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LE MONDE EN BREF
<B>Israël s?isole</B>
Le gouvernement d?Ariel Sharon a enregistré deux échecs juridiques majeurs. Le 30 juin, la Cour suprême israélienne, sans contester la légitimité du « mur de séparation » construit en Cisjordanie, ordonnait d?en modifier le tracé. En « séparant les habitants palestiniens de leurs terres », écrivait-elle, l?armée « viole leurs droits selon la loi humanitaire internationale ». Cette référence au droit humanitaire international constituait, de sa part, une première. La Cour internationale de justice (CIJ) a recommandé de « mettre fin à la situation illégale résultant de la construction du mur ». Elle demande
à Israël ? qui fait valoir que depuis la construction du « mur », sa sécurité s?est accrue ? de « démanteler » les 200 km existants qui enclavent des centaines de milliers de Palestiniens. Elle exige qu?Israël indemnise ceux dont des biens ont été « détruits » afin d?ériger ce mur. La CIJ n?a pas statué sur la légitimité de la construction d?un mur utilisé pour se protéger du terrorisme. Son avis se fonde sur les conséquences de son tracé, énumérant les « entraves à la liberté de mouvement », au « droit au travail, à la santé, à l?éducation et à un niveau de vie adéquat » des populations palestiniennes. En précisant que ce mur est « non conforme à plusieurs obligations légales internationales », la CIJ rappelle à Jérusalem les obligations incombant à une puissance occupante. Ceux qui contestent l?idée même d?« occupation » verront dans cet avis un acte politique.
La CIJ n?écrit-elle pas que le mur « empiète sur l?exercice par le peuple palestinien de son droit à l?autodétermination » ? Reste qu?Israël se retrouve ? précisément sur le terrain politique ? de plus en plus isolé : son gouvernement refusait de rencontrer le quartet (États-Unis, UE, Russie, ONU), auteur d?une « feuille de route » censée mener à un État palestinien. En visantà imposer par la force aux Palestiniens ses solutions unilatérales, tout en contrevenant au droit humanitaire international, Israël s?enferme dans un isolement politique qui ne peut que croître.
<B>V?ux d?apostasie</B>
Lassée, voire exaspérée, des « positions homophobes de l?Église catholique dans ses textes, sa doctrine, sa pratique et ses déclarations », la commission des droits de l?homme du Collectif de lesbiennes, gays, transsexuels et bisexuels de Madrid (COGAM) a lancé, il y a trois mois, une « campagne d?apostasie », pour demander à ceux et à celles qui ont été baptisés mais ne se considèrent pas catholiques et n?ont pas envie de figurer sur les registres de l?Église de se déclarer apostats. Le coordonnateur de la commission, Fernando Garcia Pallas, explique que l?Église catholique fait preuve « de machisme et d?un classicisme » outrancier, en particulier « en interdisant l?usage du préservatif alors que des dizaines de millions de personnes sont infectées par le sida ». Les représentants du COGAM ont déposé à l?archevêché de Madrid 1 500 « apostasies », qui « exigent l?annulation immédiate » de toutes leurs données personnelles figurant auprès « d?organismes ou de personnes juridiques de l?Église » et qui déclarent renoncer à la foi catholique. Selon la loi sur la protection des données privées de 1999, l?archevêché dispose de dix jours pour répondre et « rayer » tous les signataires des apostasies. « Si nous n?avons pas de réponse le onzième jour, nous prendrons d?autres mesures », comme dénoncer le fait que l?Église ne respecte pas la loi. Garcia Pallas explique qu?une cinquantaine de personnes à Valence ont fait la même démarche, en 2003, et ont reçu comme réponse que « le baptême est un sacrement pour toute la vie et ne peut être gommé ».
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