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Le ministère devrait-il s?ingérer dans les tarifs des cliniques ?

20 mars 2005, 00:00

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Oui Dr P. Chui Wan Cheong président de la Private Clinics Association

Un droit de regard sur les tarifs pratiqués dans le privé est-il justifié ?

Ce droit de regard est justifié aux termes du Private Health Institutions Act, le cadre légal qui réglemente le fonctionnement des institutions de santé privées.

N?y a-t-il pas un risque d?ingérence ?

C?est une forte possibilité. Une clinique est une entreprise privée. Elle a des frais en raison des services qu?elle offre. Pour sa survie, elle doit maintenir un équilibre entre sa profitabilité, ses coûts d?opération et les tarifs qu?elle réclame. Une ingérence risque d?entraîner des complications qui peuvent augmenter les coûts, et le patient en fera les frais. Il faudrait trouver une formule qui permette aux cliniques de s?autoréguler pour ce qui est de l?établissement des tarifs. Nous sommes condamnés à donner les meilleurs soins possibles.

En quoi consiste la grille proposée par le ministère ?

Elle a été proposée après un examen des tarifs pratiqués par les cliniques, et ceux auxquels une compagnie d?assurance a recours pour le remboursement des frais de clinique de ses clients. C?est un barème qui, à titre indicatif, propose un tarif minimum et un tarif maximum. Les cliniques y sont favorables.

Des cliniques sont souvent accusées de pratiquer des tarifs excessifs. Comment éviter cela ?

Il faut communiquer au patient le montant des soins au fur et à mesure qu?ils progressent afind d?éviter des malentendus. Il n?aura pas de surprise lorsqu?on lui présentera la facture. Et en même temps, les cliniques ne seront pas accusées de pratiquer des prix exorbitants. Bien souvent, les patients font un budget non pas sur la base des chiffres réels mais sur ceux indiqués par leur médecin traitant avant leur admission en clinique. Ce n?est qu?à la réception de la facture qu?il y a surprise.

Le contrôle du ministère ne devrait-il pas se limiter qu?au domaine de la santé ?

Ce serait l?idéal. Ce contrôle qui a toujours existé ne pose aucun problème au niveau de la gestion des cliniques. Il doit être souple et non pas rigide parce que la pratique de la médecine est compliquée. On n?est jamais sûr à 100 %.

NON Dr R. Bheenick président de la Private Medical Practionners? Association

Pourquoi l?intervention du ministère gêne-t-elle ?

La loi ne l?y autorise pas. C?est de son propre gré qu?un patient préfère un médecin privé à un médecin du secteur public. Il y a comme un contrat entre un médecin et son patient.

Un médecin investi beaucoup, tant en formation formelle que continue. Il lui faut renouveler ses équipements tous les trois ans. Il a des frais d?opération : prêts qu?il faut rembourser, salaires des employés, et pensions. Il fixe un tarif qui comprend ces coûts. Ce n?est pas au ministère de lui donner des directives sur ce plan.

Ce droit de regard n?est-il pas essentiel pour prévenir les risques d?abus ?

Pas du tout. Le patient dispose déjà de moyens pour protéger ses intérêts. Ce sont l?Ordre des Médecins qui peut enquêter sur les allégations d?abus et prendre des sanctions disciplinaires, les instances légales, l?association des médecins privés, les associations de consommateurs et le médecin traitant qui a des responsabilités civiles, professionnelles et légales à l?égard du patient.

Celui-ci peut demander l?arrêt de son traitement. S?il veut se faire soigner dans un hôpital public, son médecin doit l?aider dans ses démarches. C?est une situation unique à Maurice.

Existe-t-il un autre moyen que l?augmentation des tarifs pour amortir les coûts d?opération des médecins ?

Il aurait suffit que le ministère étende aux médecins privés, ne serait-ce qu?une partie des facilités qu?il accorde déjà aux médecins du secteur public, pour qu?il y ait une réduction de nos coûts.

Cela comprend des exemptions douanières pour l?achat de voitures, du matériel et des équipements à usage médical, un contrôle rigoureux et permanent sur les ventes de médicaments et services pour empêcher les abus par des non-professionnels, la déduction de la taxe des frais encourus pour suivre des cours de formation continue, une révision à la baisse des intérêts sur les emprunts.

Nous avons fait des propositions au ministère des Finances. Nous sommes déjà disposés à aider le secteur public dans le sens d?une collaboration secteur public-privé. Jusqu?ici il n?y a pas eu de suites.

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