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?Le ministère a forcé Desbro à fermer?

11 avril 2007, 00:00

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● Quelle est votre réaction à la décision du ministère du Commerce et de l?Industrie de libéraliser les prix des barres de fer et de baisser les tarifs douaniers ?

Cette décision aurait dû intervenir lors de la demande faite par Desbro le 30 août 2006, pour une mise en application en octobre 2006. Cette libéralisation des prix du fer est une façon déguisée d?accorder une augmentation de prix nécessaire afin d?éviter une rupture de l?approvisionnement. Notre demande était basée sur des faits irréfutables et la flambée mondiale des prix dans l?industrie de l?acier. Le ministère avait maintenu qu?il avait des cotations à meilleur marché que nous. Nous avons démontré que ce n?était pas le cas, en nous servant des mêmes fournisseurs dont il parlait. Notre demande d?augmentation était parfaitement légitime. L?augmentation du prix des barres de fer que nous constaterons tous au cours des prochaines semaines donnera raison à Desbro.

?L?augmentation du prix des barres de fer que nous constaterons tous au cours des prochaines semaines donnera raison à Desbro.?

● Mais il y a eu des négociations entre Desbro et le groupe sud-africain Murray & Roberts depuis 2004 et il y a même des accords qui étaient sur le point d?être signés ?

Le ministre Rajesh Jeetah fait un amalgame inexplicable. En 2004, nous étions à la recherche d?un partenaire stratégique dans le cadre du développement de Desbro et de la continuation des activités du fer dans le groupe Cerena. Cette recherche s?est portée sur Murray & Roberts, à cette époque, et nous avons commencé des négociations. Nous avons discuté d?une possible collaboration au niveau de l?actionnariat mais l?accord ne s?est pas concrétisé. Nous n?avions plus de relations d?affaires avec Murray & Roberts depuis mars 2006.

● Mais vous avez été contactés par Murray & Roberts au cours du mois de mars 2007 ?

Nous avons commencé de nouvelles discussions avec Murray & Roberts pour deux raisons. D?une part, une mise en receivership de Desbro n?aurait pas servi les intérêts des actionnaires de Desbro. D?autre part, une telle démarche aurait été très pénalisante pour les employés de Desbro car ils n?auraient reçu qu?une compensation dérisoire du receiver/ manager. Avec la vente à Murray & Roberts, nous nous sommes engagés à convaincre l?acheteur d?offrir de l?emploi à un maximum de licenciés.

● Donc, ce n?est pas un ?business agreement? entre Desbro et Murray & Roberts qui est responsable de la fermeture de Desbro ?

Il n?était nullement dans l?intention du groupe de se retirer de l?industrie du fer. Et nos plans stratégiques le prouvent sans aucune ambiguïté car nous étions dans une phase d?investissement.

● Desbro voulait en quelque sorte cesser ses opérations?

Non, pas du tout. Nous maintenons que l?administration de ce dossier par le ministère nous a amenés dans cette situation actuelle. Nous voulons absolument souligner que nous n?avons pas fait cette vente par opportunité d?affaires, mais par responsabilité envers nos actionnaires et nos employés.

● Vous aviez demandé 37 % d?augmentation de prix et Murray & Roberts 17 %. Si cette augmentation de 37 % avait été accordée, est-ce que vous auriez été en mesure de concurrencer Murray & Roberts ?

Le contrôle des prix doit se faire suivant la government notice 217 de 1983, soit en fonction de la production locale. Sur cette base, et sur les éléments qui ont été soumis au ministère, l?augmentation de 37 % était totalement justifiée. Si Desbro augmentait ses prix par 37 %, et que la concurrence pouvait opérer à un prix inférieur, Desbro aurait peut-être perdu une part de marché. Par contre, nous étions confiants que l?élément de prix n?est pas le seul critère de décision d?achat. Si Desbro avait eu les 37 % d?augmentation de prix demandée, elle n?aurait pas eu aujourd?hui à fermer ses portes. Quelle condition a subitement changé qui justifie une libéralisation des prix ? Pourquoi le gouvernement n?a-t-il pas augmenté le prix tout simplement? Il est évident que cette libéralisation est une façon déguisée d?augmenter le prix sans donner raison directement à Desbro.

● Avec l?augmentation de prix de 37 %, la libéralisation des prix au niveau mondial et la réduction des tarifs douaniers au sein de la Southern Africa Development Community et le Common Market for Eastern and Southern Africa, est-ce que vous auriez quand même pu continuer vos opérations de façon viable ?

Oui. Au cours de l?année 2006, Desbro a fait des investissements de plus de Rs 30 millions dans de nouveaux équipements dans le cadre d?un plan ambitieux de modernisation et d?automatisation pour faire face à la libéralisation graduelle de l?importation des pays africains.

● Murray & Roberts sont-ils actionnaires d?une compagnie de Rogers ?

Non, jamais. Mais il y avait des discussions qui étaient très avancées sur une participation de Murray & Roberts en tant que partenaire stratégique de Desbro. Ce deal ne s?est pas concrétisé. L?épisode de partenariat avec Murray & Roberts n?a absolument rien à faire avec la vente que nous avons faite. Les deux événements sont découplés et n?ont aucune relation.

● Est-ce que Desbro maintient une partie d?activités après la vente des équipements à Murray & Roberts ?

Non, rien. Nous avons cessé toutes nos opérations dans l?industrie du fer.

Propos recueillis par Alain BARBÉ

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