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Le Morne : le compte à rebours a commencé
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Le Morne : le compte à rebours a commencé
L?inscription de la montagne du Morne au patrimoine mondial devrait prendre un nouvel élan, cette semaine. François Odendaal, expert sud-africain, est à Maurice. Norbert Benoît, historien mauricien, est nommé au Morne Heritage Trust Fund. Tous les ingrédients sont réunis pour que le dossier soit en béton?
Le compte à rebours a donc commencé. L?expert sud-africain et son confrère mauricien auront quarante jours pour compléter le dossier du Morne et le soumettre à l?Unesco. Un dossier qui était en souffrance.
En effet, c?est en janvier de cette année que la demande d?inscription a été envoyée au World Heritage Centre, à Paris, organisme, qui au sein de l?Unesco, gère le patrimoine mondial. Un envoi quelques jours seulement avant la date butoir du 1er février 2006. Mais qui ne contenait pas le ?management plan?. Tous les autres éléments concernant la partie historique et sociologique du site étaient déjà prêts depuis 2004.
C?est en janvier de cette année que la demande d?inscription a été envoyée au World Heritage Centre, à Paris, organisme, qui au sein de l?Unesco, gère le patrimoine mondial.
En 2004, le Morne fait l?objet de la convoitise des promoteurs hôteliers de la Société du Morne Brabant et de Rogers, chacun avec un projet d?hôtels, de golf, de villas, etc. Les experts contestent ces projets qui sont renvoyés à la case départ?
Mais l?un d?eux, celui de la Société du Morne Brabant, refait finalement surface. Pièce maîtresse du dossier de demande d?application, le plan de gestion montre comment les autorités responsables du site comptent le préserver tout en respectant les critères de l?Unesco. C?est ce document qui doit être soumis d?ici à fin septembre?
Concilier développement et préservation
En janvier déjà, le Conseil des ministres avait décrété la montagne du Morne patrimoine national - étape incontournable pour espérer figurer sur la liste de l?héritage de l?humanité.
Dans les coulisses, les promoteurs de projets de développement sont eux aussi dans les starting-blocks. Plus particulièrement la Société du Morne Brabant. Son projet sera réalisé sur des terres privées, à l?opposé des sites qui ont été identifiées comme étant sensibles. Certains de ces sites, notamment des grottes contenant des restes pouvait prouver la présence d?êtres humains, ont une importance archéologique indéniable.
Le promoteur s?est engagé à réhabiliter la forêt. Il a également révisé ses ambitions à la baisse. Le nombre de villas devrait être de 65 au lieu des 110 prévues au départ et le nombre de chambres d?hôtel passe de 100 à 35. Selon Bertrand Giraud, le promoteur, l?Unesco approuve le projet dans sa forme modifiée.
Il incombera ainsi à François Odendaal, Norbert Benoît et à leur équipe de bétonner le plan de gestion. Le dossier qui est sous la responsabilité du Morne Heritage Trust Fund.
La présidente du board, Stéphanie Anquetil se veut rassurante. ?Tout sera fait pour boucler le dossier.?
Mais déjà les premières critiques se font entendre, dans les coulisses. La venue de Norbert Benoît, d?abord est diversement accueillie. ?Il est officer in charge, il sait ce qu?il a à faire?, insiste Stéphanie Anquetil. Mais l?historien s?était longtemps fait l?avocat d?un important projet de développement sur la montagne, avec téléphérique et chalets de luxe. Un projet qui fut ardemment combattu, à l?époque, par les défenseurs du patrimoine.
?Le téléphérique n?est plus d?actualité?, assure Stéphanie Anquetil. Norbert Benoît, lui, préfère ne pas se prononcer. Il ne commente même pas sa nomination au Trust Fund.
En attendant, la priorité du moment semble être le bouclage du dossier. La première réunion a lieu aujourd?hui. Le Morne prend donc un nouveau départ. Les experts arriveront-ils à concilier développement et préservation ?
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