusieurs aspects de nos lois ont été puisés du Code Noir, document qui ,dit-il, a justifié juridiquement l?esclavage.
Jack Bizlall s?est également prononcé en faveur d?un droit de retour des descendants d?esclaves en Afrique et à Madagascar. Abordant le phénomène ?malaises créoles?, Bizlall soutient que les descendants d?esclaves ont été expropriés de leurs terres avant d?être abandonnés à leur sort après 1839. Les descendants d?esclaves, dit-il, aspirent aujourd?hui à d?autres travaux que ceux d?éleveurs de porcs et de dockers.
Le Mouvement a annoncé la publication de deux textes pour le 1er Février 2007 : Malaises créoles : crise identitaire ou quête existentielle ? et Il n?existe qu?une seule race : la race humaine.
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