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Le Mondial, un ?trésor de guerre? pour le rugby à XV australien
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Le Mondial, un ?trésor de guerre? pour le rugby à XV australien
Peu importe que les Wallabies conservent ou non leur titre. La Coupe du monde de rugby est, pour la Fédération australienne, une manne inespérée, un ?trésor de guerre? dans sa bataille pour devenir le premier sport de ballon ovale du pays.
Cette cinquième Coupe du monde s?annonce en effet, et de loin, comme la plus lucrative. L?International Rugby Board (IRB) prévoit un excédent de plus de 50 millions de livres (83 millions de dollars) au terme des 48 matches du tournoi qui s?achève le 22 novembre. Lors du premier Mondial de 1987, un million de livres à peine avait été dégagé.
Le président de l?IRB, Syd Miller, souligne que ce Mondial a trois objectifs : fournir aux amateurs un spectacle palpitant, permettre aux nations du rugby de faire valoir leurs talents, et surtout, produire de l?argent qui servira à financer le développement du rugby à travers le monde.
?C?est la seule vache à lait que nous ayons, le seul moyen de produire l?argent nécessaire pour financer le jeu à travers le monde?, explique-t-il.
En tant que pays hôte, la Fédération australienne de rugby à XV, l?Australia Rugby Union (ARU), table sur une rentrée d?argent de 31 millions de dollars.
?Cela va nous offrir un tremplin financier et une stabilité dont nous avions à peine rêvé?, déclare le directeur général de l?ARU John O?Neill, qui précise que les réserves actuelles de l?ARU ne sont que de 2,5 millions de dollars australiens, soit moins d?un million de dollars US.Le rugby à XV en Australie se languit depuis des lustres de n?être que le troisième sport de ballon du pays.
Seul le cricket peut se prévaloir d?être un sport national. En ce qui concerne le ballon ovale, tout est extrêmement compartimenté.
À Sydney, la plus grande ville australienne, le jeu à XIII est roi. Malgré une désaffection du public ces dernières années, ce sport reste très largement couvert à la télévision et dans la presse. C?est, selon ses défenseurs, le sport des vrais Australiens, celui des classes populaires, alors que le rugby à XV est toujours considéré comme le sport de l?élite.
À Melbourne, deuxième ville du pays, l?Australian Rules, ou football australien, domine. Il est aussi très prisé dans de capitales d?Etat plus petites comme Adelaïde ou Perth et il marche sur les plates-bandes du rugby en Nouvelle-Galles du Sud et dans le Queensland.
Ces dernières saisons pourtant, le rugby à XV a marqué des points. Les matches du Super 12 attirent des foules de plus de 40 000 spectateurs, des chiffres auxquels le jeu à XIII ne peut que rêver. Le nombre de licenciés a plus que doublé ces huit dernières années et l?audience télévisée progresse.
L?ARU a initié des versions ?soft? du sport, sans contact, afin d?attirer les juniors et lancé des programmes pédagogiques.
Elle espère que la répartition des matches du Mondial sur tout le territoire, avec l?un des plus gros matches, Angleterre contre Afrique du Sud, programmé à Perth, dans le bastion du football australien, permettra d?augmenter encore l?intérêt pour son sport.
John O?Neill est notamment fier de souligner que sur les quelque 1,9 million de billets vendus, les places dans des villes qui ne sont pas des villes de jeu à XV, comme Perth, Adélaïde ou même Melbourne, se sont bien écoulées.
?L?intérêt pour le rugby dans ces Etats est prometteur. Cela, couplé avec notre stratégie de développement, nous maintiendra définitivement dans la course (contre les deux autres sports)?, assure-t-il.
?Il nous faut promouvoir le sport à travers toute l?Australie, tout en maintenant notre bastion de Nouvelle-Galles du Sud et du Queensland, pour obtenir que ce sport obtienne une position avantageuse au plan national.??La Coupe du monde n?est pas une fin, mais un commencement.?
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