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Le MMM étudie les Assemblées de Dieu
On le sait friand des assemblées de délégués, pas toujours assez dociles à son gré. On le découvre à l?étude des Assemblées de Dieu, dont l?impact auprès des masses ne saurait le laisser indifférent. Le MMM, ou plus exactement son organe de presse, se penche, à la mi-avril 1981, sur un phénomène, connu sous plusieurs appellations : Assemblée de Dieu, Pentecôtistes, Salut et Guérison ou encore l?Eglise Ciseron du nom du fondateur du mouvement qui l?introduit à Maurice, en 1967, à l?époque de Ramgoolam, père. Le président du comité des pasteurs est, en 1981, M. C. Blackburn. Le MMM dénombre 36 églises pentecôtistes à Maurice. Il signale l?exemple de la quête dans une des chapelles, rapportant jusqu?à Rs 6 000 de l?époque, chaque dimanche.
Le dossier mauve raconte les débuts du mouvement et comment, le 31 décembre 1909, un prédicateur d?une ville du Kansas, Etats-Unis, étend les mains sur la tête d?une jeune fille qui se met soudain à parler une langue inconnue. La nouvelle se répand aussitôt. La presse états-unienne s?en fait l?écho et le mouvement voit le jour. Bientôt la France, l?Angleterre, les pays scandinaves commencent à compter leurs adeptes du pentecôtisme. On se met aussi à parler de guérisons soudaines et miraculeuses.
La parole est donnée à un converti du pentecôtisme en la personne de M. France Soopramanien, président de la General Workers? Federation (GWF) et militant de base depuis 1974. En octobre 1974, la curiosité l?incite à assister à une réunion de pentecôtistes. La prédication l?impressionne au plus haut point. Sa conversion se situe dans le sillage de son engagement militantiste pour changer la société et corriger ses inégalités. La liberté individuelle, prônée par le pentecôtisme, est, à ses yeux, en parfaite harmonie avec ses engagements syndico-politiques.
L?organe de presse du MMM situe l?introduction du Renouveau Charismatique comme une réaction de l?Eglise Catholique de Maurice au Pentecôtisme. Il interroge l?abbé Henri Souchon à ce sujet. Celui-ci situe le retour des masses aux religions, dans le sillage des échecs du capitalisme aux Etats-Unis et du communisme en Union soviétique et dans ses colonies d?Europe et d?Asie. Il cite comme exemple l?engouement iranien pour l?Ayatollah Khomeiny. Ces masses sont à la recherche d?une religion panadol. Elles cherchent un calmant religieux pour apaiser leurs angoisses existentielles. Il qualifie de ?criminels? les propagateurs des religions-valium, comme le sont les médecins prétendant soigner des maladies graves avec de simples calmants. La foi, l?authentique religion, doit au contraire susciter un engagement des fidèles à l?amélioration du monde dans lequel ils vivent. Les religions-lubrium endorment au contraire leurs adeptes.
La Bible devient un livre de recettes médicales et la prière une distribution de prétendues recettes miracles. Il met en relief le facteur psychologique car bon nombre de malades ont des problèmes psychosomatiques. L?envie intense d?une guérison peut hâter l?avènement de celle-ci mais aussi créer de toute pièce le sentiment d?une fallacieuse guérison. Il met en garde contre les prédicateurs et les politiciens qui vendent des rêves et des promesses de fausses améliorations.
Le MMM semble être du même avis car il conclut que la religion peut devenir l?opium du peuple quand elle l?endort, favorise son désengagement et son acceptation passive de l?oppression sous toutes ses formes. La religion doit être libération par l?engagement concret et quotidien des fidèles dans l?amélioration du monde dans lequel nous vivons. La religion est combat et lutte et non le refuge dans des rêves et des promesses mensongères.
Restons dans le domaine du mirage pour rappeler la veine incroyable du typographe de la ?Standard Printing?, Saïd Jehangeer. Un télex des Pools Vernons lui apprend qu?une de ses mises lui permet de décrocher une timbale de Rs 5.7 millions de 1981, certes dévaluées mais non dépréciées. Il suffit de savoir que le dollar américain vaut à l?époque Rs 8.27 et la livre sterling Rs 18.17. Nous ne sommes donc pas loin d?une vingtaine de millions de roupies rapiécées de 2006.
Faut dire que Jehangeer est le seul client de Vernons à avoir obtenu le maximum de 24 points, pour les 9 matches nuls avec buts du 4 avril 1981. Il a misé en tout et pour tout Rs 5.75. Chaque roupie jouée lui rapporte donc un million. Sa joie, d?avoir été favorisé par Dame Fortune, est d?abord mitigée par le fait que le journal, qu?il consulte, se trompe en indiquant 0-2 pour le match Bury V. Tranmere alors qu?il prend fin sur un score de parité de 2 buts à 2. Les ?zougadères? vous diront que cela fait une sacrée différence.
Le 4 octobre 1980, M. Issabally Ramatoololl obtient la somme de Rs 2.5 m. avec une mise de Rs 35. En revanche, un autre joueur joue de malchance. Il espérait un bon magot. Les vérifications d?usage établissent qu?il a commis une erreur en recopiant son coupon.
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